#livre #05 | Livre d’hôtel

Mieux que boîte à livre, celui laissé dans une chambre d’hôtel où tu ne passes qu’une nuit. Le livre est posé sur la table de chevet. Il est là, se signale par sa couverture et la souplesse, pages non cornées mais un entrebâillement, une invitation à lire. Tu ne sais pas s’Il a été laissé là exprès, pour le prochain dormeur qui serait aussi le prochain lecteur, ou s’il a juste été abandonné, rejeté, ou juste oublié. L’intention manque mais le livre est là comme une offrande. Un livre que tu n’aurais pas choisi mais dont tu te surprends à lire la quatrième de couverture puis les premières pages. Pourquoi ne le lirais-tu pas ? Qu’est-ce qui t’en empêchera ? Tu t’allonges tout habillée, sur le lit non défait. C’est l’après-midi. Un soleil de plomb pénètre à l’intérieur, fait une flaque sur le drap, la couverture du livre noyée. Tu liras plus tard, il fait trop chaud et de toute façon, tu n’as pas le temps, tu es attendu. Tu te lèves, laisse le livre au milieu du lit, en pleine lumière et tu sors.

A propos de Perle Vallens

Au cœur d’une Provence d’adoption, Perle Vallens écrit et photographie. Ecrire c’est explorer l’intime et le monde, porter sa voix pour toucher. Publie récits, nouvelles et poésie en revues littéraires, ouvrages collectifs et personnels (lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021, toucher à la hache au au diable vauvert). Derniers livres : peggy m. aux éditions la place et Solo aux éditions Tarmac. Touche à tout, pratique encore le caviardage, le cut up (image et/ou son), met en voix (sur soundcloud Perle Vallens ou podcasts poétiques), crée des vidéo-poèmes et montages photo-vidéo (chaîne youtube Perle Vallens). Master de création littéraire écopoétique en 2026 avec le texte de création Les Insignifiantes, également le nom d'une exposition plastique et photographique qui circule depuis fin 2024.