- Peu de gens savent que l’île est plus grande que la ville en face, que son territoire est immense. Je peux en faire le tour à vélo, je n’en vois jamais la même chose. Ça me prend une bonne partie de l’après midi. Une fois, je suis reparti de l’île à la nuit tombée. Elle m’a eu l’air encore plus grande, dévorée par l’obscur. Fantomatique.
- Ici pour la chasse, les buissons regorgent encore de bestiaux, de lapins, de lièvres. On avance le nez par terre pour identifier les empreintes dans ta glaise molle. L’île c’est ça, à ras du sol ou à hauteur de petit mammifère. Parfois le regard se lève vers les arbres pour identifier un rapace, autre chasseur, concurrent potentiel ou rabatteur. Les sangliers, on les a pistés depuis l’autre bout de l’île. Après c’est le chien qui les a reniflés.
- L’île, ce sillon quotidien que je trace, qui me tisse depuis presque six ans, qui me constitue. À perte de vue, la végétation, les cultures, loin de mes racines paysannes charentaises mais ce paysage fluvial, ces plantes d’eau, ces espaces humides, sont évocations vertes d’enfance joyeuses à patauger dans les marécages.
- A petite foulée, l’île. Je la parcours comme terrain d’entraînement. Je ne sais pas grand chose de sa faune et de sa flore mais parlez-moi du sol. Une terre souple qui amortit parfaitement la course. Une terre douce sous les pieds et le vent qui accélère ma course.
#livre #01 | Voir double
Je les ai trouvés très facilement, bien identifiés à la tranche et d’abord par la couleur, un vermillon un peu passé pour l’un, plus pâle encore pour l’autre. Le titre, l’auteur et trois lettrines entrelacées LTR pour l’éditeur que je n’identifie que sur la couverture : La Table Ronde et ne pas me souvenir m’être sentie chevalier. Ils étaient espacés l’un Continuer la lecture#livre #01 | Voir double