A propos de Perle Vallens

Au cœur d’une Provence d’adoption, Perle Vallens écrit et photographie. Ecrire c’est explorer l’intime et le monde, porter sa voix pour toucher. Publie récits, nouvelles et poésie en revues littéraires et ouvrages collectifs. Lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (au diable vauvert) et autrice d'un livre de photographie sur l'enfance, Que jeunesse se passe (éd J.Flament), d'un recueil de prose poétique, ceux qui m'aiment (Tarmac), d'un recueil de nouvelles, Faims (Christophe Chomant) et d'un récit poétique et choral, peggy m. aux éditions la place. Touche à tout, pratique encore le caviardage, le cut up (image et/ou son), met en voix (sur soundcloud Perle Vallens ou podcasts poétiques), crée des vidéo-poèmes et montages photo-vidéo (chaîne youtube Perle Vallens)...

#chroniques #04 | Pas question

1 | Pas question de nous faire tairePas question de nous laisser fairePas question de rester sans broncher, de rester bras croisés, de rester sans bouger, sans lever le petit doigtPas question d’attendre que ça nous tombe tout cuit dans le bec Exigez le mieux plutôt que l’à-peu-près ; le vrai plutôt que le dubitatif ; le frais plutôt que le frelatéAllez, Continuer la lecture#chroniques #04 | Pas question

#chroniques #03 | samedimanche

1 | Écoute le monde qui palpite depuis toi jusqu’à moi 2 | J’y croyais pourtant. C’est une question de réglementation. Un terrain de 195 hectares, l’équivalent de trois terrains de foot. C’est un format standard. Il y a de la place, c’est bien aménagé. Il y a un rapace qui vole au-dessus. C’est théâtralisé. L’incendie a repris. Il faut Continuer la lecture#chroniques #03 | samedimanche

#chroniques #02 | si seulement

1 | Comment courir sans perdre pied 2 | Si elle était là, elle serait assise par terre, sur la moquette, face au lit. C’est là précisément qu’elle aimait s’installer, adossée au mur, bien calée, bouquin en main, révision silencieuse ou lecture à voix haute, la fronce du nez sous la frange raide, la paupière lisse, baissée. En contre-plongée, juchée Continuer la lecture#chroniques #02 | si seulement

#chroniques #01 | Comment ne pas

1 Un monde qui tombe de haut se défait de sa peau ancienne comme montagne affaissée 2 Je pourrais ne pas. Je pourrais rester là dans mon lit à attendre le retour du sommeil ou que quelque chose se passe. Je pourrais rester immobile et dompter ce qui caracole. Je pourrais faire semblant de rêver. Je pourrais imaginer le sentier, Continuer la lecture#chroniques #01 | Comment ne pas

#été 2026 #00 | Prologue

1Le monde tel qu’il va, où il va, comment il va : un monde à soutenir et qui nous soutienne. Peut-être s’efforcer de l’imaginer. Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier. Marcel Proust 2Peau froissée, plissée où se dessine le drap et les ombres de la nuit. Pour un peu, le Continuer la lecture#été 2026 #00 | Prologue

#livre #08 | Rembobinage

Le livre, inlassablement : revenu au début. Au début de l’histoire, au début du livre. Se rembobine comme une pellicule. S’il parlait, le livre, on entendrait une voix dire les mots à l’envers, l’impression d’une voix, d’une langue étrangère, de mots avalés, comme de travers, qu’on pourrait s’étrangler avec, mais mots non bus, entrés-ressortis par l’oreille, incompris. Le livre en surimpression Continuer la lecture#livre #08 | Rembobinage

#livre #07 | Perdu-rêvé

J’ai perdu une langue en perdant le livre.  Il était là et l’instant d’après, plus, à tel point que je doute qu’il ait existé. Pourtant je me rappelle l’avoir lu. Ou l’ai-je imaginé, l’ai-je rêvé ? Peut-on rêver d’un livre ou de mots, qu’on lirait dans un livre ? Je sais qu’on peut rêver de mots et de livres. Je le sais Continuer la lecture#livre #07 | Perdu-rêvé

#livre #06 | Club-sandwich

Le livre s’effeuille à force d’avoir été lu, il a perdu son dos, décoiffé, échevelé, froissé, abîmé, défraîchi. Espérant qu’il n’ait pas été vraiment maltraité mais comment savoir entre les mains coupables de quelle enfant moins soigneuse que les autres il est passé, qui l’a lu avec avidité une fois, deux fois, dix fois. Le pauvre livre englouti, digéré, son Continuer la lecture#livre #06 | Club-sandwich

#livre #05 | Livre d’hôtel

Mieux que boîte à livre, celui laissé dans une chambre d’hôtel où tu ne passes qu’une nuit. Le livre est posé sur la table de chevet. Il est là, se signale par sa couverture et la souplesse, pages non cornées mais un entrebâillement, une invitation à lire. Tu ne sais pas s’Il a été laissé là exprès, pour le prochain Continuer la lecture#livre #05 | Livre d’hôtel

#livre #04 | déclasser-reclasser

Etagères pleines et piles de livres un peu partout qui attendent de trouver une place. C’est un dilemme : faut-il se délester de certains, qu’on a moyennement aimés, faut-il enlever les revues qui sont tout en bas ou tout en haut, faut-il Il faudrait poser des rayonnages, vider une armoire de vêtement, voire abattre une cloison pour créer un espace digne Continuer la lecture#livre #04 | déclasser-reclasser