J1 jour 2 = x nuits
Entrer dans la nuit comme on entre dans un refuge, le pas prudent et attentif, aller au fond de la grotte, se laisser envelopper d’ombres, espérer l’accalmie, accepter de flotter au milieu de nulle part. Petite mort.
27.08 Marcher dans le verger, observer les fruits pendus sous la chaleur écrasante, regarder les pommes mûrir, pas un nuage, s’allonger sous le saule pleureur, écouter les branches dansantes qui font un bruit de mer. Mer d’huile. Plonger, lâcher prise, partir on ne sait où. Relâchement.
28.08 Attendre les étoiles sur la chaise longue du jardin, patienter, espérer l’obscurité, compter les satellites, chercher les étoiles filantes, frissonner sous la veste, le vent léger dans les branches, une bestiole fouille la terre de la haie, de la branche du pommier du voisin un fruit pourri se détache, se fraye un passage dans les lauriers-palme, s’écrase sur le sol. Bruits inquiétants qu’on ne voit pas.
29.08 Marcher dans le noir, la main sur l’angle du mur, aller jusqu’à la fenêtre ouverte, la main sur le garde-corps presque frais, écouter — une voiture passe, un chien aboie au loin, des paroles venues de loin — avoir le cœur serré, les souvenirs claquent, pensées hors de contrôle, fermer les yeux dans le noir, penser que le temps a passé, avoir le cœur toujours serré. Le monde dort.
(…)
XX.XX (Et plus tard) Entrer dans la nuit, le cœur gonflé d’espoir et contraint d’appréhension, et au matin être surpris d’encore se réveiller.