#rectoverso #01 | Il n’y a pas de ville

RECTO La côte est patiente, elle attend le piéton. La grille est ouverte, elle est chaude. La cour ressemble à un sous-sol à ciel ouvert. Une barrière achève l’escalier. Je suis tendu par un autre lieu qui y ressemble, mais apaisé par ce en quoi il diffère. Je suis anxieux, malgré tout, parce que la duplication n’est jamais interdite et Continuer la lecture#rectoverso #01 | Il n’y a pas de ville

#rectoverso #01 | Bord de mer

RECTO Un samedi soir d’été caniculaire. Une station balnéaire. Un ancien village de pêcheurs transformé en lieu de villégiature par les bourgeois (commerçants, propriétaires viticoles) de la sous-préfecture voisine, dans les années 20, avec apparition des premières villas de bord de mer (cossues, imposantes, avec leur nom en façade, mon bijou, villa Maurice, l’Horizon), puis d’immeubles, dans les années 70, Continuer la lecture#rectoverso #01 | Bord de mer

#rectoverso #01 | annie ernaux, dehors

RECTO À la sortie de l’impasse qui mène à la maison de mes parents se trouve une maison couleur crème à la baie vitrée donnant sur la rue. Construite sur une butte, la salle à manger est séparée de la rue par un jardin remontant du muret, servant de retenue de terre, jusqu’au patio. Au départ d’un jogging, je salue Continuer la lecture#rectoverso #01 | annie ernaux, dehors

#rectoverso #01 | Lieux et personnages.

RECTO Une jolie maison de briques rouges et un toit. En bas, deux baies lumineuses sur lesquelles sont inscrites en lettres La Musette – café – salle d’expo – magasin fermier – casse croûte, au centre, une porte de bois vitrée et les mots à la peinture blanche Horaires Mardi au dimanche 16h00 – 23h00 et un grand tableau noir Continuer la lecture#rectoverso #01 | Lieux et personnages.

#rectoverso #01 | Annie Ernaux

©KBS

RECTO Un homme âgé se déplace avec une canne dont le bout est enveloppé de sopalin pour éviter les dérapages intempestifs. La canne se pose un peu de biais alors que les pieds, ornés d’orteils en griffe, recroquevillés sur la claquette antidérapante, avancent d’un pas mesuré. L’homme est serein, il a quelque chose qui attire. Dès qu’il passe, les soignants Continuer la lecture#rectoverso #01 | Annie Ernaux

#rectoverso #01 | Dans la chaleur de l’été

RECTO Il fait chaud, tellement chaud déjà ! L’air est épais. Le bitume sue sous un ciel implacable. De chaque côté de la chaussée les maisons ont fermé leurs volets. Elles dorment dans une touffeur qui leur lacère le cœur. Personne ne se risque dehors. Pas même un chien, pas même un chat. On pourrait croire que nul ne vit Continuer la lecture#rectoverso #01 | Dans la chaleur de l’été

#rectoverso #01 | la ville de D.

Après une semaine d’enfermement à Paris, j’ai pris au débotté un billet de train pour le nord épargné par la canicule. Et me voilà à D, ville de la côte que je ne connais pas. Le dehors y reprend ses droits, même pour moi qui sort si peu. Au sortir de la gare, une dame m’indique mon chemin Tout droit Continuer la lecture#rectoverso #01 | la ville de D.

#rectoverso #01 | dedans / dehors : seuil, lignes et nasses

recto | Trois lieux 1 Le salon de coiffure à l’angle de la rue. Grands rectangles des portes-fenêtres aux volets roses ouverts sur l’une et l’autre rue, celle qui monte et celle qui longe le boulevard du front de mer, et sur le trottoir la rumeur des feuilletons de l’après-midi. Un lieu troué où le dedans invite le dehors et Continuer la lecture#rectoverso #01 | dedans / dehors : seuil, lignes et nasses

#rectoverso #01 | Tous les sons sont comme un appel*

RECTO 1.A peine passée la Porte d’Auteuil, le bus s’est mis à l’arrêt, moteur éteint. Les curieux scrutent une information qui viendrait de l’extérieur. Le chauffeur est calme, silencieux. Ceux qui sont au-devant du bus voient la scène, ne parlent pas. Plus personne ne dit mot à personne depuis que tout un chacun tient dans sa main le monde et Continuer la lecture#rectoverso #01 | Tous les sons sont comme un appel*

mobilité très douce

Droits comme des i traversent L’espace comme de nouveaux Chevaliers Le dos très droit le regard tendu vers quel Avenir ; Trop vite pour le dire Souvent vêtus de noir, souvent des Hommes, Toujours tête nue Ils filent à vive allure et ce Bruit tu le reconnais de loin Il fluette sur la chaussée, c’est la petite Roue qui tourne sur Continuer la lecturemobilité très douce