#anthologie #32 | La gare d’Algesiras

À Algesiras, tu n’iras pas en train, tu iras en voiture. Mais commencer un voyage c’est un peu solennel, c’est le début d’une histoire, toujours une grande première, un saut vers autre chose si pas vers l’inconnu. Ça ne peut pas commencer sur une aire d’autoroute, tout au moins dans ta tête, ça ne se fait pas comme ça. Sûrement Continuer la lecture#anthologie #32 | La gare d’Algesiras

#anthologie #31 | Cours préparatoire

C’est moi qui t’ai appris à lire. À lire et à écrire. Tu avais cinq ou six ans, comme tout le monde dans la classe, et moi soixante de plus. C’était ma dernière année à l’école, en juin pour moi, ce serait les très grandes vacances. Je n’en ai pas profité longtemps de mes très grandes vacances, mon cœur n’était Continuer la lecture#anthologie #31 | Cours préparatoire

#anthologie #36  | Epstein | portrait 

#21# Déjà tu savais qu’il fallait un temps de pose pour révéler à l’objectif une cohérence qui prendrait soin du détail, tu savais que l’objectif saisirait le tien, celui de la séduction juste dans ton regard, la douceur qui donne à l’autre cette importance et qui compte offrir à l’œil qui photographie le temps de l’imperceptible vibration, un temps qui Continuer la lecture#anthologie #36  | Epstein | portrait 

#enfances | Eaux

La source suinte de la prairie épaisse tel un gâteau qui s’effondrait au bord. Elle l’écoute couler son pipi sur les petits cailloux brillant au fond de la rigole creusée dans les mousses. Elle s’accroupit. L’écoulement est doux mais froid sur sa main. Elle remarque son genou écorché; de l’eau fraîche sur l’égratignure, ça pique aussi dans les narines, l’air Continuer la lecture#enfances | Eaux

#enfances | Infirmes

Dans la ville, on croise cet homme, un lépreux. Il marche en imperméable sombre d’où dépasse un visage dévoré, des mains sans doigt. Elle rentre du collège dans un bus bondé, débout, serrée contre des camarades chahutant. Le bus freine, les gens basculent, les collégiennes éclatent de rire. Hilare, elle se retourne vers le voyageur dont elle sent la présence Continuer la lecture#enfances | Infirmes

#anthologie #39 l Listes en chemin

Liste des dortoirs où j’ai dormi – il pourrait y avoir uneListe à part pour les dortoirs du chemin de Saint Jacques de Compostelle. Ce qui me mène à élargir la focale et me donne envie d’établir uneListe des hébergements sur le chemin de Saint Jacques – avec focale spéciale sur ce que l’on y mange et comment. Ce qui Continuer la lecture#anthologie #39 l Listes en chemin

#anthologie #13 #22 | La place Saint-Sulpice hier et aujourd’hui

#13 #22 | La place Saint-Sulpice hier et aujourd’hui En sortant de l’école des Beaux-Arts, le midi, j’allais régulièrement sur la place Saint-Sulpice, à deux rues, pour y chercher et peut-être trouver cet homme. Il a aujourd’hui disparu. Il avait, aux yeux de tous l’apparence d’un clochard, étant presque un motif dans le décor, ou encore un monument de Paris Continuer la lecture#anthologie #13 #22 | La place Saint-Sulpice hier et aujourd’hui

#anthologie #35  | Duras | chemin de croix

 #21# De la terrasse on les observe serrés les uns contre les autres une masse compacte rythmée unie par la marche. Ils avancent lentement  pliant sous le poids de la croix en bois, des gouttes de sueur perlent sur leur front glissent le long de leurs joues. Sur les pavés, les dalles la via Dolorosa ses murs de pierres couleur du Continuer la lecture#anthologie #35  | Duras | chemin de croix

#anthologie #21 | ajout de notes sur le texte #19 | tout sera oublié

#21 | ajout de notes sur le texte #19 | tout sera oublié toutes les images disparaitront (1) que reste-t-il de la mémoire…cette petite fille démembrant une poupée (2) comme on désosse un poulet (3), le visage en extase (4)cette jeune fille, une colombe sur la tête, l’air gauche et un sourire niais (5)les années 80 et l’arrivée du sida, Continuer la lecture#anthologie #21 | ajout de notes sur le texte #19 | tout sera oublié

#anthologie #34  | Robert Pinget | sans voix

#16# Une invitation un geste automatique est-ce moi qui le fais, pourquoi ce geste encore l’inconscient peut-être le mien sûrement ou bien non celui de l’autre, bavardage. Chut. Là en face toujours ce bureau toujours le glissement du corps dans le siège elle moi seuls ensemble dans le monde le mien le sien mes peurs les siennes faire un tri pas Continuer la lecture#anthologie #34  | Robert Pinget | sans voix