#anthologie #36 | le temps qu’un cheval batte la queue

« Le temps qu’un cheval batte la queue », disait le grand-père, quand les autres parlaient d’éclair.Assise sous le pommier, car debout je ne tiendrais pas le temps que les laquais harnachent le cheval pour la parade de Lugnasad. Les pendeloques sont d’or, la pierre de jade sur le front de l’animal est le signe ancestral du dieu, le bandeau que l’on Continuer la lecture#anthologie #36 | le temps qu’un cheval batte la queue

#anthologie #39 | Collection de politesses

Ma collection s’est construite lentement au début il y avait Bonjour et Merci. Je ne pensais pas à en faire une collection. Puis est venu hello et thank you. Ce n’était toujours pas une collection. Grâce au collège Priviet приветствие et Spacibo СПАСИБО se sont ajoutés, l’autre moitié de la classe apprenait l’allemand c’est ainsi que Guten Morgen et Danke Continuer la lecture#anthologie #39 | Collection de politesses

#anthologie # 26 | Bruits et voix sont des pensées

Joséphine referme le tiroir de sa table de nuit. Le geste est lent, non pas à cause de la fatigue omniprésente à son âge, mais comme si par cette lenteur elle pouvait faire durer l’instant, retenir les souvenirs. La pulpe de ses doigts effleure le bois, le tiroir est fermé, sa photographie d’antan est à l’abri des regards indiscrets. Près Continuer la lecture#anthologie # 26 | Bruits et voix sont des pensées

#anthologie #36 #37 | Epaissir l’histoire de Léonie

1 – Au début de mes recherches sur la guerre de 14-18, et mes diverses tentatives pour écrire l’histoire de Léonie, je vis cette affiche. J’imagine alors en la voyant les émotions qui ont dû te traverser. Je savais que tu l’avais vue, elle était affichée dans toutes les mairies de France. Tu avais quatorze ans, stupeur, inquiétude, terreur t’ont Continuer la lecture#anthologie #36 #37 | Epaissir l’histoire de Léonie

#anthologie #39 | la vie d’avant

Le premier costume pour la communion. On a tourné dans toute la ville de l’Aquila. On avait trouvé un beau costume avec un pantalon trois-quart. On nous en demandait six mille lires. Ma mère n’avait que trois mille lires. Elle a dit : “Je n’ai que trois mille lires”. Lui a répondu : “Non, il n’est qu’une heure pas trois Continuer la lecture#anthologie #39 | la vie d’avant

#anthologie #23 | Aven Armand

Une gare. Une gare spéciale, départ pour un voyage spatio-temporel. En attendant dans ce hall de gare, vous pouvez visiter une exposition qui vous parle des lieux et de leur histoire, un espace de vidéo pour découvrir le paysage du Causse Méjean, sa beauté et ses particularités, et une boutique de souvenirs pour prolonger ce voyage. Un voyage sous terre. Continuer la lecture#anthologie #23 | Aven Armand

#anthologie #37 | La première lettre

L’oncle Gelsino, il était chauffeur de bus. Des premiers bus. Il avait un pistolet, un petit pistolet. J’étais gamin. Il est parti en Amérique. Il est revenu. Il est parti en Argentine. Pendant quarante ans, il n’a plus écrit. On n’avait pas de téléphone à cette époque. Après la guerre, c’était en hiver, il y avait de la neige. On Continuer la lecture#anthologie #37 | La première lettre

#anthologie #35 | L’oubli en voix off

La cité horlogère quadrillée par les rues en angles droits. En prenant de la hauteur, le profil amputé des forêts, vestige de la tempête. Tout autour la vallée du Jura. Le vert, le brun, les manufactures Cartier, Breitling, La Joux-Perret, Jacquet Droz. Hard Cut. Plusieurs taupinières, puis une seule, cadrée, zoom, terre à portée. Le mangeur d’oubli, en voix off.Les Continuer la lecture#anthologie #35 | L’oubli en voix off

#anthologie #39 | avant la fin

Îles les deux premières, masque de fer et moines aux liqueurs jaunes ou vertes et une danseuse étoile | la troisième où je m’installe plus tard, longtemps, elle sera la huitième | l’archipel quatrième et ses trois grandes îles, sa petite île aux marins et ses pierres à sécher, les ouvrières de l’usine à morues se parfument avec Poison de Continuer la lecture#anthologie #39 | avant la fin

#anthologie #27 |Le grand caillou

L’oncle Dino était venu nous chercher. Il s’appelait Bernardino, nous l’appelions Dino. Bien que nous ayons deux autres Dino dans la famille, un frère de ma mère, qui à l’époque vivait en Allemagne et un cousin qu’on appelle Dinuccio, le petit Dino, qui vivait à Monticchio, qui réalité se nomme Sabatino, il nous était impossible de les confondre. L’oncle Dino Continuer la lecture#anthologie #27 |Le grand caillou