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incitation suicide

Pour cette phrase : Le parquet de Narbonne a ouvert une information judiciaire pour déterminer si quelqu’un a incité au suicide par l’intermédiaire d’Internet. Est-ce que ces suicides comme château de cartes qui tombe sont liés à Internet ? Est-ce que justement, parce que tous ceux de leur génération ont une page Face Book ou utilisent des t’chats, l’appel au secours ne passerait pas par Internet ? Comment ne pas être choqué par la radicalité d’un suicide, à échelle mille, lorsqu’il est le fait d’un âge où tout est à conquérir, apprendre, découvrir, où il faudrait recevoir, et donc évidemment qu’il y ait à donner – notre tâche. À l’inverse, est-ce qu’on ne le sait pas, côté artistes, qu’en nous il y a cette bizarre fissure où tout surgit, à moins qu’on reste accroupi des jours à la regarder sans rien dire ? Et si le suicide non plus n’en valait pas la peine ?, disait Walter Benjamin, qui a fini par craquer quand même. Pensée pour travail photographique avec jeunes anorexiques de Limoges qu’avait mené Marc Pataut il y a 3 ans : au moins, l’irréparable pas commis. Mais alors il faudrait condamner et supprimer Tolstoï pour Anna Karénine, Dostoïevski pour Douce, Balzac pour Rubempré, Nerval pour lui-même et ainsi de suite ? On a parlé suicide ici, c’est sur cela qu’ils vont enquêter, le parquet de Narbonne ? Photo : Québec, cirque du Soleil, 24 juin 2010.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 juin 2010
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