A un certain moment, derrière les fenêtres toujours vides du bâtiment d’en face, sont apparues deux silhouettes. Elles sont restées longtemps, immobiles, derrière la vitre. Puis, un peu plus tard, elles avaient disparu. Cela m’a fortement perturbé, tout le reste de la journée : je n’avais jamais vu personne, dans ce bâtiment. Et puis, pourquoi, tout ce temps derrière la vitre, c’est nous qu’elles semblaient regarder, et pourquoi ? D’autant que cette fac s’effrite littéralement, peinture, (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
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apparition
28 janvier 2011, par François Bon -
je ne sors plus
26 janvier 2011, par François BonJ’ai failli écrire je ne (m’en) sors plus : mais si, justement, on s’organise en équipe, on finit par s’en sortir. N’empêche qu’il y a quand même un boulot monstre, avec ce fichu publie.net – sans compter que j’ai tendance à passer tout un après-midi ou une journée sur un truc excitant ou pointu qui se révèle une vraie usine à gaz plutôt qu’à reprendre les humbles voies de ce qu’on sait à peu près faire. À mesure qu’on stabilise un processus, vrai que c’est plus facile de l’externaliser, et (…)
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sommeil des bibliothèques
24 janvier 2011, par François BonElle m’a fait du bien, jeudi dernier, cette fille qui sommeillait dans le soleil d’hiver derrière les vitres à la BU d’Angers. Vue de loin, à travers une autre vitre, et rien vu d’autre même pas à quoi elle ressemble. Venir à la bibliothèque pour y dormir ? Des tas de souvenirs remontent, qui sont liés à dormir avec un livre, ou dormir parmi les livres. Avoir dans les lieux où on dort un livre, et donc, dans ces lieux où on vient par les livres, prolonger cet état mental de découverte, (…)
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2011.01.19 | Billancourt
19 janvier 2011, par François BonPassé brièvement en voiture, lundi matin, avec Patrick Souchon, porte de Sèvres, quand on surplombe puis longe l’île Seguin. Je l’ai trop connue avec Renault Billancourt dessus, je crois que je verrai toujours le vieux paquebot d’acier. Assez désolé, cette île désormais plate et nue, tous les projets s’écroulant l’un après l’autre. Mais je ne savais qu’ils avaient gardé le portail. Je trouve toujours ça mesquin. Dans ces cas-là, du passé autant faire table rase.
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allégorie
10 janvier 2011, par François BonC’est la frange de la Beauce et de l’Île-de-France. Le stage qu’on faisait à la station biologique de Normale Sup à Foljuif, juste au bord de Nemours, est cette exacte jonction de la plaine et de la forêt de Fontainebleau. C’était bizarre aussi le retour par l’autoroute, qui vous plonge aussi vite dans l’enfilade Melun Corbeil. Il faut ces transversales pour que soudain on se retrouve dans une impression de monde immensément vieux – presque un air de Manitoba. J’ai déclenché l’iPhone à (…)
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Foljuif aux oiseaux
8 janvier 2011, par François BonLe premier stage que nous avons fait ici c’est en 2003, puis un autre en 2006, et un autre en 2009. Entre temps, à part l’an dernier où j’étais au Québec, avec les Normale Sup on a fait des stages rue d’Ulm, au 45 ou dans le grand bâtiment alors désaffecté du CNDP, ou à Dourdan ou dans la salle des fêtes de la Cité universitaire internationale, lieu que j’aime beaucoup aussi. Chacun des précédents stages ici, je photographiais ce drôle de musée obsolète, aux animaux morts. La pièce sert (…)
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aérotrain
8 janvier 2011, par François BonLe temps de reconnaître que c’est lui, passer l’iPhone en mode photo, déclencher, c’est passé. On l’a reconnu, c’est l’aérotrain, l’aérotrain de Jean Bertin. J’ai souvenir de l’avoir vu fonctionner. Quand on montait à Paris en voiture, du temps d’avant les autoroutes, on longeait un bon moment ces seize kilomètres de voie en plein champ, sur paysage plat de la Beauce. Je me souviens aussi du hangar en bout de viaduc, où on le garait. Et puis il n’a plus servi, l’avenir avait trouvé d’autres (…)
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solitude de la dinde au lendemain
3 janvier 2011, par François BonAprès 2 jours fériés, il fallait bien aller au ravitaillement, au moins de quoi constituer une soupe de légumes, il me fallait aussi des enveloppes. Le supermarché semble un lendemain de guerre : rayons vides, ambiance jaune des néons – même pas l’impression (enfin) qu’ils aient mis la musique d’ambiance. Ça m’impressionne de ce vieux pays : dans les quartiers populaires, on sait que la proportion de chômage chez les hommes de 40 ans dépasse les 40%. On se serre à 64 millions dans ce coin de (…)
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de l’idée de reprise
2 janvier 2011, par François BonA priori, pour nous qui ne relevons pas de la vie salariée, l’alternance travail et vacances n’a pas de sens. Mais le petites trappes qui s’entrouvrent (enfin, les rares et bénévolentes qui) ne coïncident pas non plus avec cette alternance. D’ailleurs, on fait des trucs très bien l’été. Disons que le nombre de semaines où les activités culturelles et artistiques sont possibles dans la société civile ressemble de plus au plus au calendrier des éclipses. Et il nous faut donc concentrer sur ces (…)
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je suis en vacances en Martinique
1er janvier 2011, par François BonC’est assez pénible, cet enfermement gris de jours froids et humides, sans horizon. Et la ville aujourd’hui comme morte. Dans les livres, on trouve soudain au détour d’une ligne l’évocation d’un ciel ou juste d’un sentiment du temps (Un rêve de Pierre Loti, dans Le livre de la pitié et de la mort), on voudrait être loin, avoir du bleu. À cette époque, je n’avais pas d’appareil photo numérique. Pourtant, lors de mon 2ème stage à l’IUFM de Martinique, j’avais un MacBook coquillage bleu, et une (…)