précédent _ suivantC’est un des endroits qui m’a le plus marqué concernant l’imaginaire de la ville, où un point précis de l’histoire urbaine s’ouvre à la fois à un espace plus large, mais à une traversée verticale de ce temps. Je dois sa découverte à Marc Gibert, photographe, fin 1986. C’est resté inchangé quand j’y suis retourné, là, on tournait ce film sur nos apprenties coiffeuses avec Fabrice Cazeneuve : c’était en 2006 et rien n’y avait bougé. Mais la ville reprend ses droits : (…)
chronique photos et journal, par François Bon
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2019.12.09 | cimetière d’avions rêve encore
8 décembre 2019, par François Bon -
2019.12.08 | solitude de la prison à l’arrivée du soir
7 décembre 2019, par François Bonprécédent _ suivantQue ce soit Nanterre, Vivonne ou celle-ci, ces nouvelles prisons sous seing privé, dans leur rationalité d’exil rase campagne, rompent avec l’ancien schéma des murs imbriqués dans le vieux tissu de la ville qui était aussi celui du forfait, ou ces enclaves périphériques qui étaient comme preuve en main l’idée du « ban » qu’on avait dans le mot obsolète de banlieue, à Fleury comme Villepinte, à Osny comme aux Baumettes et tant. Ces configurations géométriques et grillagées (…)
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2019.12.07 | tunnels (il y avait ce tunnel j’en suis sûr)
7 décembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant
On roulait dans ces tunnels. Ils avaient creusé ces tunnels pour ça, pour qu’on roule en soi-même. Tu entrais dans ta tête, tu ne ralentissais pas et tu roulais. Tu aurais pu charger des centaines de ces images : non pas la même image, mais l’infinie variation de ces images dans le tunnel. Qu’on soit sur des parallèles, chacun sa coque, chacun sa vitesse, probablement chacun sa musique intérieure. Tu roulais. Quand tu sortais, la ville. Des villes finalement si (…) -
#Evry #06 | ce parfait carré de métal bleu
2 décembre 2019, par François BonIl faut aussi que je parle du carré de métal bleu : où trouverait-on ailleurs dans toute la ville un tel écran carré de métal bleu ? Je l’ai touché, palpé avec les mains, heurté d’un petit coup sec des phalanges : c’est chaud, ça vibre, on sent que c’est épais, protégé. Et puis ils m’ont emmené dans les couloirs. Ils ont confiance, et j’honorerai cette confiance. Derrière l’écran bleu, la salle des données. J’en ai visité de plus grandes, de plus impressionnantes (je leur ai dit, même : — Je (…)
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#Evry #05 | si c’était par là où s’enfuir
1er décembre 2019, par François BonC’était bientôt le soir. Ceux qui sont venus me voir (je sais, je ne peux pas vous dire de venir trop nombreux, trop souvent) savent que c’est là que je me tiens le plus souvent. Avec une rallonge, j’ai du courant pour l’ordi. Je suis plutôt debout. Il y a cette bobine de câbles sur laquelle je pose l’ordi pour écrire debout, comme on doit écrire. La salle est grande, alors tu marches, alors tu regardes la ville. Elle ne bouge pas, l’image de la ville. Ce qui change, c’est la couleur du (…)
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#Evry #04 | craindre et aimer ce monde de parois
30 novembre 2019, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire précédent _ suivant
Ce monde se prenait beaucoup trop à ses jeux de miroirs, de mots étincelants, de lumières. Ici non. Ici tu pouvais regarder longtemps aux fenêtres. Ici tu allais ou tu voulais, tu déambulais, et puis te postais aux fenêtres. Certaines fenêtres étaient des vitres, d’autres fenêtres étaient juste ces arrangements géométriques dans les murs. C’était propice à la méditation. On t’avait dit que. Moi je regardais longtemps aux (…) -
#Evry #03 | cette émergence des terrasses
29 novembre 2019, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire précédent _ suivant
On avait pu rejoindre — ils m’avaient montré le chemin –– la partie de la ville encore émergée depuis. Depuis, depuis... ils n’aimaient gère à raconter. Ça avait été si prévisible, si menaçant et puis voilà, on se bouchait les yeux, on laissait traîner, et fatalement c’était arrivé. Maintenant, on marchait dans cette part du labyrinthe de béton, vide, à l’abandon, qui émergeait de ces boues rougeâtres, devenues solides. Ainsi (…) -
#Evry #02 | d’un rêve brutaliste
28 novembre 2019, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire précédent _ suivantAu commencement fut un bref échange avec Franck Senaud, sur le fait que mes vidéos naissaient toutes dans mon petit bocal rectangulaire de 11m2, et que depuis si longtemps (déjà dans Tumulte), je fictionnais sur ce ce désir d’un volume industriel, hauteur et plateau, et le plus brut et nu possible, ce à quoi Franck répondit : — J’ai ce qu’il te faut. Et cinq mois plus tard, quand j’entrai sur ce plateau comme creusé pleine masse (…)
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#Evry #01 | prologue à immersion récurrente et longue
27 novembre 2019, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire précédent_ suivant
Hier soir, dans le RER puis le train retour Evry, c’est un échange avec Thierry Paquot, urbaniste et éditeur, qui m’a lancé sur cette étrange piste : « les lieux de tous tes livres », disait-il (ie me disait vous, mais j’aime pas), et moi je pensais à cette inflexion qui s’est passée à partir de Pantin 2006 : l’enquête blog remplaçant la prégnance ville dans les livres. Donc la litanie depuis Bobigny, 1986, Berlin, 1988, (…) -
2019.11.25 | dormir à l’Ibis
25 novembre 2019, par François Bonprécédent _ suivant Les années précédentes, pour mon stage ENS Lyon, et même cette année, la première session, il y a juste à côté une résidence étudiante qui accueille aussi profs de passage, mais là, arrivant de Liège-Bruxelles la veille à 23h30 et non le matin même, c’était complet. En fait, c’est facile, voire bradé, de s’héberger à Lyon le vendredi soir, mais le jeudi soir vraiment une autre galère. Donc après mes 5 heures et train et sous grosse pluie j’arrive à l’Ibis Gerland rue (…)