le roman de Mireille Piris
Toujours un lien avec l’écriture dans ma vie professionnelle de comédienne, chanteuse, animatrice culturelle, psychodramatiste, formatrice conseil. La plupart du temps les mots des autres. Aujourd’hui les miens. Petite musique intérieure, évocation de l’enfance et de l’adolescence en Algérie dans Boulevard des orangers, fragments autobiographiques parus chez N & B] en décembre 2017. Autres éclats de mémoire, reconstructions et fictions dans treize nouvelles, Une étrange modernité, recueil paru chez même éditeur en mai 2019, où l’art se mêle au destin de quelques cabossés de la vie.

Adepte des formes brèves, envie de paysages au long cours…

Pratique aussi peinture et photographie. On peut voir des images sur ma page Facebook.

9. On entre dans les carrières comme dans une cathédrale


proposition de départ

D’abord la lumière oblique, forte à l’Ouest, du côté où les rayons de soleil, filtrés dehors au premier plan par un grand pin, parviennent à entrer, difractés. Ils ne pénètrent pas très loin, mais c’est suffisant pour réchauffer l’ambiance. Pas l’air, l’air reste frais. Refuge idéal pour ce jour d’été. Lieu magique accordé à l’envie d’étonner, de séduire.

Au fond, et du côté Est, une clarté diffuse caresse les piliers de pierre blanche, accroche les arêtes des blocs taillés les uns à côté des autres. Imaginer dans les carrières un compagnon, puis un autre, et encore un, dans la fatigue solidaire des soirs pour que les hommes d’en bas deviennent bâtisseurs.
Trop tôt pour graver dans la paroi une initiale, juste y rêver, en découvrant la frêle flamme verte d’un arbuste, là-bas, tout au fond, soudain éclairé comme par un vitrail. Sourire au miracle de la sève. Accueillir les battements du cœur dans l’attente.

Froid. Le froid dans les carrières imprègne jusqu’aux os. La lumière n’y peut rien, ne réchauffe rien. Les pierres transpirent l’humidité. Au sol, amassés on dirait depuis des siècles, les déchets des parois, caillasse ou poussière blanche, obligent à une marche précautionneuse. Crissements irréguliers des pas, alentour le silence. Curieusement une majesté, un envoutement presque. La lueur tout au fond attire comme un puits où il ferait bon sombrer. Rythme hypnotique dans les ténèbres. Une délivrance au bout du chemin ? Le soulagement d’en finir, peut-être.

Quelle drôle d’odeur ! Aucune rue, dans le village en bas, ne dégage une odeur pareille. Pourtant y a des murs partout, comme ceux des maisons des hommes. Mais ici, pas de portes, on peut circuler du dehors au dedans, du dedans au dehors, par des tas d’ouvertures, librement. Pas besoin de permission.
Cette odeur, ça ressemble un peu à celle qui sortait de la cathédrale, avant le changement des pierres du sol avec le chauffage. Ça ressemble à celle des balades du dimanche à la grotte, un peu aussi à la rivière, mais ici y a pas d’eau, pas d’endroit où boire, rien à lécher, pourtant la fraîcheur est là. Peut-être en grattant, en fouillant le sol ?

Bon, alors, si on ne doit ni nommer le personnage, donc pas de il ou de elle, ni ce qui lui est arrivé de beau ou de terrible, je vais seulement évoquer un humain pôle positif, un humain pôle négatif, et un animal…. Dans le lieu qui m’a paru le plus mystérieux…

#8 et #9, au bout du compte, quelle belle occasion de travailler !

8. Comme un chat tu le seuil de la porte...


proposition de départ

TU SORS ?

1

On l’appelle Route des plaines, c’est curieux parce qu’on y accède en grimpant de fortes côtes, avec ces virages qui obligent le conducteur non averti à passer en première. Rarement, quelque cycliste téméraire. En haut, on atteindra une seule très longue ligne droite, puis les virages descendront jusqu’à Valréas. Partout, l’homme a détruit les bois de chênes verts pour planter des vignes. Restent les butes, qui contraignent les parcelles à des rangées contrariées. Agrément du paysage, maigre victoire de la topologie ancienne… Au plus haut, une aire de dégagement, vue sur l’écrin du village quitté, vert tremblant gris des oliviers, noir des cyprès, maisons blotties sous le Prieuré, car à Vinsobres, oxymore burlesque, on monte au temple et on descend à l’église. L’été, Route des plaines, lavandes et tournesols sous ciel propre attirent les touristes photographes. Ils ne sauront pas la somptueuse lumière d’hiver, oblique sur les lignes des plants rasés et des sarments endormis.

2

Chaque matin, porte-fenêtre ouverte sur le jardin. Chaque matin, caresse de l’œil sur les rondeurs, des lauriers-tins, de la touffe d’un bambou, de la silhouette japonaise du micocoulier, de la tonnelle végétale abritant la terrasse des petits déjeuners près du bassin, chanson de l’eau, traits rouge vibrant des poissons qui fuient l’indiscrétion et recomposent leur ballet dès le calme retrouvé. Plateau posé sur la patine rouillée de la table ronde, le thé fume, bruit froissé d’une tourterelle qui se pose, se penche, boit la transparence de l’eau. À travers les guirlandes de la passiflore bleue, vue sur les tuiles romanes des maisons derrière les remparts, les pierres claires de la cathédrale, les pierres blanches des carrières de Saint Paul. Derrière les carex et les lotus, le courant a amassé quelques feuilles, jaunes ou déjà brunes, premier signe de l’automne dans l’été.

3

On entre dans les carrières comme dans une cathédrale. La lumière impressionne entre les blocs piliers, plus faible ou forte selon la provenance. Les blocs retirés par les carriers dessinent des rectangles réguliers, superposés jusqu’au plus haut de leurs forces. Ça et là la vie végétale a tenté sa chance, les frêles silhouettes d’un sureau, d’un chêne vert, d’un figuier, surprennent l’espace, apportent un semblant de vie. Plus on avance vers le fond, puis il fait sombre, humide et frais. Sieste impossible cependant, nul confort au sol jonché d’éboulis de pierres et de caillasse. Certaines parois sont recouvertes de graffitis, les éternels cœurs de Paul et Marylise, Stef et Julie, Yann et Vanessa, pour d’autres seulement des initiales creusées, jeux entrelacés, serments éternisés dans la pierre alors que la vie ou la mort les a sans doute défaits.

4

Certains diront que ce n’est pas un paysage, ou alors qu’il est le même, toujours le même, plat. C’est qu’ils ne savent pas regarder, qu’ils n’ont pas le talent de lire la mer. Il faut se poser, attendre, scruter. Non, ne rien attendre. Laisser venir, absorber. Ou bien c’est elle qui vous absorbe, la pensée, le cœur, le corps. Sable, eau, ciel, les lignes se démarquent ou se confondent, selon le temps des saisons. C’est là que tout se joue, se transforme, infiniment.

Pour arriver à la plage, il faut prendre le chemin dans les dunes, franchir le dessin des petites barrières dressées, leurs ombres comme un piano sur le sable, mélodie de chaleur. Elles protègent une maigre végétation, luzerne marine, chardons bleus et graminées, ces petits épis ovales dodus soyeux nommés ici queue-de-lièvre. Marcher dans le sable, un grain, un autre et tous les autres, c’est déjà une grammaire, rugueuse ou fine sous le pied, pieds nus si la chaleur est supportable, à partir du zénith impossible sous peine de brûlure, cris, course effrénée jusqu’au moins chaud près de l’eau, l’aire de ceux qui ne veulent pas trop de sable dans leurs serviettes, qui sont outillés pour enfoncer les parasols dans le sable compact. Ici les parasols, les bleus, les rouges, les jaunes, les rayés, sont rarement hauts car le vent les emporte, on doit les raccourcir et s’aplatir pour profiter de l’ombre. Il faut revenir en arrière pour le sable blanc, fin, le doux velours qui épouse la forme des fesses, des seins ou de la tête. Allongé là, on peut cligner des yeux pour jouer avec l’horizon, ou bien lire, ou simplement rêver.

Franchir la lisière de l’eau, un vrai poème à écrire avec les empreintes des pas qui s’évanouissent, récréent sans cesse le langage de ces fleurs gorgées d’eau mêlé au dessin du ressac, ourlet de minuscules coquillages épousant l’abandon des vagues.

Enfin le dos bien chaud pénétrer dans la mer, et là commencer l’histoire de la nage, cette toute autre si fabuleuse histoire…

…OU TU RENTRES ? :

1

Il faut que l’œil s’accoutume quand on passe de la terrasse à la salle. Cela se fait vite car l’intérieur est clair. À gauche, le grand mur a conservé ses pierres, jointe d’une couleur sable. Accrochés, deux lances de jouteurs et un pavois. Une lance rouge et une bleue, installées pour s’affronter. Le pavois doit être très ancien, le décor de la peinture est patiné, sur une moitié unie de nombreuses marques des trous assénés par les tridents d’acier des lances, sur une autre trois initiales. En dessous des tables en bois, peut-être en mélaminé, avec piètements à l’ancienne. Au plafond, un énorme ventilateur style colonial.

En face tout du long, un mur de miroir où se reflètent les rangées de bouteilles et de verres sans quantité excessive. Le comptoir est sombre, devant quatre tabourets hauts au design rouge, au bout la caisse en position stratégique pour œil averti sur la salle et la terrasse. Seule concession pêle-mêle, derrière la caisse un grand panneau d’affichage, de nombreuses photos, certaines encadrées, d’autres pas. Images des jours de fête sur le canal, on y voit les bateaux des joutes, l’effort des rameurs, l’encouragement des barreurs, les affrontements des jeunes blancs chevaliers d’aujourd’hui, triomphants ou dégoulinant d’eau après leur chute.

Le patron de La petite Camargue trône à son poste d’observation, on entend l’accent qui chante.

2

Pour accéder à la porte d’entrée, il faut d’abord tirer à soi une porte moustiquaire, artistiquement bricolée par un menuisier dans un temps très ancien, dont l’énorme ressort rouillé fait encore son office de frein à la fermeture. Un bruit mat cependant dans votre dos, après le seuil franchi une fois poussée la lourde porte de chêne. L’entrée n’est pas grande, en face l’escalier central, dont la pierre doit sa noblesse à la seule patine des allées et venues vers les chambres.

3

Rez-de-chaussée lumineux grâce à l’enfilade des pièces devant les portes fenêtres, aux jeux de miroir, plusieurs, qui renvoient les reflets dans chaque pièce et d’une pièce à l’autre. Le mobilier mélange les styles. Dans la cuisine, miroir ancien doré sur maie en noyer, meuble peint, table massive allégée par la transparence des fauteuils Ghost. Dans le salon, pièce maîtresse, la cheminée ancienne avec habillage contemporain de marbre de Carare, au-dessus un grand miroir baroque en stuc doré, en vis-à-vis d’un autre moderne dépouillé, les deux captant et se renvoyant les irisations d’un lustre en polycarbonate aux couleurs changeantes. Nombreux tableaux. Étagères à musiques et films. Coussins sur canapé.

4

Dans la chambre une commode entièrement recouverte de miroirs biseautés. Armoire Louis XV avec panier de mariée sculpté sur le fronton face à la bibliothèque Ikea vitrée. Les livres bien rangés du fond, par genre et ordre alphabétique, servent de décor aux tranches couchées de ceux qui débordent, qui voyagent même au dehors, s’empilent dans le désordre sur les deux étages des tables de nuit. Certains migreront vers la bibliothèque à l’étage.

Vraiment difficile pour moi de déconnecter un décor d’un personnage… Pourtant bien entendu la dramaturgie de l’attente… chez Gracq, qui dit si bien…

Présentés dans l’ordre d’écriture. Les plus longs, quatrième extérieur et premier intérieur, inspirés par l’exercice #1, début roman, À côté la plage.
Les intérieurs 2, 3 et 4 sont la même maison.

7. notes pour Clémence


proposition de départ

La seconde où elle comprit qu’il ne l’aimait plus :

Une nuit, Boulevard Montparnasse. Arrête de te tordre les chevilles, c’est insupportable ! Il crie sans se retourner. C’est à cause de lui, parce qu’il marche trop vite, c’est lui qui avance avec le parapluie, elle suit, ses larmes dégoulinent, se mêlent aux gouttes de pluie, son corps comprend avant sa tête.

Un jour, son fils eut honte d’elle. Tu sais Maman, c’est pas la peine de venir me chercher à l’école. Pourquoi, mon chéri ? Les autres mamans sont à l’heure. Et puis elles sont pas attifées ou coiffées n’importe comment.

Ils se précipitèrent dans la mer. Une ribambelle qui crie, saute, patauge. Ça nage ou ça fait semblant, ça triche en se haussant sur la pointe des pieds. Regarde, maman, je nage ! Sous le parasol, les mamans sourient et reprennent trop vite la conversation.

Elle eut une enfance au goût d’algue et de guerre. Tout pour la vie, le soleil, le ciel à boire et à manger, la mer tellement bleue, l’horizon dans la main. Tout pour la mort, le qui-vive, la peur dans le dos, le cercueil sous le bras. La méfiance ne vient pas seulement du dehors, elle déglingue l’intérieur aussi. Mais le vernis tient, tu pousses, tu grandis, tu vieillis, t’as dix ans et t’es déjà vieille.

Le jour où on lui apprit la mort de son fils. Elle sait tout de suite, avant même qu’ils ne parlent, dès les silhouettes des flics dans l’encadrement de la porte, c’est la femme qui s’avance, qui va parler. Elle n’a pas besoin d’entendre, la moto, la vitesse, le dérapage. Elle sait. Corps en coton, cœur rétréci avant d’exploser.

Une nuit, elle se jeta à ses pieds. Ah non, pas ça ! dit-il, mais pas question de se redresser, elle n’a même pas honte. Alors il la saisit, il lui fait mal aux bras, il la relève, la secoue. Poupée chiffon punie qui a peur.

L’avion ne démarra pas ce jour là. Tout le jour assis sur les valises, dans la chaleur, le silence, les pleurs. Mais surtout le silence. Ils ont des numéros, on va les appeler, mais tant de monde, trop de monde. Vers le soir, les camions militaires les transportent jusqu’au lycée transformé en campement, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Les petits frères sont sages, si sages. Ils n’ont pas sommeil. Prendre appui dans les regards, intensément. Respirer, un gramme d’air, un sommeil de plume, quelques instants avant demain où il faudra attendre, encore attendre.

Ils firent des siestes obligatoires et délicieuses. À l’ombre d’une barque, à attendre que les ombres s’allongent jusqu’à l’heure du concours de châteaux de sable. Ils montent les murs et les tours, des coquillages pour les fenêtres, des roseaux pour les ponts-levis, des algues noires pour les chemins et des vertes pour les arbres. Puis c’est l’heure de la récompense. Les gagnants choisissent la couleur du gros bonbon au cœur du rouleau de réglisse.

Toute petite, elle commença à fuguer, puis elle renouvela. Sa mère dit souvent : Clémence, elle n’est bien qu’en dehors de la maison. Pourvu qu’elle soit dehors, sur le palier, chez les voisins, chez les copains, puis en voyage… C’est vrai qu’elle adore être ailleurs.

Avec sa fille, elle ne sut pas très bien non plus la bonne distance. Ce qui marche, ce sont les histoires, lire, raconter, broder, inventer, ça, oui, ça marche. Les corps se blottissent au cœur des contes. Leurs vies imaginaires. Le lien des livres. De l’amour des fleurs et des livres. C’est déjà ça.

Ils se marièrent et n’eurent pas d’enfants. Il est beau, doux, parle beaucoup. Elle côtoie souvent des hommes qui parlent beaucoup. Peut-être pour compenser ses silences. Elle a de l’humour, elle ponctue parfois, ça fait mouche.

Elle prit goût aux amants.

Elle se demanda ce qu’elle faisait là, comment elle était là. Et puis il suffit d’un son, d’une odeur, d’un regard. Le regard de Germain, il y a longtemps qu’elle le connaît. C’est de la bonne pâte.

Elle se sent bien dans ce bistrot, ça fait des années qu’elle vient, depuis qu’elle a choisi de vivre sa retraite au bord de la mer. Sa décision a surpris tout le monde, ses collègues du lycée, sa fille, son fils, son cher fils encore vivant à l’époque, quel âge avait-il donc ?

Tout le monde a essayé de la dissuader, usé de tas d’arguments : tu vas avoir trop chaud… le mistral va te saouler… tu ne connaitras personne… la vie est chère là-bas… les gens ont l’air sympathique, mais l’air seulement… et puis culturellement parlant, tu seras obligée de faire des kilomètres pour voir quelque chose d’intéressant… sans compter leur accent, de vrais poissonniers. Elle n’a rien contre les poissonniers, elle adore le poisson, même, là-bas ils seraient frais.

Elle a tenu bon. Envie de soleil, de nonchalance, après tout la retraite c’est fait pour ça. Et puis elle ne l’a pas formulé, mais elle en a assez des mêmes têtes, de ces conversations où l’on sait à l’avance ce que les autres vont dire… Elle a biaisé : vous me rendrez visite, les filles, de nos jours rien n’est loin. Les filles sont un peu venues au début. Un peu. Puis rien.

Ça lui revient, tout ça, quand Germain la regarde.

Codicille :

Toujours la femme qui oublie… Certains éléments de sa vie. Curieux mélange autobio et fiction. Me suis pas trop posé de questions. Un élément par paragraphe, dates éclatées. Sans me demander si et comment ça servira. Sous l’influence des lectures de uns et des autres, j’ai commencé un texte plus linéaire avec le personnage de Germain, mais pas fini. Et je préfère envoyer avant la cogitation à la future proposition…

En tous cas, consigne entendue ou pas, délicieux exercice passé simple présent, tenu sauf au dernier paragraphe…

3. tu mets quoi dans ta valise ?


proposition de départ
version brève

- Si tu arrives au centre du village, c’est que tu as raté l’embranchement, fais bien attention, sinon tu es obligée de faire un grand tour. Eh bien, c’est gagné, c’est reparti pour le tour ! Elle savait qu’il fallait arriver avant la nuit, mais voilà, comme à chaque départ, les allées et venues désordonnées dans l’appartement, les vêtements partout, les questions urgentes, quoi dans la valise, chaud ou froid quelle météo, et une piscine, y a t-il ou pas une piscine dans ce bled, ou bien marcher pourquoi pas, où sont les vieilles chaussures de randonnée ? Bon, vérification porte du frigo- chasse d’eau-robinet du gaz, surtout ne pas séquestrer le chat des voisins comme la dernière fois, leur laisser la clé pour l’arrosage, enfin bref, c’est toujours comme ça, pas moyen de décaniller paisible, puis tellement contente d’être ailleurs, complexe la nana, enfin, normale quoi, enfin pas tout à fait. En tous cas ça agace, et ça fait quitter Paris à l’heure de pointe… Heureusement après c’est plus fluide, mais nuit totalement noire, marrant dans les phares tout à l’heure tous ces lapins au milieu de la route après Verneuil, un vrai conciliabule ! Ouf, enfin arrivée, plus qu’à trouver la baraque. –Un chemin à gauche en haut d’une côte, ça monte et ça descend tout le temps dans ce pays, ça s’appelle pas Alpes Mancelles pour rien. Bien la campagne dans la tête à Paris, mais quand on y est…

version longue

Si tu arrives au centre du village, c’est que tu as raté l’embranchement, fais bien attention, sinon tu es obligée de faire un grand tour. Eh bien, c’est gagné, c’est reparti pour le tour ! Elle le savait, pourtant, qu’il fallait arriver avant la nuit, à croire que chaque départ la mettait dans l’état de se presser pour perdre du temps, un comble, donc au final partir et arriver en retard ! C’était plus fort qu’elle, à chaque fois, les allées et venues désordonnées dans l’appartement, les vêtements explosés partout, les questions urgentes, quoi dans la valise, fera t-il chaud ou froid ? Et une piscine, y a t-il ou pas une piscine dans ce bled ? Marcher, au moins ça d’évident, dans les bois ça va lui faire du bien, respirer, elle a tant envie de nature, mais où sont les vieilles chaussures de randonnée ? Introuvables, bien sûr. Tant pis, faire le tour de tout, vérifier la porte du frigo, la chasse d’eau, le robinet du gaz. Ah ! Surtout ne pas séquestrer le chat des voisins comme la dernière fois, oh là là, quelle galère, par sa faute il n’avait pas mangé pendant trois jours… Encore heureux qu’ils ne se soient pas plus fâchés que ça, du coup ils avaient proposé d’avoir une clé en permanence, ils pourraient s’occuper de l’arrosage au besoin, tout le monde était tranquille. Mais quand même, elle en était fatiguée d’elle même, jamais moyen de décaniller paisible, pourtant tellement contente après d’être ailleurs, complexe la nana, enfin, normale quoi, enfin pas tout à fait. Peut-être que c’était inévitable depuis l’exode, cette histoire de quoi dans la valise, tu mets quoi dans une valise quand tu sais que tu ne vas pas revenir ? Toujours est-il que ça lui a fait quitter Paris à l’heure de pointe… Heureusement après c’était plus fluide, ça ne la gênait pas de conduire la nuit, et même c’était tellement marrant tout à l’heure dans les phares, tous ces lapins au milieu de la route après Verneuil, un vrai conciliabule ! Une image magique à replacer absolument dans un film, faudra quelle en parle à Didier, la casera bien quelque part dans son scénar. Ouf, enfin arrivée, plus qu’à trouver la baraque. –Un chemin à gauche en haut d’une côte, ça monte et ça descend tout le temps dans ce pays, ça s’appelle pas Alpes Mancelles pour rien. Bien la campagne dans la tête à Paris, mais quand on y est…

Codicille : J’ai un peu triché, mais pas complètement, j’ai pris le premier paragraphe d’une nouvelle déjà publiée, où un personnage quitte la ville. Ça m’a bien intéressée de tenter de donner de l’ampleur en essayant de garder le rythme initial d’un départ chaotique, d’étoffer en annonçant le thème fondamental de l’exode. Ce n’était pas le thème de la nouvelle initiale, mais pourrait devenir celui d’un roman, peut-être… Y suis-je parvenue ? C’est une autre histoire… J’ai joué le jeu demandé d’un seul paragraphe dense. En tous cas, retravailler ouvre des pistes, c’est sûr !!!

Très, très curieuse de vos retours pour cet exercice.

6. chacun cherche son nom


proposition de départ

D’abord, comme pour Philippe, celui de Pierre Cortial — c’est joli Cortial, ça fait penser à Cordial et ça adoucit la pierre — comme pour Philippe donc, mais avec majuscules, il y a eu Le Chat, qui baladait sur le toits de Bourges, que mon vieux voisin amoureux kidnappait pour me le ramener, alors que ni Le Chat ni moi-même n’avions besoin de ce service. Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, merci Charles, je ne me souviens du nom de cet homme mais de sa gentillesse, il avait choisi d’habiter une chambre sous les toits, comme la jeune bohême que j’étais, pour passer les deux ans qui le séparaient de sa retraite d’avocat, sa présence là était incongrue, je crois qu’il était heureux de faire une pause non bourgeoise loin de la cossue maison familiale. Aujourd’hui, je pourrais l’appeler… Charles pourquoi pas, et il faudrait un nom bien français, rond, sympathique, Cortial est déjà pris, dommage, CC en initiales sonne bien. Courtial ? C’est pour de vrai le nom d’épouse d’une amie, Mireille, oui, ici il y a beaucoup de Mireille… Mireille, c’est la Marie de Provence, avait inventé Mistral. Ça sonne pas mal les noms en al, non ? Charles Maréchal ? Non, bien trop mauvais souvenir d’un certain Maréchal…

Moi, à quelques jours de ma naissance, je n’avais pas de prénom. C’était une époque où l’on écoutait beaucoup la radio. À l’audition de l’opéra de Gounod, mon musicien de père proposa « Mireille » à ma mère, qui, Provençale, accepta. J’aime à imaginer cet accord entre eux grâce à mon prénom, grâce à moi. Je me souviendrai surtout de leur guerre.

Mais revenons à nos chats !
Ensuite, dans ma vie, Colombine, Rocambole… C’est après qu’ils ont eu des noms de famille. Zoé Fanfreluche, Popof Catastrofsky, Max Mackintosh, le nom venant d’une particularité physique ou d’un trait de caractère. C’est à dire qu’il fallait vivre un peu avec eux avant de le trouver.
Non, je ne m’éloigne pas, dans l’écriture, c’est pareil, j’ai besoin de côtoyer un personnage avant de lui donner un nom.
La seule fois où il en a eu au départ, il en a changé.

Lorsque le choix est marqueur d’une époque, merci aux moteurs de recherche, on tape prénoms des années 50 ou 80, une liste défile, ça aide.

Et puis vivent les prénoms qui les traversent toutes, les époques, les Anne ou Isabelle, les Jules ou Paul, les valeurs sûres, quoi.

Les prénoms qui font bloc : Vincent, François, Paul et les autres, grâce à Claude on s’en souviendra. Évidemment on n’aimerait pas être les autres, se fondre dans la bande, en même temps on aimerait pour la chaleur de l’amitié.

Et que dire des grands ?
Alice, de Lewis ou dans les villes,
Sophie dans ses malheurs,
Ariane et Solal des Solal,
Le consul sous son volcan,
Kafka sur le rivage d’Haruki,
Ulysse, avec les sirènes ou chez James.
Dans une nouvelle j’ai appelé un chien Ulysse, enfin, je l’ai emprunté à des amis.

Dernièrement est venu spontanément Jacques sous mon stylo, une amie venait de perdre son frère, il fallait le faire revivre. Un personnage d’écrivain qui note beaucoup dans ses carnets. Mais à la lecture, Jacques note, Jacques note, ça écorche l’oreille. Donc Jacques va mourir une seconde fois. Car il ne faut pas oublier la musique…

Clémence, c’est musical. C’est la femme qui oublie dans le premier exercice. La douceur de Clémence pour ce personnage qui perd la mémoire, il me touche. Elle n’a pas encore de nom. Elle a perdu un fils, sa fille préfère mettre à distance cet Alzheimer qui commence. Clémence, j’ai envie de la bercer. Là, en écrivant, je pense qu’elle aura repris son nom de jeune fille.

Appeler un personnage Bérénice, Andromaque, Agrippine (sauf le talent de Bretécher… tiens, un bref effort pour le souvenir de Claire ! Tiens, sa nièce, une Clémence…) Pénélope, Hyppolite, Jason, Samson… Ou même seulement Êve, Éva…

Nous voici au cinéma, Ava, Garry, Marylin, Elvis, Gina, Sophia, Federico, Helmut, Garance, Vanessa, Johnny, Leonardo, tant d’images présupposées dans la tête des lecteurs, pas de lutte inutile ! Ou alors annoncer la couleur et s’écarter : Ses parents avaient osé l’appeler Gloria parce qu’ils adoraient Cassavetes, mais elle, elle était si différente…

Ou alors un surnom ? Plus fort que Poil de Carotte ? On l’appelait… Mimi les gros bras… Ça vous caricature, le travail consiste à en sortir, complexifier comme on dit ! Peut-être essayer avec Polly Maggoo ?

Ah, et les intimes ? Ceux de la famille, ceux qu’on aime ou qu’on a aimés, en direct ou par procuration. Ernest, Olympe, Rose, Bertrand, Bernard, Pauline, Noé… Et ceux qu’on déteste ou a détesté… là, la plume ou la souris hésite, parce que forcément… si par hasard ils vous lisent un jour… la haine vient si vite dans les familles, n’est-ce pas, exit la famille… Comme les anciens Jules d’ailleurs, à moins d’avoir eu cent cinquante amants…

Ne pas oublier le pour et le contre en même temps. Nicolas (le jardinier) et Nicolas (Sarkozy) Dilemme. Nico, peut-être ? Le jouteur rencontré à la Petite Camargue. Et hop, on revient au début du roman ! Germain, pour le patron du bistrot, c’est venu tout seul, c’est resté. Parce que quand même Marius, ça faisait un peu trop !

À suivre…

Pas un grand travail de recherche, juste les associations du moment pour le plaisir de l’exercice…Ça compte, non ?

4. Clémence


proposition de départ
1

La femme qui oublie est fascinée par la brunette au corps souple qui danse en silence. Ce qui la fascine, c’est le mouvement dans le silence. Autour les bruits de la terrasse existent, mais elle ne les entend plus. Le corps crée l’espace et gomme le temps. Ça lui parle, à Clémence, la gomme du temps. Quand cela a t-il commencé ? Parfois la petite sensation de coton dans la tête, un minuscule vertige, presque agréable. Parfois la sensation d’un trou qui s’ouvre et va l’engloutir…Elle a peur alors. Bam bam bam, une percussion ponctue certains des gestes, le copain de la danseuse en retrait sur le trottoir module sa voix, il murmure, claque les lèvres, chuchote, parfois un cri chanté, une note tenue. La fille écoute, réagit, s’étire, tourne, s’enroule, saute, se balance, se tend. Clémence se suspend au fil du mouvement et des sons.

Petite fille, au coin de la rue, toujours, elle ralentissait le pas. ET…un deux trois quatre … Et… un deux trois quatre, déplié, tendu. Et… un deux trois… La voix du professeur montait par le soupirail, le piano scandait, les autres filles tournaient, valsaient, s’envolaient. Les autres filles… Non, Clémence, tu n’iras pas au cours de danse !

De ça, elle se souvient.

2

La femme qui oublie est fascinée par la jeune danseuse. Le mouvement dans le silence l’absorbe toute entière. Elle n’entend plus les bruits de la terrasse. Seul le corps. Le corps crée l’espace, gomme le temps. Ça lui parle, à Clémence, la gomme du temps. Depuis quand ? Comment ? Par la tête en coton, comme un léger vertige, agréable parfois. Mais le gouffre prêt à l’engloutir, non. Résister ? Bam bam, le garçon scande les gestes, bam bam bam, tape sur son djembé. Un silence puis sa voix, souffle, chant, silence, chuchotements, silence, cri. Nourrir l’énergie de la fille qui s’étire, tourne, s’enroule, saute, tangue, se tend. Les bras cisèlent l’air. Clémence s’accroche au fil du mouvement et des sons.
Une autre voix, lointaine, prend la place, toute la place, le piano par le soupirail au bout de la rue, le professeur de danse, les filles virevoltent, la fillette ralentit le pas, s’arrête, écoute, épie, les autres filles rient.

Et puis la réponse du père : non, Clémence, tu n’iras pas au cours de danse !

De ça, oui, elle se souvient.

J’ai un peu développé le personnage de la femme qui oublie du premier exercice.

Le premier texte comme il venait. Le second en essayant de tendre. Je crois que c’est celui que je préfère. Trouvé cet exercice difficile !

1. à côté la plage


proposition de départ

Monsieur, vous désirez ? … Heu… C’est l’heure précisément où on ne sait pas, un café ou un thé, froid de préférence, ou déjà un apéritif ? Une bière fera l’affaire. Il regarde la buée sur le verre, sa montre. Il a rendez-vous, l’unique baiser d’hier soir lui revient, ne l’a pas quitté en fait, ni le baiser ni le rendez-vous à la terrasse de La Petite Camargue. Il est là, en avance. Il appuie sa joue contre le bock froid.

La lumière commence à décliner mais la chaleur reste forte, celle de l’air alentour, celle qui monte du trottoir. Il se souvient d’une terrasse de restaurant à Rome arrosée aux pieds des clients, plaisir du sol humide. Ici non. Ici, les grains de sable pénètrent dans les pavés autobloquants.

Une femme et ses enfants reviennent de la plage. Panier, bouées, rabane, parasol. Elle a l’air fatigué, le petit qu’elle traîne chougne, elle va beaucoup trop vite pour ses petites jambes, les deux ainés, un garçon et une fille, se chamaillent, la femme se dit qu’elle aurait dû s’arrêter à ces deux—là. Marre des vacances avec mari absent, le pauvre chéri travaille, certes, les rejoint les week-ends, certes, mais... Elle a finalement pitié du mioche, le hisse sur sa hanche puis dans ses bras. Un joggeur transpirant la bouscule et l’engueule.

Le serveur papillonne de table en table, nouveau dans le métier il en fait un peu trop dans l’affable, peut-être pour compenser l’air de rogne de sa collègue qui fait le service minimum, vraiment, son CDD prend fin demain, pas question de prolonger a dit le patron. Il en a vu tant d’autres, Germain, il a tout de suite compris qu’elle ne ferait pas l’affaire, mais avec le mal à trouver des employés aujourd’hui… elle, elle l’a senti, alors depuis le début les odeurs de moules et de frites lui sortent par le nez. De toute façon, elle n’a jamais su ce qui lui plairait. Rien que des petits boulots de merde. Elle rend la monnaie au couple le plus éloigné de la terrasse, la femme caresse la main de l’homme, il lui sourit, dans le même temps vise discrètement sa montre, il veut rentrer chez lui, se demande si sa femme va avaler la couleuvre de la journée en plus de son séminaire, du smartphone à plat, du chargeur perdu, il en a marre des fois de tout ça mais ne peut s’empêcher de son envie de plaire, et puisque ça marche… que même ça galope… à califourchon cette nuit c’était bon…

Le monsieur qui désire demande une seconde bière. Elle est en retard. Il est distrait un moment par une bande de cyclistes qui tente de garer ses vélos contre un seul malheureux poteau, vélo contre vélos et antivols croisés. Ils finissent par y arriver et se précipitent au bistrot. C’est le genre Nature Santé Découverte, des enseignants sans doute, sûr qu’ils sont allés explorer au Parc les étendues d’eau, de sel, ont scruté à la jumelle les plumes roses des flamants et autres curiosités faune —flore. Ont fait provision de soleil et d’images avant de retourner dans leur nord. Impossible pour eux de s’installer sur la terrasse bondée, hésitent à accepter une place à l’intérieur, veulent profiter du dernier coucher de soleil de leur dernier jour, insistent. Germain fait signe au garçon de proposer de joindre les deux tables du fond car le couple adultère s’en va.

Oh, salut, Nico ! Viens là, viens ! Alors, comment tu vas, petit  ? Germain enjoué fait de grands signes au jeune homme qui traverse la terrasse, corps souple, cheveux bruns, œil noir, torse et pieds nus, démarche remarquée de tous. Nico, clame la voix chantante, le meilleur jouteur de la Rouge, le vainqueur de la dernière passe ! Ici la tradition ne se perd pas, m’ssieurs dames ! Qu’est—ce que je t’offre, mon Nico ? Et à la Demoiselle ? Non loin de Nico une jeune femme suit, elle aussi sûre de son corps et de son charme, short au plus court, soutien gorge de principe pour seins bronzés, opulents, fermes. Elle ne se presse pas.

Un type circule discrètement entre les tables, pose sur chacune un porte-clés fait main made in China, il transpire la misère propre, jette un œil vers la caisse, il a peur de se faire virer bien que pressentant Germain dans un bon jour, ose un regard affamé selon les clients. Affamé et résigné, il accomplit sa balade dans l’autre sens, ramasse ses porte-clés que personne n’achète. Sauf une dame qui lui donne un billet, trop gros pour le prix mais elle insiste. Il repart à reculons, se confondant en gestes de torse et tête, merci, merci, merci.

Cette dame, il y a longtemps qu’elle a fini sa glace, elle a recommandé un verre d’eau glacée qu’elle ne boit pas. Dans son sac à main elle a un petit papier plié en quatre avec le chemin pour renter chez elle, mais elle a oublié qu’elle a le papier, elle a oublié qu’elle doit rentrer chez elle, elle pense à sa fille qui est si loin. Elle sourit, elle a envie de pleurer, des fois elle sait qu’elle sait qu’elle oublie, oui, Cécile le sait mais elles peuvent encore faire semblant. Elle est fascinée par le mouvement, la grâce d’une jeune danseuse en silence, son copain ponctue discrètement en percussion à l’extérieur du bar, comme c’est beau, elle aussi aura un gros billet.

Le monsieur du désir et de la bière commence à se dire qu’elle lui a posé un lapin.

Soudain, en même temps que se fondent les odeurs de sucre du marchand de pralines et d’oignons frits du restaurant d’à côté, tandis que retentit la bande chanson du manège au bout du boulevard, que le haut-parleur d’une camionnette crache l’annonce du dernier spectacle de la saison du cirque Cric et Crac, un attroupement se fait vers le muret qui sépare le boulevard de la plage, juste à la hauteur des statues de sable des singes de la sagesse, pas-vu, pas- entendu, pas-dit. Déjà la rumeur : un type qui s’est noyé… non, il a perdu connaissance… noyé dans si peu d’eau… on dirait qu’il est mort, non ?... on a appelé les pompiers… c’est sa femme qui bouge pas, là-bas ?

Et déjà la sirène d’une ambulance, la mort passe en pointillés tremblants de lumière bleue.

Codicille :

Après inventaire et broderies imaginaires autour de plusieurs lieux, j’en ai choisi un fréquenté la veille au Grau du Roi, où je rendais pour me livrer à mon activité favorite, la nage. Donc pas de hasard, surtout si on considère mes origines méditerranéennes. Texte écrit vite et avec plaisir, la liste des personnages était plus longue, mais il m’a semblé que deux pages suffiraient… Le titre, bof, parce qu’il en faut un, il a le mérite d’évoquer un cher souvenir, Sous les pavés la plage

 



page proposée par Mireille Piris
Tiers Livre Éditeur, la revue – mentions légales.
droits & copyrights réservés à l'auteur du texte, qui reste libre en permanence de son éventuel retrait
1ère mise en ligne 13 juillet 2020 et dernière modification le 2 août 2020.
Cette page a reçu 284 visites hors robots et flux (compteur à 1 minute).

Messages

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Ajouter un document