Roubaud fait la bombe (fin)

y a-t-il une légitimité à étudier l’oeuvre de Jacques Roubaud ?


Affaire close, donc. N’étant pas enseignant, ni spécialement concerné par la reproduction des élites, et cette page étant un modeste blog personnel avec rubrique d’humeur, vous renvoie à instances légitimes, site ENS etc pour prolonger la discussion et ses réels enjeux, et où il conviendrait bien que les enseignants s’expriment enfin. Pour ma part, très heureux des nombreux échanges avec vous, les prépas, ces trois jours : si ça a pu contribuer à soutenir le moral ou compenser, tant mieux. Et, à vous suivre dans tous ces échanges, quel beau témoignage du travail effectif mené, avec rigueur et audace, par vos enseignants. On le répète, on y insiste.

Ce samedi soir, eh bien prenons un seul post pour exemple :

To the Happy Few ( of course )
Wouhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !! Stendhal ! Stendhal ! Stendhal !
Merci Merci ! Il y a encore quelques jours de cela, je voulais tuer le
poseur de bombe novice, maintenant, je voudrais le remerciiiiiier !!

Non, je plaisante. Je n’excuse absolument pas son geste. Et partage la
tristesse des roubaldiens.

Mais p*tain, mais alors, mais qu’est ce que je suis conteeeeeente
d’être tombée sur Stendhaaaaal !!!

Un sujet pas méchant du tout ... Aaah M.Crouzet ... J’ai pris plaisir
à composer ! ( pour la 1e fois de ma vie, je suis restée jusqu’à la
fin !! ) Cela ne signifie pas que j’ai réussi, loiiiiiin de là, mais
j’ai kiffé grave la vaïbe de le faire ... Ca fait du bien, de se
retrouver en compagnie de Gina, Mosca, Fab’ et Clelia ...

Voilà, tout est bien qui finit bien, pour moi, cette semaine ... Jai
hâte d’attaquer lundi ! Surtout d’être à mardi ! Allez, ce soir,
GROSSE MURGE POUR FETER CA !!

IIIIIIIIIIIIIIIIHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!! Ça m’a redonnée la patate.

Copier/coller garanti [1]. C’est encourageant. Je murge avec vous, me réjouis avec vous. Et suis moi-même lecteur assidu, depuis 1965 exactement, sans jamais année de relâche, de Stendhal [2] [3].

Et maintenant que vous avez lu ces deux petites notes, la page telle qu’elle s’est développée ces trois jours, bon pour archive. Donc :

 

Ce mercredi 23 avril, 9h30 du matin, l’écrivain Jacques-François Piquet fait suivre ce courrier d’un ou d’une étudiant[e], resté[e] anonyme. Ma réaction : « On rapportera les prochains développements. Mais si c’est ça, c’est grave. »

C’est ce qui a été fait sur cette page, avec accord de Jacques Roubaud. Ainsi, à suivre :
 [4] [5] [6] [7] [8] [9] [10] [11] [12] [13] [14] [15]

Voici, ci-dessous, ce message, où on mesure le désarroi, la passion au contemporain, aussi, de l’étudiant ou l’étudiante qui le premier ou la première, nous l’a lancé dans la toile : c’est pour cela qu’il est à respecter, intégralement, dans ses exagérations mêmes. Il ne dit pas une généralité, il s’en prend à la bêtise d’un ou d’une seule.

Et donc important de préciser que ce message évidemment ne reflète pas de position qui soit celle de Jacques Roubaud, dont la discrétion — et pour ceux qui le croisent dans la vie réelle, ça n’a rien d’un euphémisme — se serait bien passée d’une affaire qualifiée par lui-même de lamentable, ou la mienne : ma réaction, c’est seulement pour les immenses et chaleureux souvenirs de 5 ans de stage annuel avec l’ENS Ulm, et que chaque année on y a travaillé sur Roubaud, les points de départ ne manquent pas : mais si son oeuvre nous importe, c’est qu’elle est centrifuge, ramène chaque fois à des galeries imprévues de l’aventure humaine par les livres, le poème, la langue. Les résonances jusque dans les livres les plus récents (La forme d’une ville...) à l’amitié Perec sont aussi un passeport spécifique, pour ceux qui considèrent l’auteur d’Espèces d’Espaces comme un laboratoire des plus actuels. Je travaille suffisamment avec des enseignants, dans toute la France, pour savoir combien est vital, précieux, ce que nous considérons ensemble comme défense et pratique de la langue. Et Jacques insistait bien, dans sa réaction, sur l’intensité des échanges qu’avait provoqué l’inscription de son livre au programme. On en trouve témoignage sur les blogs et commentaires ayant relayé l’affaire (sa visite à Fénelon, sa conférence à Poitiers...).

Que nous ayons réagi à ce sabotage délibéré d’un ou de quelques irresponsables, au détriment de leurs camarades, est évidemment à proportion, justement, de la confiance et du respect que nous avons pour les enseignants de khâgne, et je pourrais en citer quelques-uns pour ma part..., leur engagement dans ce travail (et combien de fois aussi avoir répondu à discrète demande de mail ou n° de téléphone, je sais bien l’importance qu’ils attachent à ce croisement — pour nous, il n’y a pas opposition entre le contemporain et l’héritage, depuis toutes ces années où on lutte aussi contre l’absurde découpe par siècles de l’enseignement littéraire dans les universités françaises...).

C’est dit, et clairement. Mais je renvoie à la réaction de Benjamin Renaud, ex élève NSup, actuellement à Paris 8 : l’irresponsable qui a provoqué ce désastre se serait-il permis la même goujaterie, pour un sujet qui ne lui convenait pas, s’il ne s’agissait pas du seul texte contemporain présent, comme déjà Claude Simon ou Julien Gracq ont déjà été inscrits à ce programme, et Jacques Roubaud bien évidemment de ce gabarit : celui qui aide à vivre.

Reste aussi cette contradiction du Net : ici c’est un blog personnel, lié au travail et au quotidien d’un auteur parmi les 1700 recensés qui en vivent, les 12000 inscrits en tant que tel à SGDL et SACD. Et en plus, juste la page d’humeur de ce blog, donc pas au centre de mon travail (voir liens ci-dessus concernant les ateliers d’écriture). Au lieu de m’envoyer des bananes sous prétexte de forte consultation de tiers livre – et même si j’en suis fier, et que c’est cette large fréquentation qui me permet de lancer publie.net, le paysage serait plus sain si d’autres s’exprimaient aussi, non ? Florence Delay, Paul Fournel, tant d’autres ? De même, qu’est-ce que j’aurais été heureux de mettre en ligne, ici, au troisième jour, une réaction collective des enseignants de l’ENS ou des enseignants de prépa : quant à l’utilisation d’Internet, les étudiants sont plus réactifs. Mais ce n’est pas la première fois que je déplore ce jeu de la capuche sur la tête : jusqu’à quand les écrivains ignoreront-ils cette impération de dialogue qu’est devenu le Net ? Et vous le constatez bien, puisque vous êtes là : c’est sur le Net que ça se passe, même la presse écrite a un temps de retard... Merci, ainsi, au salutaire et inusable rezo.net d’avoir repris ce billet.

Ces éléments posés, la page telle que mise en ligne hier, pour mémoire :

[CITATION] ... par le présent message, j’aimerais porter à votre attention le fait suivant : aujourd’hui, 22 avril, dans les locaux d’Eurosites, à la Plaine Saint-Denis, avait lieu le premier volet des épreuves écrites du concours d’admission à l’ENS série Lettres et Arts : composition française. Quatre auteurs au programme : Montesquieu, Stendhal, Corneille et, surprise, Jacques Roubaud (un contemporain vivant, la chose est assez rare pour qu’on la mentionne). Certaines grandes écoles préparatoires n’avaient pas jugé bon de préparer leurs élèves à ce texte contemporain (Quelque chose noir, poésie Gallimard), sûrs qu’il ne "tomberait" pas et puis - mais là c’est moi qui suppute - peut-être un peu par mépris de la littérature contemporaine. Or, c’est le sujet Roubaud qui a été annoncé. Quelques protestations parmi certains élèves à qui les examinateurs rétorquent justement que l’oeuvre était au programme. Après quoi, comme par hasard, quarante cinq minutes avant la fin des épreuves (certains élèves étaient donc déjà sortis) alerte à la bombe, évacuation en urgence, suspension des épreuves. Après presque deux heures d’attente dans la cour (le temps de procéder aux vérifications policières de circonstances et le temps pour certains élèves d’échanger quelques infos), les élèves sont invités à regagner les salles pour terminer leur composition. Les examinateurs ont décidé de maintenir l’épreuve, sachant qu’ils s’exposent à des plaintes, voire à des actions en justice du fait que la procédure normale n’a pas été respectée. Qu’en sera-t-il ? Affaire à suivre. Pourquoi suis-je triplement irrité par ce fait somme toute banal : d’une part parce qu’il traduit une certaine injustice (l’oeuvre était au programme et certains élèves s’en sont réjouis), d’autre part parce qu’il dénote arrogance et lâcheté de la part de celui ou de ceux qui ont téléphoné pour annoncer une alerte à la bombe - nul doute qu’on ne trouvera jamais le coupable !), enfin et surtout parce qu’il met en évidence le mépris dans lequel certains professeurs tiennent la littérature contemporaine : déroger à Stendhal ou à Montesquieu leur semblait tout bonnement inconcevable, car, chacun le sait, il n’est de bons auteurs que d’auteurs morts ! Que va-t-il se passer maintenant ? les protestations de certains professeurs bien placés, de certains parents bien placés vont-elles être entendues  ? Dans ce cas, l’épreuve sera annulée. A moins que le coût engendré par une nouvelle journée d’épreuves soit dissuasif ? [FIN DE CITATION]

Et moi qui apporte toujours un livre de Jacques Roubaud dans le stage d’écriture qu’on fait chaque année avec les Normale Sup : ils vont m’exploser aussi ?

Sur Jacques Roubaud, lire le récent dossier du Matricule des Anges : pourquoi on est quelques-uns à le considérer comme un de nos grands vivants : et si vous voulez faire connaissance de l’homme avant les livres, passer chez Olivier Roller, qui l’avait photographié pour ce dossier (et à qui j’emprunte, merci ami !, photo du haut).

De même que je suis très fier d’avoir pu diffuser sur publie.net Fuji San.

Quant à Quelque chose noir, qui d’entre nous ne l’a pas en plein centre de la bibliothèque, là où la littérature est dans son oeil cyclonique, confrontée à la bascule vie mort, et qu’il y a pourtant, au plus énigmatique et opaque de la traversée, appel au langage ?

Récent portrait Roubaud : aux éditions Argol, coll Les Singuliers. Et voir bibliographie chez Ombres Blanches.

On rappelle, sans y trouver à sourire, qu’un des passages les plus hallucinants de l’oeuvre autobiographique de Jacques Roubaud, c’est la fin de Mathématique :, quand le jeune étudiant sursitaire est contraint de participer aux prévisions météo des retombées atmosphériques (que ça s’en aille vers l’Afrique noire et ne remonte pas vers la métropole) de la première bombe atomique française, à laquelle il assistera depuis le poste de contrôle, dans le sud saharien, avec des mannequins en uniformes disposés dans le désert selon cercles concentriques et exacte répartition des grades...

[1sur le même blog de haute tenue, à date du mardi 22, juste après l’épreuve, ceci : [CITATION] Car OUF ce n’était pas Montesquieu, mais PUTAIN, c’est ROUBAUD !! Roubauuuuuuuuuuud !! eh bien, maintenant, on sait qu’ils ont de l’humour à l’Ens ... Le très controversé Roubaud !! L’impasse conseillée à demi mot par le prof de littérature !!
[FIN DE CITATION] on commencerait à y voir presque clair (je souligne)...

[2Samedi 26, 22h : Je laisse le mot de la fin à ce message, un de plus, reçu à l’instant :

[CITATION] ok on a joué le jeu, on a fait cette deuxième dissertation comme de bons khagneux, par respect pour nos professeurs qui, eux, avaient eu la décence de nous faire étudier les 4 oeuvres... Nous avons traité ce sujet sur Stendhal, auteur que nous aimions pourtant pour ses élans, son sublime ou son Italie... Mais nous l’avons traité dans le noir, la mort dans l’âme, la mort d’une idée, celle des sciences humaines... comme nous avons traité les sujets d’autres matières... sous le choc... hésitant entre nos valeurs morales et le respect pour nos professeurs... Certains ont décidé de sacrifier leur place au concours pour la bonne cause... D’autres de ne pas faire ce plaisir aux détracteurs...
Mais les choses ne s’arretent pas là, elles ne font que commencer même !

L’heure est grave, il va falloir renommer notre concours, car il me semble que "lettres et sciences humaines" est un titre qu’il ne mérite plus...

Parce que des prépas parisiennes se sont trouvées face à un potentiel échec, nous voilà obligés de repasser une épreuve... J’avais le fol espoir que le jury allait être assez intelligent pour tirer au sort différents sujets, mais tous sur Roubaud, afin d’être le plus "juste" possible... Malheureusement il semble que la peur l’ait emporté, la peur d’autres formes de terrorismes peut-être...la peur d’aller au-delà de ce petit pas vers la modernité qu’avait fait le jury en choisissant Roubaud comme auteur imposé... La peur donc, ou la pression parisienne (tautologie ?)
Et c’est là ce qui me dérange : ces mêmes prépas qui se trouvaient démunies devant le sujet, par excès de snobisme et de classicisme, parce que pour elles "un bon écrivain est un écrivain mort", vont tout de même avoir l’avantage, car elles n’ont préparé que 3 auteurs sur 4... Dans tous les cas donc, "on est bien baisés", si j’ose m’exprimer ainsi...

Evidemment, certains d’entre nous vont sans doute avoir d’aussi bons résultats que les prépas parisiennes concernées... Mais là n’est pas le problème... Peu importe le résultat... Il s’agit simplement d’arrêter de nous prendre pour des benêts !

On nous enseigne que "la vaillance est notre roi", et on récompense la lâcheté et la peur
On nous enseigne l’humilité, et on récompense le snobisme littéraire
On nous enseigne les humanités et on récompense l’égoïsme d’un individu et l’irrespect pour un auteur

Notre Ecole, qu’on nous présente comme l’étendard de valeurs menacées, piétinent ces mêmes valeurs devant nos yeux, et il faudrait tout subir sans rien dire ?

Quel message pour nos hypos futurs ? "Si vous n’êtes pas contents du sujet, le sabotage est possible" ? "Lyon c’est bien... Paris c’est souverain bien ?", "En prépa on est tellement formaté que, même lorsqu’on abuse des valeurs qu’on nous enseigne, on répond par un silence soumis" ? "Tout s’efface devant la peur ?"

Ou plutôt : "Souffrez l’abus lorsqu’il rentre dans la règle....VIOLEZ LA REGLE QUANT ELLE EST UN ABUS" !?

Il est trop tard pour enfreindre la règle... Mais on doit réagir, tout ce que l’on a appris en histoire, en lettres, en philosophie (etc...) doit nous faire voir que nous entrons dans un moment grave de la pensée, de la littérature, et de l’histoire d’un des derniers dinosaures de la France...

Mobilisons-nous pour que cela ne s’arrête pas là, montrons que nous n’allons pas dans le sens de la peur et de la lâcheté, que nous ne voulons plus d’une hégémonie parisienne, et de duels silencieux qui s’opèrent depuis trop longtemps entre les Ecoles, au mépris des valeurs qu’elles nous enseignent, et des auteurs qu’elles nous imposent !

Je vous propose d’écrire chacun ce que vous pensez de tout cela... Sous n’importe quelle forme.. Je regrouperai tout ensuite et j’enverrai le tout aux grandes instances, aux membres du jury, aux journaux nationaux, à la radio, au ministère de la culture... Peu importe que l’on soit entendus ou même seulement "lus", du moment que l’on a écrit ?

[FIN DE CITATION]...

[3Samedi 26, 23h : et quand même en post-scriptum cet extrait d’un long mail d’une étudiante de .... à qui cette page ne convient pas, mais je regrette, à moi elle convient :

[CITATION] Ils ont eu devant eux des professeurs qui parfois avaient les larmes aux yeux et la voix tremblante devant le texte, mais quoi de plus humain ? Ils ont eu devant eux des professeurs qui leur ont expliqué pourquoi c’était peu probable que l’oeuvre tombe au concours, raison logique : parce que la poésie était tombée l’année précédente [FIN DE CITATION]

c’est moi FB qui souligne - eh bien si c’est ça l’explication de tout, qu’on me permette de la trouver un peu disproportionnée
à moins même que cette demande de retrait de ma page, dans un mail très long, puisse simplement laisser supposer que l’irresponsable auteur du coup de téléphone est connu de ses camarades de classe, qu’ils sont (et lui-même) littéralement effrayés de conséquences dont il n’avaient pas prévu les répercussions pour les prépas de toute la France (1200 signatures de la pétition), et pour se débarrasser du bébé on met ça sur le dos du ou des profs ? – on sort du débat initial, et moi ça ne me regarde plus : mais il serait grand, grand temps que les médiateurs autorisés se manifestent et prennent en main l’explication qui est moralement due aux étudiants, non ?
dimanche 27, 1h15 : je retire le nom du "grand lycée parisien" selon appellation convenue, dont m’est venue ce soir cette lettre, et maintiens ce que dit
.

 

 

[4Mercredi 23, 11h : réponse à l’instant de Jacques Roubaud lui-même : « Merci de m’informer. je n’étais pas du tout chaud pour que mon livre soit mis au programme d’un concours. On ne m’avait pas demandé mon avis. Mais enfin, c’était comme ça. J’ai eu l’occasion depuis le mois de septembre de rencontrer plusieurs classes, passionnées et sérieuses. Je trouve, comme ton correspondant, absolument scandaleux ce sabotage évident et je serais favorable à une diffusion large de son message. » Dont acte...

[5Confirmation ce mercredi 13h par Jean-Marie Gleize, enseignant à l’ENS Lyon, « bouleversé », qui prépare réaction collective, que l’épreuve vient d’être officiellement annulée.

[6Version des faits confirmée par un étudiant de Poitiers ayant participé aux épreuves : « Elève en khâgne je suis, comme vous, scandalisé par cette "alerte à la bombe", 20 minutes avant la fin des épreuves... Face à un théâtre du XVIIe pas forcement de mon goût, un indigeste extrait de Montesquieu et Stendhal (éprouvant à étudier), je rêvais de voir un sujet sur Roubaud apparaître en retournant la feuille sur laquelle était inscrite le sujet. Voeux
exaucés ! Puis... satisfaction du devoir réussi ! Quelle surprise ce matin. Vraisemblablement Roubaud ne tombera pas
samedi matin, vous imaginez la
déception... Ici à Poitiers nous étions prêts à disserter sur Quelque chose noir. Ils l’ont « snobé » à Paris ? Qu’ils assument... C’est honteux. » Et échange suivant : « Merci d’avoir transmis mon message à Jacques Roubaud. J’ai réellement beaucoup aimé le découvrir cette année, de même que j’ai apprécié sa conférence à la fac de Poitiers. Il nous a dit qu’il n’arrivait pas à écrire depuis que son oeuvre a été inscrite au programme de l’ENS, et beaucoup d’entre nous ont été touchés par cela. »

[717h : et maintenant des rumeurs sur les élèves à l’origine du "coup", confirmant l’idée de sabotage, dans ce blog de Baptiste Coulmont, membre du jury. Voir aussi blog Approximative et commentaires.

[8Mercredi 23, 17h30 : autre réaction d’étudiante : « A mort celui ou celle qui a provoqué l’alerte à la bombe pendant l’épreuve de français hier et à cause de qui la Fance entière va repasser l’épreuve la plus difficile et qui compte x2 (jugement totalement subjectif mais partagé) samedi matin entre les épreuves de tronc commun et la spé.
Dégoûtée. Envie d’abandonner. » On l’encourage à ne pas.

[921h30 : irruption d’une pétition en ligne (transmis par Baptiste Coulmont), le terme de sabotage est à nouveau utilisé, et mention faite par la direction de l’ENS d’un « coup de téléphone anonyme » – faire circuler...

[1022h01 : cette réaction de Benjamin Renaud, ex Ulm, maintenant PVIII, et pas loin de 200 signatures sur la pétition : faut dire, il y a moins de 24 heures...

[11Jeudi matin : nouvelles interventions sur remue.net et sur épreuves, et 277 signatures dans la nuit pour la pétition.

[12Jeudi 24 : Pierre Assouline reprend l’info à son tour, mais de trop haut bien évidemment pour lien vers nos modestes blogs...
addendum du 27 : PA refusant de faire le moindre ménage dans ses commentaires, on en arrive à situation présente : hébergement officiel par le journal Le Monde, avec liens depuis la première page, de propos diffamatoires ou gravement salissants touchant Jacques Roubaud, y compris des messages afférant à sa vie privée, du genre [CITATION] Alix Cléo, la mégère des ambassades, un beau couple de pervers [FIN DE CITATION] etc, propos que le deuil qui est le thème de Quelque Chose Noir rend encore plus indécents : comment Le Monde peut-il devenir diffuseur officiel, indexé, permanent, sous l’autorité éditoriale d’un prof de Sciences Po que le journal a lui-même propulsé en avant, au détriment de ses autres chroniqueurs, voire même de son supplément Livres, de tels propos diffamatoires et orduriers (il y en a d’autres) ? Je serais JR, je poursuivrais : et PA, et Le Monde...

[13Jeudi 24 aussi, nonfiction cite par contre tiers livre, et on y lira quelques commentaires d’étudiants présents...

[14Jeudi 24, 22h30, encore une réaction d’étudiante :
« Je suis étudiante en khâgne au Lycée Joffre de Montpellier, et comme vous, j’ai été consternée par les évènements du Mardi 22 Avril.
Mais c’est aussi le cas de tous les étudiants qui passent les épreuves écrites du concours de mon lycée. Nous restons dans l’incompréhension la plus totale, et ressentons même de la haine. Mais contre qui retourner cette haine ?
Nous étions, pour la majorité, heureux de nous confronter à un sujet portant sur l’œuvre de Jacques ROUBAUD. D’ailleurs, à choisir entre Stendhal, Montesquieu, Corneille, Roubaud, le choix est vite fait, surtout que dans une composition traitant de Quelque chose noir, on y met nos tripes.
Face à la decision du Président de l’ENS, et suite au mail que nous avons reçu, nous avons décidé de réagir en employant les moyens à notre portée. Nous avons ouvert un blog, crée un groupe de discussion, contacté nos journaux locaux afin de faire part de notre mécontentement, et enfin, signé la pétition qui circulait sur le net.
Nous ne souhaitons pas repasser l’épreuve. Si elle est la première, c’est bien pour une raison : nous sommes "frais" de nos révisions, avons eu tout le temps nécessaire pour retravailler les œuvres. Et nous n’imaginons pas vraiment la repasser apres une semaine de composition, de fatigue, de stress, mais surtout, sachant que nous allons nous confronter à des élèves issus de prépa parisiennes ayant "bien bossé leurs classiques". Et c’est vraiment là, que nous nous sentons laisés (pauvres provinciaux, nos chances d’intégrer se réduisent encore...). A qui profitera ce rattrapage ?

*je tiens à rajouter personnellement que nous n’avons pas eu le privilège de rencontrer le poète. A Paris, ils l’ont eu, la chance. Le monde est mal fait.
(je trouve inadmissible d’avoir négligé l’œuvre du poète)

Voila, je tenais à vous faire part de ma réaction, ainsi que celle de mes camarades. Nous passons demain l’épreuve de géographie, et nous envisagions, au départ, de consacrer notre week-end à la révision de l’option.

En vous remerciant par avance. »

[15Vendredi 25, matin : 1029 étudiants de prépa ont signé la pétition, je ne suis pas au courant d’une réponse de l’établissement...

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 avril 2008
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