pro | auteurs, contre l’État voleur, réclamez vos droits !

l’État s’approprie nos livres sans nous demander notre avis, on nous dépossède de la seule richesse qui fait notre vie – la loi sur les indisponibles est une goujaterie


ajout du lundi 9 septembre
- la gabegie continue : ce projet est tellement mal amorcé, l’argent public à ce point gaspillé que tout ce que l’État et la BNF ont trouvé c’est de donner 600 000 euros à une entreprise privée... pour refaire le site ReLIRE. On nous prend vraiment pour des c..., et tout ça pour commercialiser des textes secondaires mais qui nous appartiennent, et sur lesquels l’État n’a aucun droit ;
- on insiste encore et encore sur les points développés ci-dessous : se renseigner régulièrement sur vos textes insérés dans la liste ReLIRE, publications collectives comprises, et renvoyer les formulaires d’opt out ;
- pris acte que les sociétés d’auteur (SACD, SCAM, SGDL) ont pris une position nettement plus distante par rapport à un projet qu’elles ont soutenu et dans lequel elles sont mouillées jusqu’au cou, prenez le temps de bien lire leurs éditos et recommandations ;
- pour ma part, trop dégoûté par tout ça, gabegie, lobbying, incompétence à tous niveaux, je reste dans mon coin et m’occupe de mon site web, faites pareil et le problème se résoudra de lui-même.

 

ajout du mardi 30 avril
- déjà un mois de la publication de la scandaleuse liste ReLire par laquelle l’État s’approprie nos biens et les commercialise entre notre nom, avec très grande obscurité sur les clopinettes qui nous reviendront, et sans aucune garantie de qualité dans ce qui sera proposé, sans qu’on ait notre mot à dire. Si la mobilisation côté du Net a été unanime à dénoncer une bureaucratie engoncée dans des millions gâchés, tout simplement parce qu’ils n’y comprennent rien, prisonnière de lobbies comme le SNE et la SGDL qui ne défendent que leurs intérêts, la mobilisation des auteurs a été une fois de plus inexistante. Après tout, c’est peut-être ça la voie du juste : ces assemblages poussiéreux tomberont d’eux-mêmes, à mesure que passeront les ministres et les fonctionnaires... En tout cas, c’est comme ça que je le prends pour moi, pour la littérature la bagarre est dans le web, pas dans l’épicerie du livre. C’est juste la honte, vous voyez, la honte.

 

ajout du mercredi 10 avril
- pas faiblir la mobilisation contre ce gâchis monstre, je viens de m’apercevoir par exemple qu’Alexandre Vialatte se retrouvait presque entier dans cette poubelle, alors que tous les auteurs « tire-lire » comme Vian, Prévert, Michaux, Céline en ont soigneusement été écartés – comment les ayant-droits de tant de gens pourront réagir ? je rappelle mon autre article indisponibles, les auteurs entrent dans la danse, et la phrase sans appel de Claude Ponti je n’ai pas à prouver que ce qui m’appartient m’appartient, avec un magnifique dessin original que vous pouvez reprendre dans vos infos et relais...
- il semble aussi que la BNF effrayée commence à faire marche arrière, ceci dit si c’est aussi bazareux que leur marche avant on n’est pas près d’en sortir... j’ai reçu 3 mails de leur service comme quoi ils retirent mes titres avant même que mon recommandé soit parti (il partira quand même), sans papier d’identité ni déclaration sur l’honneur, ça sent la bonne vieille trouille...

 

ajout du samedi 6 avril
- soudain durcissement dans les invectives reçues, parce que soudaine inflexion de la situation : prévenus par ce billet, et tout le travail d’information mené par ActuaLitté, S.I.Lex et autres sites, les éditeurs entrent dans la danse, et ça donne une autre dimension au problème...
- et toujours cette goujaterie de base : s’approprier les textes de nos plus grands auteurs, des gens pour qui la notion d’oeuvre a toujours signifié choix éditorial précis, Armand Gatti, 89 ans, Yves Bonnefoy, 94 ans, Henri Maldiney, 99 ans – vous leur demandez de vous envoyer déclaration sur l’honneur et carte d’identité ? j’ai honte pour mon pays.

 

ajout du vendredi 5 avril
- indispensable éclaircissement sur ActuaLitté : l’analyse de Lionel Maurel (site SI.Lex/Calimaq), en réponse aux approximations de François Gèze, responsable du Syndicat National de l’Edition, membre du soi-disant conseil scientifique à l’origine du projet #Relire
- parmi les auteurs présents sur publie.net dont les titres ont été saisis sans demande préalable par la BNF, outre Michel Embareck, Lilian Bathelot, Didier Daeninckx, Jacques Roubaud, Bernard Noël, il y a aussi Claude Ponti, Régine Detambel, Michèle Kahn, Jacques Serena.... c’est dire l’échelle prise d’emblée par ce projet que personne ne maîtrise, et qui ponctionne la part la plus vive de notre activité.
- lire : Didier Daeninckx, je refuse d’être diffusé par un éditeur que je n’ai pas choisi
- plus de 8000 visites ce jour pour ce billet, la mobilisation continue et s’amplifie de tous côtés.

 

ajout du vendredi 29 mars, depuis Oujda
- voici la formule reçue de la BNF après demande de retrait :
Bonjour,
Vos demandes d’opposition n° W, X, Y, Z ont été transmises à la Sofia.
Une mention intitulée « Opposition en cours d’instruction depuis le 25/03/2013 » apparaîtra dans les prochains jours sur les notices ReLIRE des titres concernés par vos demandes.
La Sofia vous notifiera, dans un délai maximum de 3 mois, le résultat de l’instruction de votre demande.
Cordialement,
L’équipe ReLIRE - Bibliothèque nationale de France

J’ai juste à dire à la BNF que cette mention instruction, comme le juge d’instruction, est une nouvelle insulte et une nouvelle goujaterie, alors que l’opt-out est un droit strict, auquel vous devez vous plier et rien à dire. C’est inadmissible.
J’apprécie aussi le délai de 3 mois, qui prouve combien votre bureaucratie Sofia-BNF est croupie et incapable.

- complément : plus de 7 200 visites sur cette page en une semaine, j’insiste auprès des auteurs : personne ne fera la démarche à votre place, agissez, et prévenez vos amis ou collègues, à mesure que vous repérerez les ragnagnas piqués au hasard par la BNF dans nos textes hors diffusion – dites bien à vos amis et collègues que la BNF a raclé 60 000 titres, mais qu’il faudra refaire la vérif tous les trimestres, puisqu’ils sont décidés à aller jusqu’à 500 000 titres.

 

ajout du dimanche 24 mars, depuis Tanger
- plus de 4200 visiteurs en 48h pour cette page, plus sa reprise sur Actualitté (merci Nico Gary) ;
- la mobilisation se confirme, il faut absolument prévenir un par un les auteurs spoliés, d’autant que s’ils ne sont pas familiers d’Internet ils sont totalement en position de faiblesse par rapport à cette exaction de l’État, avec caution du ministère de la Culture socialiste, et confié à la BNF pour la partie basses oeuvres, au grand dégoût exprimé de bien de leurs conservateurs – le droit d’auteur est mort, et ce n’est le web qui l’a tué, c’est la bureaucratie d’État ;
- lire les nouvelles et importantes prises de position : notamment Benoît Peeters sur Mediapart (entretien), et Lionel Maurel sur SiLEX à propos de toutes les incohérences de cette loi à la va-vite, complétant les analyses d’Olivier Ertzscheid dans Affordance et de Philippe Aigrain dans Commons, ainsi que le point proposé par Actualitté.
- lire la façon dont Karl Dubost Grange redispose les cartes dans La Grange, lire aussi TheSFreader du point de vue de l’enjeu pour les ayant-droits, et lire aussi Figoblog qui tente de venir au secours du désastre annoncé, plus réaction d’Ayerdhal sur Bibliobs (et voir ci-dessous en commentaires),sans oublier ce préalable de Daniel Bourrion ;
- pour qui prendrait le train en marche, lire de Lionel Maurel : petit guide de survie à l’usage des auteurs d’oeuvres indisponibles ;
- il paraît que cette protestation qui fait tache d’huile met un peu d’ombre aux réjouissances SNE, SGDL etc dans leurs grand-messes du Salon du Livre de Paris ? zut alors, je vais pleurer...

 

Donc ça y est, malgré toutes les critiques, malgré le non-dialogue, malgré les signatures extorquées à des organisations qui ne représentent qu’elles-mêmes tout en parlant au nom des écrivains, la BNF vient de mettre en ligne le moteur de recherche des milliers de titres qu’elle s’approprie sur notre dos.

Et pourtant, qu’est-ce qu’ils en ont claqué, de l’argent public, pour condamner l’opt-out du temps où c’était Google qui mettait des livres en ligne...

La goujaterie de la BNF au service des basses oeuvres de l’État, c’est beaucoup plus sur la manière de faire, que sur l’escroquerie commerciale.

Il faut quand même commencer par l’escroquerie commerciale : dans 2 mois j’ai 60 ans, je publie depuis exactement 31 ans. Je n’ai pas d’autre travail, jamais eu de salaire fixe. J’ai commencé à cotiser à l’Agessa en 1986, ça veut dire que vers mes 68 ans, en 2021, je pourrai prétendre à une retraite d’environ 2/3 de SMIG. Ma seule possession c’est mon travail, les livres que j’ai écrits et qui font l’objet de contrats de commercialisation avec mes éditeurs successifs. Je n’ai pas d’autres revenus que ceux que je retire de l’exercice de ce métier, les livres et ce qu’il y a autour, stages, ateliers.

De ce travail qui est le mien, dans ma petite boutique d’artisan, les sbires virtuels de la BNF entrent sans frapper, ouvrent mes armoires, me piquent trois livres et disparaissent. C’est aussi simple et brutal que cela : ce que j’ai de meilleur, la seule chose qui résulte de mon travail, les sbires de la BNF viennent et me le prennent.

D’après cette loi que tout le monde a condamnée, mais que le ministère de la Culture socialiste a cautionné sans sourciller, sans doute occupé à des tas de problèmes bien plus graves que quelques plumitifs réduits à la situation de quasi clodo, la BNF devait publier la liste des ouvrages saisis par ses sbires. Même pas : on vous balance un site avec une case moteur de recherche, et à vous d’aller tâtonner à l’aveugle pour savoir lesquels de vos titres ont été raflés. Et il faudra recommencer tous les 6 mois.

Didier Daeninckx se retrouve ainsi avec 12 titres spoliés. Et il vit de quoi, le Didier, sinon de son écriture. Il paraît que ce matin une lettre recommandée est partie de la poste d’Aubervilliers à l’attention de la direction de la BNF, avec pour titre Contre le hold up. Dans les 12 titres volés à Daeninckx, À louer sans commission, numérisé par nos soins, illustrations et inserts codés par nos soins, en diffusion numérique depuis 2 ans sur publie.net et donc l’ensemble des librairies numériques qui nous diffusent. C’est ça, les indisponibles ?

Non, on essaye de se frayer notre chemin avec un travail numérique artisanal de qualité, et ils viennent nous verser leur seau de merde sur la figure, avec des numérisations faites à l’arrache, moulinette de scannage déversées au kilo sur la toile. Ce qui les gêne, c’est quoi, notre démarche ? Tout écraser autour, sauf les gros éditeurs du SNE ? Tout pour l’édition d’État, comme dans l’ancienne Allemagne de l’Est, et mort aux petits acteurs, ceux qui précisément sont le laboratoire vivant du numérique ?

C’en est même ridicule, puisque la BNF est abonnée à publie.net, ce dont nous sommes reconnaissants. La BNF paye donc des officines privées pour numériser un titre dont elle propose déjà l’accès à ses usagers. L’argent public n’est pas à ça près.

Et c’est pareil pour Lilian Bathelot avec son beau Zinedine, que nous proposons aussi depuis 2 ans en numérique, et depuis septembre dernier en papier plus numérique. Et c’est pareil pour Michel Embareck, 4 livres sous le boisseau, dont 2 que nous diffusons sur publie.net. Je n’ai pas checké tout le monde : 3 titres de Jacques Serena, 3 titres de Michèle Kahn.

Dans cette loi, un arrangement obscur qui fait que les sociétés d’auteur, la Sofia principalement, mais la Scam semble complice, se feront reverser une part de la commercialisation, et une fois payé leurs luxueux hôtels, leurs modestes salaires de direction, les aéropages de communicants qu’ils emploient, reverseront trois broquignoles à l’auteur. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de branches mortes dans ces usines à gaz détournant l’argent de la création vers ces organismes opaques, avec le droit de prêt en bibliothèque, la taxe sur la copie, le pourcentage sur les ventes de clés USB, bureaucratie qui étouffe et nous étouffe.

Pour ce qui me concerne, trois titres :
- Limite, publié chez Minuit en 1985, mon 2ème livre, mais droits repris il y a 3 ans en accord avec Irène L.. Ce livre, je ne l’ai pas numérisé, mais entièrement recopié, en installant pour chaque séquence un commentaire sur le making-of. Plutôt qu’un livre numérique, je propose depuis plusieurs mois l’accès ouvert à cette version web complètement originale. La BNF me vole un livre caduque, et commercialise sans autorisation un texte que j’ai décidé de diffuser moi-même sur mon site, dans une version enrichie, révisée et augmentée.
- 30, rue de la Poste, en 95, après 4 ans d’ateliers d’écriture à Sète et Montpellier-La Paillade, je publie au Seuil une suite de fictions brèves chaque fois liées à un visage croisé dans ces ateliers. 15 ans après, les personnages-sources de 30, rue de la Poste sont loin des ateliers d’écriture, j’ai toujours rapport avec plusieurs d’entre eux, mais si j’ai décidé de ne pas reprendre ce livre, c’est pour ne rien grever de leur vie d’aujourd’hui. La BNF passe avec son rouleau compresseur, et rafle le livre.
- Le Solitaire : vers 1991, un éditeur exigeant, toujours aux frontières du livre d’art, François-Marie Deyrolle, accueille un bref travail en binôme avec un proche ami graveur, Jacques Muron, et une série de gravures au burin spécialement crées pour ce livre à petit tirage. Qu’est-ce que l’État gagne à aller massacrer un tel travail d’édition fine ?

NOTA (samedi 23, soir) : la recherche par nom d’auteur ne vaut pas pour nos participations à des livres collectifs, ainsi je viens de trouver un 4ème texte à moi pillé, inaccessible depuis la recherche à mon nom (un hommage Aragon publié chez Stock, et bien longtemps que ce texte est disponible librement sur ce site... Au vol à l’arraché, la BNF ajoute la fourberie : ils n’ont même pas pris, dans le cas de livres collectifs, la peine de référencer les auteurs...

Donc tout faux. Ils font les poubelles, prennent les restes, au nom de la loi.

Évidemment, on nous en prévient, nous avons le droit de demander – c’est ça l’opt-out – le retrait de l’ouvrage. Le vol d’abord, et à vous de vous débrouiller pour réparer le casse.

On clique sur le formulaire et on remplit les case :
- civilité, demandent-ils, 1er critère obligatoire – et toi, BNF, t’en as eu de la civilité pour entrer chez moi et venir fouiller mes armoires ?
- engagement sur l’honneur à fournir que je suis bien l’auteur de mes propres textes – en dehors de l’absurdité, puisque c’est eux-mêmes qui me déclarent l’auteur de ce texte, sinon je ne l’aurais pas trouvé – toi, BNF, t’en as eu, de l’honneur, à venir visiter mes chiottes voir s’il n’y avait pas encore un petit épuisé à mettre dans tes poches ?
- envoyer une copie de ma carte d’identité, comme chez les flics – et toi, BNF, je peux avoir l’identité des sbires que tu as employés à ton ramassage ?

Je vais le faire cependant. Parce que je ne veux pas que s’accomplisse sur mon dos un acte de vulgaire arracheur de sac. J’accepterai l’humiliation de rédiger une déclaration sur l’honneur comme quoi j’ai l’honneur d’être moi quand j’écris mes livres, que j’ai une carte d’identité et que je paye mes impôts.

La BNF, qui a dû payer des centaines de milliers d’euros pour son site et l’informatique derrière (au moins ça de rassurant, les voleurs ont probablement dû eux-mêmes se faire voler), prévient que je n’ai pas le droit de faire la démarche en une fois pour mes 3 livres, que je dois faire 3 fois la démarche. Du nul. Et ils vont me dédommager, du temps que je vais perdre simplement pour récupérer ce qu’ils m’ont volé ? Tu parles.

Je voudrais finir là-dessus. J’ai repéré un titre de Jean-Paul Goux (son essai sur Gracq), et un titre de Philippe de la Genardière, un titre de Pierre Bergounioux : 3 auteurs que je mets très haut dans le contemporain, mais qui ont fait le choix de rester à distance des pratiques Internet. Ils ne sauront donc jamais le vol ?

Une autre aberration : la BNF propose dans le registre des indisponibles un et un seul texte de Julien Gracq, et on attend l’avis de Bernhild Boïe, l’ayant-droit, et de Corti, l’éditeur exclusif : vous a-t-on sollicité pour la reprise de ce texte, Bretagne – mais surtout : Gracq a confié à la BNF la totalité de ses manuscrits pour numérisation, cela fait 6 ans, et RIEN n’a été fait, est-ce que ça n’aurait pas été moins absurde ?

Repéré l’important essai sur Koltès de Christophe Bident, 2000, un livre qui a fait date, premier point global sur un auteur décisif. Sauf que Christophe Bident est précisément sur le point de publier une version reprise et augmentée : la loi sur les indisponibles s’en contrefout, on ramasse et on recycle au mépris de l’auteur. Et Valère Novarina, tiens, ça lui plaira, de retrouver là un truc de jeunesse (1978), comme du ramasse-miettes...

Pire. Pour deux auteurs mes aînés, pour lesquels j’ai amitié et respect, autant pour l’homme que pour l’artiste, 9 livres de Jacques Roubaud, et 10 livres de Bernard Noël. Voilà 2 de nos plus considérables auteurs, de stature internationale. Ils ont chacun, cette année, 82 ans. Cher Jacques, cher Bernard : on les condamne, à 80 ans passés, à envoyer à la BNF leur carte d’identité et leur déclaration sur l’honneur, plus 9 fois le formulaire, pour réclamer leurs biens spoliés, du ramassis de petites oeuvres dans l’interstice de l’oeuvre principale. Eh, la BNF, chez Bernard Noël il y a plein de magnifiques tableaux de grands peintres comme Roman Opalka ou Colette Deblé, ses amis : tu ne veux pas aller lui en piquer un, aussi ?

En plus, tous les conservateurs de la BNF vous diront que Jacques Roubaud continue de traîner bien souvent ses pataugas dans les salles de lecture – vous n’auriez pas pu le prévenir ? Et Bernard Noël, POL a entamé la publication de ses oeuvres complètes. En admettant que nous n’ayez pas son e-mail, à nonoleon (c’est comme ça que commence son mail), POL ça ne vous dit rien, ça ne figure pas dans vos répertoires ?

Là, c’est la goujaterie qui s’ajoute au vol. Je n’aurais jamais cru ça de mon pays. Je croyais aussi que la BNF était précisément une institution qui se portait garante que certains territoires resteraient à l’écart de la cochonnerie du monde.

J’ai honte. Juste : je ne me laisserai pas faire. Et vous appelle vous tous, auteurs, et même vous tous, qui n’avez pas jugé utile de venir expérimenter avec nous la diffusion numérique, qui n’est pas une affaire de moulinette et de vente au kilo, mais d’accompagnement, de mise en place, de propulsion, de solidarité réseau, à aller farfouiller dans le champ recherche de la caverne des voleurs – ne les laissez pas vous spolier, faites la demande de retrait. Transmettez le message autour de vous, à chacun de vos amis auteurs concernés.

Merde à l’État, merde à la BNF. Ils n’ont plus notre confiance. Nous avons tout accepté, et même notre réduction à l’état de quasi clodo. Mais le pur dépouillement, vol par effraction, parce que notre travail c’est notre seul bien, on ne laissera pas passer.


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1ère mise en ligne 23 mars 2013 et dernière modification le 9 septembre 2013
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