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Barnes & Noble Brooklyn, rayon writer’s help, suite


Note d’août 2017 : attelé à un projet dont le titre de travail est Guide 2018 de l’écrire web, je reparcoure ces titres et couvs, à l’amorce de ma propre collection (je suis bon public, je les achète un peu sysématiquement), là lors d’un passage au Barnes & Noble de Brooklyn en 2013.

Toujours le même paradoxe, petit sourire à ce qui est devenu au US un marché aux productions plutôt opportunistes, voire douteuses, mais qui réserve aussi de véritables perles – depuis le fondateur Art of fiction, craft for young writers de John Gardner, figure tutélaire de l’histoire du creative writing, et qu’il nous faut développer comme vrai lieu de gestation littéraire, dans la tradition française qui en fait aussi de magnifiques outils de recherche, comme Espèces d’espaces de Perec ou En lisant en écrivant de Gracq.

J’étais venu en novembre dernier au Barnes & Noble Brooklyn, et avais plus centré les photos sur la promotion numérique du Nook dans la librairie physique. Voir : Barnes & Noble Brooklyn, une visite, ou ce billet plus ancien (2007), rayon writer’s aid.

Cette fois, avec le stage destiné aux enseignants et thésards de la NYU et toutes les discussions qui ont résulté de leur fréquentation des MFA de creative writing, les questions remontent avec d’autant plus de force sur méthode française et méthode américaine, sur la normalisation de la langue et les genres.

Et d’autant moins gratuites, ces discussions, qu’elles sont reposées avec force par le rapide développement de l’écriture créative dans les facs, éventuellement densifiées par un master (Paris VIII, Le Havre, Toulouse) aux ambitions pour l’instant hésitantes.

Raison supplémentaire donc d’aller voir de près les revues (chacun des MFA les plus prestigieux dispose de la sienne) et les livres émanant d’écrivains responsables de ces cursus.

Alors retour au Barnes & Noble Brooklyn et foncer directement rayon writers help. Sur l’étagère du haut, how to publish your book, pas loin déjà d’une vingtaine d’ouvrages. Quant aux guides d’écriture, c’est leur spécialisation qui pourrait d’abord faire peur, comment écrire de la fiction pour les enfants, comment écrire de la fiction pour les adolescents, comment écrire de la non-fiction etc. Des 80 ou100 livres feuilletés, je suis bon public : prêt à l’enfourner dans mon sac pour rapatriement et ajout à ma boîte à outils personnelle. Construction du personnage, analyse des situations, inventaire des situations selon l’étape narrative, 100 conseils ou 1000 conseils, il y a vraiment de tout. Je repartirai avec seulement 5, et une facture de 78 $ (en France, ça aurait été bien plus cher).

S’amuser de celle qui a repris à Gertrude Stein son titre fabuleux How to write et quand même, par petite précaution, a intitulé son gros guide mort How to write it.

De drôles de rêves qui viennent en tête, prendre ces 130 ou 140 bouquins regorgeant de conseils pour livres inutiles et écritures normées, et faire un faux guide tout inventé qui serait, lui, une piste pour l’imaginaire. Puisque l’important c’est plus de rêver aux livres qui n’existent pas encore, et que tout d’un coup on croit possibles.

Alors juste un petit tour des couvs, pour le plaisir.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 22 mai 2013 et dernière modification le 19 août 2017
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