#construire #05 | fenêtre en contre-jour

Grand rectangle de verre tanné ; attrape lumière comme attrape-rêves. Porosité du verre ancien. Vitre fatiguée aux saisons de pluies, de bruines, d’étés brûlants. Écran matière. Dehors ramené au plan : ciel à travers. Mur brique aveugle. Cheminées. Œil traverse. Battements d’ailes, nuages, passés au tamis des matières. Rester là voir. Bribes. Coulures. Poussières. S’absorber aux lueurs. Guetter l’instant. Non. Plutôt se dissoudre. Image mentale rémanente. Je me souviens de ces heures et de la ville en deçà. Parfois une voix, un cri, des pas dans l’escalier. Oui quelqu’un derrière le mur, poussait son cri Tourette. C’était quand. C’était là. Œil prend mesure du temps. Devant-dedans deux pommes pourrissent en contre-jour; nappe mexicaine décolorée; miettes durcies; plat bleu. Transe immobile ou danse de mort invisible à œil nu. Vitrail entrailles, vitrail poussière : te souvenir de vitres sales ; de toutes les vitres de toutes les salles ; de toutes les vitres de toutes les chambres ; vitrail de crasse en contre-jour : fenêtre sur cour





A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

4 commentaires à propos de “#construire #05 | fenêtre en contre-jour”

  1. « Œil prend mesure du temps »
    Merci Nathalie d’ouvrir le bal et de m’ouvrir ainsi les yeux sur cette proposition insaisissable.
    « attrape lumière comme attrape-rêves »
    Merci, merci.

    • proposition casse tête, on s’y met quand même (bon-bah) et même y revenir… Merci Ugo de passer.