Groucho Marx : »Jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre«
On n’est jamais sûr de rien, comment est-ce que ça peut tourner, dans quel sens, direction façon style factures recommandations aléas divagations mais sûrement pas linéaire – ou peut-être que si : des épisodes les uns à la suite des autres dans le temps, il a bien fallu que ça commence quelque part, à un certain moment – tout ensemble tout le temps – il faudrait arrêter le temps à une certaine heure pâle de la nuit (un peu comme quand on change d’heure – c’est pour bientôt c’est pour ça – c’est toujours pour bientôt d’ailleurs ou alors ça vient juste de passer – jet lag, soit décalage horaire, soit aller vers la lune et en revenir et gagner quelques dizaines de minutes si j’ai compris – tout ça est restreint, rare, difficile à suivre un peu comme ce chat dans sa boîte qui n’y est sans doute que peu ou rarement ou pas)
– ça ne tentera pas de se prendre trop au sérieux (faire les choses sérieusement a toujours été pourtant un des principes professionnels basiques (être à l’heure en est un autre) – en est-on à la profession ? Toute peine mérite salaire, mais est-ce une peine ? Ce n’est pas un travail rémunéré – il paraît que certains comptent les heures un peu comme les coureurs à pied (quelle pitié) comptent leurs pas lors de leurs entraînements)
– ça ne pourrait pas être un livre d’un genre particulier (de la littérature), de gare, eau-de-rose, porno soft ou hard, développement personnel (je passe en revue les étals et les classements de bibliothèques – fantaisie ou -sy, héroïc ou pas, science-fiction ou fantastique – philo sciences hu grises pour enfants jeunesse vieillesse bassesse – ça ne peut guère côtoyer ou frôler ces genres)
– ce ne serait pas un témoignage il n’y faudrait pas trouver de je mais comment s’exprimer, il ne faudrait pas de narrateur.ice omniscient.e (on devrait pouvoir se passer de l’inclusive mais comment faire pour ne pas entraîner avec soi le pouvoir du dominant ?) – il se peut que quelqu’un.e parle tout de même mais il n’y a pas de dialogue à proprement parler (je peux bien en parler puisqu’il est en phase terminale – comme on le dit du crabe – on ne devrait pas évoquer ce type de corrélation) (la superstition guette à chaque coin de mot – il y a toujours cette façon de questionner les cartes, les lignes de la main, le marc de café les astres les iris les rides les plis les mains les taches – « on passe la nuit claire à boire/on danse en frappant dans ses mains » disait le poète – chantait le Livi – très jolie d’ailleurs le « j’aimais déjà les étrangères quand j’étais un petit enfant » très jolie vraiment) une histoire d’amour alors (comme toutes les chansons le sont) mais quelque chose de vivant : évidemment, ce ne peut pas être quelque chose de mort (comme le bras du Blaise) donc il faut que ça vive, que ça se déchaîne, pas morne, pas illisible, pas compliqué
– ce serait plus facile de dire ce qu’on voudrait que ça soit
– ce ne sera pas écologique ni politiquement correct ni moralement compatible avec l’horreur la saloperie la trahison le cynisme*, non, on n’y parlera pas de viande ou de végé de tatouages de LGBTQIA+ ou alors subrepticement par énigmes, on ne dévoilera pas la fin on n’en écrira pas ou on ne le saura pas on ne se prendra pas les pieds et les idées dans des soft (c’est fait ça) ou des pas-la-rèf on tentera d’oublier les trucs tics tocs (hein) de l’époque les toxics et les du coup mobilités douces voilà technocrates et autres politiciens véreux (lapalissade ?) et leurs pendants féminins, les bracelets aux chevilles électroniques abus de biens sociaux et autres – les faits rien que les faits bannies les vérités alternatives fake niouzes fact tchéquin’ balivernes trompe-couillons et autres ectoplasmes
– oubliées les tournures journalistiques il y en aurait des caisses des conteneurs entiers ça comblerait les décharges de Bombay ou d’ailleurs l’océan Pacifique et ses îles de plastique les océans entiers l’Indien comme l’Atlantique – essayer de penser par soi-même on est obligé de positiver, de progresser comme disait Vernant
– éviter le name dropping, pas comme ici alors ? Pas comme ici
– en tout les cas il sera interdit parfaitement et strictement verboten forbiden vietato pro(h)ibido muhrram ou haram kindan de mentir pour vous perdre ou pour quoi que ce soit d’autre
(*) par exemple, le Chili : voilà un type qui avait sept ans en septembre soixante-treize vers le milieu du mois, un père qui avait servi dans l’armée allemande et qui s’était enfui après la guerre (la deuxième, dite mondiale) parce que tu comprends bien que étant donnés ses états de service, passons* – pas mal de frères et sœurs – (une famille bien sous tous rapports ? what the fuck ?) – dans une petite ville à trente kilomètres au sud de Santiago, la réforme agraire entreprise par Allende deux ou trois ans plus tôt et son gouvernement avait dépossédé les latifondistes (très probablement) – et voilà que vers le milieu de ce mois de septembre soixante-treize se forment des milices qui se chargent de faire régner un ordre ordurier comme ils le sont tous et tuent assassinent torturent violentent – personne d’entre eux ne sera inquiété – le type avait alors 7 ans il a juré le 11 de mois (probablement sur la bible) qu’il ferait son devoir
(* : l’allégeance de son père au maître d’alors (comme celle que ce même père vouait au fürher du reich numéro 3), un général qui mourut dans un lit d’hôpital et une royauté (zeugme) comme un homme digne de ce nom, qui se nommait pinochet, cette allégeance abjecte n’est pas à démontrer, comme elle ne l’est pas non plus pour celui-là – acronyme JAK)
Tu me mets toujours au travail quand je te lis. Merci Piero
ça ne tentera pas/ça ne pourrait pas/ce ne serait pas/ce ne sera pas/oubliées/éviter : tout y passe ou presque le futur le conditionnel le participe passé l’infinitif bref ça/ce s’écrit et c’est magique de lire en négatif. merci.
eh oui, difficile d’écrire en négatif
on commence toujours à écrire quelque chose qui ressemble à une histoire/ on finit toujours par en commencer une
et j’aimerais bien lire cette histoire finalement esquissée en note
Quelle traversée…
Le dedans, le dehors, les dessus-dessous.
Impressionnée par cette écriture toute en interstices
A (pour)suivre…