Dans ma famille on sortait l’atlas comme on sortait le dictionnaire pour se départager, pour préciser, pour vérifier, pour apprendre. On aimait les cartes, toutes les cartes, les routières comme celles de randonnées qu’on appelait carte d’état-major. On aimait tout, leur utilité, leur esthétique et tous les secrets qu’elles dévoilent : les frontières, les routes, les fleuves et les rivières, les côtes, les montagnes, les cols, les passages. On avait du respect pour les cartes. Du respect pour le travail des créateurs de carte, les découvreurs, les géomètres, les dessinateurs, les coloristes, les inventeurs de légende… On apprenait à lire les cartes, l’orientation, l’échelle, les courbes de niveau… On rêvait sur les cartes. Aujourd’hui encore il me semble inimaginable de séjourner quelque part sans disposer de la carte des environs ; je me sens comme perdue au milieu de nulle part. En revanche, je ne suis pas assez pointilleuse sur la date d’édition des cartes et cela peut me jouer des tours, car le monde change, les routes, les côtes, les rivières et les fleuves, les lacs et les gouffres… alors j’aime les archives cartographiques d’une grande passion comme le service de l’institut national géographique qui s’appelle remonter le temps.
L’homme orange chevauche la planète comme si la boule terre était une balle de golf. Il renomme à loisir les golfes et s’emparerait volontiers de tous ses voisins. Son mépris de la géographie est légendaire et le péage son unique solution au problème de franchissement des seuils. Fier de son ignorance des cartes, il vient d’apprendre où se situe le détroit d’Ormuz. La géographie ça sert aussi à faire la guerre ; qui a dit ça déjà ?Il me semble que c’est le titre d’un livre.
ça sert d’abord, Yves Lacoste, 1976, jamais lu
et ça : Mourir par Ormuz ? par Michaël Fœssel
https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/mourir-par-ormuz-par-michael-foessel-20260430_Y76KIYLUJVAPVL7DKMFS4UUGQI/
je l’offre à qui veut le lire