Tous les mercredis, c’était « le » jour! j’allais chercher mon fascicule de Tout l’univers. Je n’en comprenais pas vraiment le principe mais ce titre me fascinait. Au bout d’un certain nombre de fascicules, (et je ne me rappelle plus combien), on avait une couverture rouge en simili cuir avec un dos aux lettres dorés qui faisait ancien, « authentique ». Il suffisait de glisser les fascicules et on avait une vraie encyclopédie à petit prix, enfin je veux dire , une encyclopédie à la portée de tous de presque tous… je me sentais très privilégiée d’avoir mon fascicule toutes les semaines. après , je le feuilletais et je découvrais « tout l’univers ». je me souviens qu’au dos de chaque fascicule, il y avait des fac-similés de plaques d’impression de l ‘Encyclopédie de Diderot et d’Alembart au graphisme à l’encre de chine, tout y était très détaillé, alors qu’à l’ intérieur, j’y trouvais des cartes, des atlas sur tous pays, des populations costumées et les détails de mâchoires de cachalots, des planches anatomiques du corps humains, bref , tout ce qu’ on pouvait trouver sur notre belle planète… et dans notre système solaire…. Chaque semaine, une nouvelle découverte, l’ordre m ‘en échappait complètement, je ne comprenais pas pourquoi, cette encyclopédie, cumulait les dossiers sans ordre apparent et ma frustration était telle que je me décourageais à posséder cette encyclopédie terminée pour voir, enfin, le monde entier, tenir dans des tomes rouges et dorés …Je finissais par croire à « un attrape-nigaud » et je me décourageais à aller chercher mon fascicule… le pire c ‘était quand je devais faire un exposé pour ma classe de CM2 et que cette accumulation de livrets commencé en CE2 ne traitait pas de la question demandée par la maitresse. Non décidément cette encyclopédie à l ‘air savante ne me servait à rien… mon père convaincu du contraire, était persuadé que je deviendrais une très grande savante grâce à ces fascicules ne me donnait d ‘argent de poche que pour en acheter. Constituer une bibliothèque sur tout l ‘univers était un objectif familial, un héritage que je transmettrais à mes enfants… jJ’étais portant la seule à la feuilleter, ma mère et ma soeur étaient bien occupées à autre chose et mon père partait tous les jours en pardessus et mallette pour devenir cadre. Malgré tout ce que j’en pensais au fond , je continuais d’aller en ville pour l’ achat du fameux fascicule car ma fenêtre sur le monde était bien réduite et le bibliobus ne passait qu’une fois par mois…