Volume qui vient | 111129
tiens dans l’ouverture que le texte me ménage, que j’ai cru deviner. Je laisse l’intrigue ouverte, je laisse le volume ouvert devant moi. Je transforme un texte en espace, un document en volume, en scène. Je suis la mouche volant dans le volume de la pièce. Je ne fais rien dire au texte. Je dois m’appliquer à ne rien faire dire au texte. Je le laisse suspendu. Les textes restent flottants, restent mouvants devant moi. Je laisse se former un nuage devant moi.
Non je ne suis pas pris par le temps. Je ne tiens pas une chronique. Je ménage des blancs, des ombres. Ma seule occupation est de laisser des ombres se faire et glisser dans des espaces textuels. Une respiration peut-être. On entend une respiration. J’ai tout le temps. J’ai tout le volume du livre à venir devant moi, le blanc du texte. Je fais monter le blanc en neige, prendre en mayonnaise, tourner en yaourt. Le blanc dans le texte est le blanc de l’œuf. Le blanc prend de la consistance. Je fais passer des nuées, bancs de brouillard. Des passages de nuages. Un paysage nébuleux, parsemé de nettetés. Constellé d’éclats. (Nuées blanches ou dorées, écrans, volutes séparant les scènes, noyant le paysage — le divisant — dans les peintures de paravents et rouleaux japonais.)
Volume qui vient forme un ensemble tel que : l’on retrouve un soupçon d’une séquence dans l’autre ; d’une séquence à l’autre on ne sait à qui attribuer les pronoms personnels ; les séquences y glissent comme des cloisons de papiers coulissantes ; l’on y évolue à l’aise ou avec détachement ; le fondu au blanc en est le liant ; l’on y sent se développer