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2. Notes – Récit et bascule au château d’If
L’instant d’avant, long. Un long temps qui s’achevait longtemps. En quoi était-il encore enfance ? En quoi le resterait-il ? Y resterait-t-elle ?
L’instant d’après ne finissait pas. Transition repérée un hiver. Col roulé blanc. Y avait-il même eu un après ? Il semblait arrêté tant il durait. Il était fermeture. Accès coupés, routes barrées. Déviations inattendues en cul-de-sac. C’était l’instant d’une île. Isolement, refuge ou châtiment. Et on ne quitte pas toujours le château d’If muni d’une carte au trésor. En revanche, demande-le à Dantes, on ne s’en échappe qu’en prenant la place d’un mort.
Repérage. Un soir, celui du col roulé blanc. Inquiète. Acérée. Elle avait commencé à lui parler de la maladie de sa mère, dans l’embrasure d’une porte haute. Il avait davantage écouté le quelqu’un d’autre qui apparaissait depuis quelques temps que l’histoire, qu’il connaissait dans sa forme d’avant. Il savait que la forme du maintenant était redoutable.
Et puis l’enfermement sur l’île du huit-clos, le tête-à-tête infernal qui cherche ses issues alors qu’il condamne les fenêtres. Noter que l’île, c’est le huit-clos, la garantie du sans-autre autant que son danger mortel. Mourir sur l’île ou s’en échapper en jouant la mort.
Traduire peut-être que « sans-autre », ça veut dire que rien n’est admis dans la suffisance de l’île. L’enfermement, c’est le compact, le saturé. Le pas de fente. Que rien ne manque. C’est notamment pour ça, pour trouver un peu de mobilité, qu’elle négocie avec ce rien, qui finalement la mange.
Encore des explications.
Une bascule repérable, mais insaisissable. Rien qu’une continuité forcée, un ruban qu’on maintient tendu parce qu’il ne veut pas de la coupure inaugurale. Un commencement qui ne cesse de se refuser. Comment alors dire ce refus, cette bascule inversée, autrement que par un récit, par les interstices qu’il laisse ? La bascule, c’est les interstices.
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