001112 | Vibreur
moi ou bien, je fais un bruit pas possible avec ma respiration, avec mon frottement, en survêtement, je fais un de ces bruits avec ma fuite. On m’entend fuir de loin. Un bruit me saisit. Ce qui me suspend dans mon mouvement. C’est la peur. C’est quoi ce tout petit bruit ? Ça fait peur soudain, ça n’est pas moi, ou bien je me fais peur. C’est sous moi. Je m’arrête, souffle. Ça s’arrête. C’était moi, ou n’est rien.
Je me fais peur toute seule avec le bruit que je fais quand j’entre en contact avec moi-même sous la forme d’un bruit de l’extérieur, comme le sac en plastique. Je regarde autour de lui. De moi. Mon champ de vision est là. Pas ce que je fuis. Je regarde et ne vois rien qui se fuie : des arbres. Le sac a son tout petit bruit à lui, tremblant, pris dans la fougère morte : en plastique. Blanc. C’était lui ? Alors c’était lui le bruit ? Je tombe des yeux sur le blanc du sac.
Je me penche sur le blanc. Je me laisse descendre vers le sac. Je prends le sac par un bout. Je le prends entre deux doigts. Il a deux fentes pour passer une main. Toute une main comme la mienne. Je le tiens à deux doigts. Je regarde dans le blanc du sac. Vérifiant qu’il est vide, en lui gardant sa forme froissée. Je ne défroisse pas le sac, pour le bruit. J’évite le bruit dans le silence environnant, mon environnement est silence, à part le bruit sur moi encore, timide, que fait ma respiration. J’approche mes yeux de l’entrée du sac. Ce faisant involontairement je sens l’intérieur du sac, l’odeur du sac me vient. Le sac a cette odeur, neutre, ou qui n’évoque rien, ou rien de spécial. Sauf le plastique. Je vois un petit glaçon au fond. Ou qui sent le neuf. Ou alors vaguement une armoire. Le vieux. Ou le vieux propre. C’est un petit glaçon moulé dans un pli du plastique du sac au fond, avec une bulle d’air dedans. Le sac est l’écrin du glaçon. Sac à glaçon. Alors soigneusement je le repose. Et je le remets en place. Parfaitement en place. Je le replace sous la fougère, sans forcer, sans changer sa forme, toujours dans le plus grand silence qui m’entoure, dans la zone de