# Chroniques # 3

# 1 / Le monde ne va pas très bien, mais il y a de nouvelles générations.

# 3 /  » Prison bourgeoise  » : La petite bourgeoisie de province se retrouve dans les cliniques Françaises. Souvent ce n’est pas de la bourgeoisie. Ce sont des êtres différents. Des fils et filles de classe moyenne. Ils ne deviendront rien. Personne. A cause de leur intelligence. Des hospitalisations qui mènent à la pauvreté. Valait-il mieux que je trouve du travail ou bien que je fasse une pause. En clinique. M.R. avait inventé le RMI. On buvait notre RMI. Le travail c’était l’atelier. On était en bleu de travail. On était des apprentis. On touchait un pécule plus notre aide sociale. On vient du fond de l’atelier. Notre écriture est imprécise. Par contre tout ce que je vais vous raconter est vrai. Les médicaments, les locaux, les chambres, les infirmiers, les médecins, le nom des unités. Tout me revient. 30 ans à servir de cobaye. 30 ans de psychiatrie, pour t’entendre dire petit bourgeois. Ce qui nous attendait, on ne le savait pas, on se levait tôt. J’ai commencé à écrire. En 1996 j’étais rentré dans la maison de repos de la Mgen. Avec pour but de récolter pendant ces presque trente ans ce que je pouvais comme renseignement. Personne ne m’en avait donné l’ordre mais mon père m’avait dit de lire et d’écrire. Donc j’ai eu l’idée d’une sorte d’infiltration – immersion – dans le milieu psychiatrique. Ce barman était un pauvre gars costaud mais d’une intelligence pauvre. Il m’a tout pris. Mes vêtements et mon argent. J’ai couché quelques fois avec J. Laurent me faisait peur « ses sœurs vont te trouver et te tuer. » J’ai vraiment eu la trouille. Après j’ai été chassé de mon quartier. Je me souviens de ces bars près de Tobie Robatel où je buvais de la buckler. Plus ce bar de nuit pour les alcooliques. Il cherchait une algérienne pour faire un mariage blanc pour avoir des papiers. Il avait une photo sur lui. Il cherchait son ex-femme. Elle avait habité dans le quartier. J’ai tué quelqu’un, mais je ne sais pas qui c’était. A coup de couteau, c’est vrai que depuis longtemps, depuis Paris, j’avais toujours une lame sur moi. J’ai tué un flic et j’ai mis enceinte une jeune femme. Elle vit encore. Je l’ai chassé de chez moi. Puis C. est venue habiter chez moi. Je l’ai vu et j’ai pensé qu’elle pouvait m’aider. C’est bien d’aider les gens de la rue, mais c’est extrêmement difficile. Celle qui m’aimera vraiment aura compris que je suis précieux. Depuis j’écris. Elle voulait me tuer et venir habiter avec S. Un toxicomane du septième. De la Thibaudière. Ces voyous n’ont pas été retrouvé. Depuis je lis et j’écris pour réparer. Je dis j’ai tué un flic, ça je n’en sais rien. Ni même si c‘est mon couteau ni si c’est moi qui ai porté les coups. Voilà pourquoi autour de moi c’est le silence. Quand on dit mon nom certains se moquent, mais les autres se taisent. C. m’a sauvé la vie. Et un pompier aussi. Quand au Dct L. membre d’Interpol je ne le revis jamais. Il y a eu ces tocs.  Quand j’étais enfant dans un train corail, un homme m’a approché et m’a donné un livre X. Ensuite je me suis masturbé dans mon lit dans le salon de mes grands-parents ensuite je suis resté enfermé avec mon forfait dans les poubelles centrale de l’immeuble de la Madeleine à Nice. Je suis retourné à la porte de l’appartement, j’ai entendu du bruit. Donc je suis déscendu. J’ai passé une partie de la nuit dehors sur les escaliers qui donnait l’accès à l’immeuble. La pauvreté je l’ai vécu et je m’en suis relevé difficilement. Parfois j’aimerais en parler avec un copain, mais c’est impossible, cela reste une blessure silencieuse.

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