Je suis sur le sable ; le soleil au zénith. Je suis assise sur le sable, mes pieds nus s’enfoncent dans la chaleur. Le paysage devant mes yeux est immense. Les contours de la crique débordent mon regard. Un îlot de rochers me fait face. Le ciel si bleu est immensément vide. La surface de la mer en mille scintillements. Un grand cygne brun suivi de ses petits flotte au gré des vaguelettes qui vont mourir sur le bord de la plage. Une voix se répand dans l’air, elle souffle quelques mots que je ne comprends pas. Je regarde autour de moi, il n’y a personne. J’aimerais aller nager si je pouvais me lever. Je m’allonge sur le sable. Sous mes paupières le soleil, membrane rouge. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La surface de la mer en mille scintillements. Les bras verdis par la transparence de l’eau, flotter les yeux grand ouverts en apercevant le reflet vif des poissons qui entrent et ressortent des buissons d’algues. Certains très colorés s’attardent dans un bouquet d’anémones. La musique surgit du profond, un son organique qui traverse le corps. Un son irrésistible qui appelle depuis les fonds. Je frappe l’eau de mes bras, de mes jambes, je bats des jambes encore plus fort pour m’échapper. Des gestes désordonnés pour ne pas être aspirée. Cela pourrait se produire je le sens. Je ne veux pas retourner tout au fond.
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un bouquet d’anémones déposé sur la table un panier rempli de victuailles d’où jaillissent des feuilles de poireaux il n’y a personne dans la cuisine ni dans le séjour la porte-fenêtre est ouverte je sors dans le jardin et monte un petit escalier sur le terre-plein sa silhouette tournée vers les champs au pied de la colline qui se retourne vers moi en souriant sourire tellement large comme extatique elle désigne la colline qui est presque une montagne à mon tour je regarde la colline qui s’élève autant qu’une montagne je souris aussi en regardant l’étendue des champs qui s’étalent jusqu’à la montagne je souris tout en pressentant je ne sais quoi dans l’environnement qui nous entoure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
sur le terre-plein sa silhouette tournée vers les champs ses habits flottent autour de son corps je l’appelle elle ne répond pas le vent fait claquer ses vêtements sur son corps je m’approche et tourne autour d’elle je vois ce que j’avais peur de voir je saute par-dessus le muret du terre-plein les champs sont secs et rasés je commence à courir avec mes cuisses de plus en plus lourdes il faut que j’arrive au pied de la montagne près des hautes herbes et des arbres
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Sous mes paupières le soleil, membrane rouge. Rouge et orange qui se mêlent en longs méandres qui s’écoulent avec du jaune aussi qui s’enroulent en spirales qui s’assombrissent ou s’éclaircissent qui s’éloignent ou se rejoignent. Je flotte sur un champ de forces, la tête en arrière. Des cris d’oiseaux émiettés dans l’espace. Des cris d’oiseaux comme signes de retrouvailles. Il faut rester immobile. Sans chercher à ouvrir les yeux.
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