#arts de la fiction #01 | Descente

Je suis dans une grotte ; il fait nuit. La couverture bouge. Les enfants respirent, soulèvent le tissu, qui retombe aussitôt. Je marche vers la sortie. La couverture ne bouge plus. J’accélère le pas, pose ma main sur la paroi de molasse. C’est froid. Ça devient gluant, poisseux. Je suis arrêté sous la cheminée. J’y regarde la lune. Un bouchon sur une bouteille. J’ai soif. Je marche vers la sortie. Le vent dehors fait bouger les branches. La couverture bouge mais à peine. Elle est pleine de trous. Une petite fille s’est levée. Elle me touche la jambe. Je sursaute. Elle porte une robe noire. Non, me dit-elle, je ne m’appelle pas Rose. Elle me prend la main : viens. Nous sortons. Je m’appelle Florida. C’est un drôle de nom, dit quelqu’un. Qui ? Je suis maintenant descendu en zigzaguant entre les arbres. Je trempe mes pieds dans la rivière. C’est froid ; ça fait du bien ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. Je suis maintenant descendu en zigzaguant entre les arbres. Des hêtres. Des épicéas. Cela n’en finit pas de descendre. La terre monte autour de moi. J’entre dans un chemin creux. J’avance vers le bas. Je m’enfonce. J’ai de l’eau jusqu’au genoux mais je continue à avancer. Je nage avec peine entre les troncs submergés, les oiseaux morts et les poissons. Au bout, il y a un mur. Je le tâte : aucune porte. Il faut que je remonte à la surface pour respirer. Je pousse un cri quand je trouve l’air libre. Le soleil cogne ma tête nue ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… Au bout, il y a un mur. Il doit faire vingt mètres de haut et il est impossible de connaître sa largeur, qui semble infinie. Je marche le long du mur, mais la pente est trop escarpée pour que j’avance assez vite. Je m’appuie. Soudain, tout s’écroule. Je suis enseveli sous les gravats mais il y a de place. Je marche dans une sorte de tunnel. Une voix m’appelle. Je cours vers elle. Que dit-elle ? Je m’arrête un instant pour l’écouter mais le seul son qui reste est le tic-tac régulier d’une montre. Je jette un œil à mon poignet. Il est nu. Je retourne en arrière. Il y a deux portes : laquelle choisir ? Je frappe à la première porte. « Qu’est-ce que c’est ? » Une voix de vieille femme. Je frappe à la seconde porte. Rien ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. Je jette un œil à mon poignet. Il est en sang. Pourtant je ne sens rien. Je déchire une manche de ma chemise pour en faire un garrot mais ce n’est pas nécessaire. Le sang a cessé de couler. Je m’assieds sur le sol froid. De la molasse. Il faudrait faire du feu mais je n’ai pas d’allumettes. J’ai faim. Je fouille dans mon sac à dos. Il ne me reste qu’une barre chocolatée. J’ouvre l’emballage. C’est vide. Où sont-ils tous passés ?

A propos de Vincent Francey

Enseignant, chanteur et clarinettiste amateur, je vis dans la région de Fribourg, en Suisse, et suis passionné de lecture et d'écriture depuis toujours, notamment via mon site a href="https://www.lie-tes-ratures.com/">lie tes ratures mais aussi sur un blog né à la suite de l'atelier d'été sur la ville : fribourgs.com. Auteur d'un livre autoédité, Je de mots, dictionnaire intime, je suis également présent sur YouTube pour, entre autres expérimentations, y parler de mes lectures.

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