Je me souviens des notes graves, du timbre parfois vibrant, de la beauté éphémère. Un enfant dans un coin de capharnaum. Mon enfant qui chante. J’ai fait cette beauté, moi ? Sans doute, une ancienne partie de moi a fait cela.
Je fouille partout en m’efforçant de ne pas effleurer sa nonchalance.
Je prends l’essentiel. Le classique exercice du départ en cinq minutes. Que sont les choses essentielles quand on doit partir ? Doit-on préférer le vital ou bien le symbolique ? Mon violon bien-sûr, il fait partie des deux catégories, comment vivre sans. Et c’est déjà trop. Quel orgueil, un violon vraiment ? Vous n’avez pas pris de quoi manger pour votre enfant ? Il faut donc se limiter au choses vitales et abandonner son envie de vivre.
Des compotes. Boîtes dérisoires qui seront oubliées. Du papier-cul. Du trivial indispensable.
Je pars de cette maison qui demain ne sera plus une maison. Ce sera un trou moche. Des restes à piller. Une poupée cassée au sommet d’une décharge. Je pense au sort réservé à ce qui restera.
Je me souviens des notes sourdes, des murs vibrants, de la beauté éphémère.