A propos de Catherine Plée

Je sais pas qui suis-je ? Quelqu'un quelque part, je crois, qui veut écrire depuis bien longtemps, écrit régulièrement, beaucoup plus sérieusement depuis la découverte de Tierslivre et est bien contente de retrouver la bande des dingues du clavier...

#anthologie #16 | la cruche

D’abord elle rougit, puis se sentant rougir rougit plus encore, imagine que tous ne  voient que çà, ne pensent qu’à ça, qu’à elle et son teint de tomate confite, elle est tellement en circuit fermé, isolée au milieu des autres, la respiration coupée, elle perd alors le contrôle de sa voix qui devient plus aiguë encore que d’habitude, fend l’air d’un Continuer la lecture#anthologie #16 | la cruche

# anthologies #14 | Choqué

ah mais là, je suis choquée, tu te rends compte, un vrai diamant et tout, et la rose, et la demande à genoux ça m’a choquée tellement que j’ai dit oui alors que de base c’était plutôt non. Elle me va de ouf cette robe, j’suis choquée avec les volants et tout alors que de base, moi, les volants c’est Continuer la lecture# anthologies #14 | Choqué

# anthologies #11 | tempo de la trouille

J’ai perdu l’habitude de sortir tard le soir je déteste ça les terreurs de l’enfance me rejoignent dès que l’entre chien et loup couvre Paris comme un torchon sale je m’échappe avant Cette fois c’est raté il  faut traverser toute la ville dans le métro des heures sombres J’attends ma correspondance sous ses voutes de faïence crasseuses quai désert lumière crue Continuer la lecture# anthologies #11 | tempo de la trouille

#anthologie #09bis | Van Gogh

Il voulait un chat. Tu comprends ça me ferait de la compagnie. J’ai cherché un chat, les chats d’élevage sont bien chers. Ça ne se justifie pas, il y en a trop de toutes façons, il parait qu’ils font disparaitre les oiseaux, j’en ai choisi un dans un refuge, un chat banal, tigré à ventre blanc, une tête assez mignonne Continuer la lecture#anthologie #09bis | Van Gogh

#anthologie #10 | curriculum

Il a quatre-vingt-dix ans, il est aveugle, couché sur son lit d’hôpital, il sort du coma, arrache sa perfusion, il veut embrasser sa fille qui recule devant ce mourant en couche-culotte, il dit c’est l’heure de vérité. Demain, il sera de nouveau dans le coma. Dans deux semaines il sera mort. Il a deux ou trois ans, il porte une Continuer la lecture#anthologie #10 | curriculum

#anthologie #09 | l’invitation

j’ai repassé la nappe et les serviettes en damas, puis j’ai mis les poivrons au four, j’ai émincé les oignons très fins (les gens le font toujours trop grossièrement) et les ai mis à cuire, et j’ai fait griller les aubergines et les courgettes dans la poêle. J’ai haché les capres avec l’ail et la menthe, j’ai abaissé à la Continuer la lecture#anthologie #09 | l’invitation

#anthologie #08 | porte fatale

Ouvre cette porte me dit mon père. Mais je ne veux pas, je ne veux pas. Ne fais pas l’idiote, ouvre donc cette porte, tu n’es plus une enfant… La porte a grincé férocement avant de daigner s’ouvrir sur un cagibi tout noir. Assise sur un tabouret, ma mère tient une bougie éteinte à la main, elle écarquille les yeux Continuer la lecture#anthologie #08 | porte fatale

#anthologie #07 | de l’air, du silence et des lettres

Puisque je suis malade, puisqu’il l’est aussi, puisque nous le sommes tous les deux et que je lui ai laissé ma chambre pour garder intact l’espace de mon fourbi d’écriture et autre dans le salon. Puisqu’il va et vient sans cesse, pour aller fumer des cigarettes ou revenir poser pour la unième fois la question dont je ne connais pas Continuer la lecture#anthologie #07 | de l’air, du silence et des lettres

#anthologie #06 | à deux

Pour faire toutes nos courses, nous n’avons qu’une rue à remonter, tous les commerçants sont là, nous les connaissons et depuis le temps tous nous connaissent. On achète toujours les mêmes produits depuis 20 ans, le boucher, la maison de la presse, Marguerite la crémière qui nous fait un peu la gueule depuis que le toubib nous a interdit le Continuer la lecture#anthologie #06 | à deux

#anthologie #prologue | On m’a…

Dans le rouge, on m’a poussé. Dans une lumière aveuglante on m’a tiré. Dans un froid glacial, on m’a pesé. Dans un bruit assourdissant, on m’a pesé, étrillé, nourri. Dans la chaleur des bras, on m’a pincé le nez et nourri. Dans un lit douillet on m’a bercé. Dans des notes aigüs, on m’a parlé. Dans les cris, on m’a Continuer la lecture#anthologie #prologue | On m’a…