A propos de Fabienne Savarit

J'ai toujours eu envie d'écrire des histoires. Le temps me manque, alors j'écris par petits souffles, en atelier, dans des carnets, sur un coin de table. Mon premier roman a été publié en juillet 2020, j'en suis encore ébahie. Mes mots sont voyageurs et se perdent au creux des courants marins. https://www.facebook.com/Fabienne-Savarit-Autrice-105753008006663

#40 jours-05-Rebréchien

D’abord, ce qui tourne, c’est le tour de l’église. J’ai toujours fait le tour de l’église en arrivant. Les alcôves entre les piliers, le vertige de regarder son clocher. La boucherie à droite, de l’autre côté le boulanger et puis un café et la place devant la maison. Circulaire, couverte de graviers gris. Une maison habitée à l’année, toujours fleurie. Continuer la lecture#40 jours-05-Rebréchien

#40jours #04 | sols 15h06

Guidage podotactile éveil noir anthracite jaune fluo violet voie F arrondis cercles blancs sur noir identifications doubles ou simples plots bombés régulièrement disposés parallèles décalées détection au toucher ombre et lumière cannelures nervures relief positif millimétré limité pictogramme canne homme flèche escaliers descendus ascenseur en montée en descente sol de clair béton fine fissure impacts taille d’un calot pieds guidés Continuer la lecture#40jours #04 | sols 15h06

#40 jours # 03 | Je poursuis un chemin

C’est une rue ombragée par une enfilade de peupliers, le feuillage retombe nonchalamment, caresse l’air sans vent, sans un passant, sans un véhicule, une invitation au silence. De chaque côté, un trottoir éloigné de la circulation par une bande de terre et plus loin, en retrait, des habitations. La tranquillité habite le lieu. Un panneau de signalisation indique de ne Continuer la lecture#40 jours # 03 | Je poursuis un chemin

#40jours #02 | survol

L’océan rejette les algues sur la jetée, une bouée perdue dans une tempête en folie et les débris des toitures arrachées, rue Saint-Yon les premiers clients poussent la porte du café étroit, au premier l’habitation, au dernier étage la terrasse, un garçonnet en culotte courte et chaussette blanche pose devant la devanture, sur la place de Verdun les passants se Continuer la lecture#40jours #02 | survol

#40jours #01 | elle prendra le bus

Elle est debout devant la fenêtre de cuisine, la paume posée sur la poignée ovale. Sa robe parme éclaire son visage. Elle a les yeux bleus, les lèvres fines et mille taches de vieillesse sur le dos de la main. Sur le rebord extérieur les géraniums tremblent à la rosée du matin. Dans les parterres de fleurs, les dahlias enroulent Continuer la lecture#40jours #01 | elle prendra le bus

#40jours #prologue | goulée maritime

On n’y prête pas attention, il fait partie de la rue, scellé à son bitume, dôme de pierre grise à l’ouverture fermée par des barreaux de fer comme un blockhaus miniature, une cellule échappée de sa prison : au regard du chat qui dort se regroupaient les canalisations en terre cuite qui alimentaient les fontaines à partir des sources de Lafond, Continuer la lecture#40jours #prologue | goulée maritime

dialogue #05 | Aube

Camille jaillit dans le couloir. De la verrière du jardin, un oiseau qui chantait, s’échappe, affolé, par un carreau brisé. Elle s’immobilise. Au dehors, le jardin baigne dans la lumière pâle du jour naissant. Sur une chaise accotée au rosier blanc elle croit distinguer une silhouette Son sourire s’estompe pour faire place à une ombre à peine visible. La nuit Continuer la lecturedialogue #05 | Aube

dialogues #04 | au fil du temps

Vous me raconterez les jours et les nuits de ce jardin. Vous décrirez les boutons de rose, respirerez le jasmin, devinerez les hortensias derrière le timbre de pierre. Vous me parlerez. Vous craindrez d’oublier un détail.Racontez-moi tout ce dont vous vous souvenez.Vous bercerez la nuit de votre voix grêle comme un souffle de vent frôlerait les feuillages. Vous penserez que Continuer la lecturedialogues #04 | au fil du temps

dialogue #03 | en allant chercher les oeufs

Madeleine la dévisage. Son regard insiste sur la forme enfantine de son nez, la couleur de ses yeux, balaie sa silhouette du front jusqu’à ses pieds emprisonnés dans ses baskets puis relève la tête.— Comment tu t’appelles ?— Camille.— Camille comment ?Augustine s’étonne de ne pas lui avoir demandé. Peut-être l’avait-elle fait, elle ne s’en souvenait pas. Sans attendre sa réponse Madeleine Continuer la lecturedialogue #03 | en allant chercher les oeufs

dialogue #02 | un jour de juin

Les troupes sont entrées dans la ville fin juin. Un bourdonnement sourd les avait précédées. (Je suis allée les voir. Non, je n’ai pas pu m’en empêcher, je ne voulais pas me cacher derrière les persiennes. Je me suis dressée sur la pointe des pieds.) Les chars, les motos, les camions sont arrivés par l’avenue. Les soldats étaient vêtus de Continuer la lecturedialogue #02 | un jour de juin