A propos de Fabienne Savarit

J'ai toujours eu envie d'écrire des histoires. Le temps me manque, alors j'écris par petits souffles, en atelier, dans des carnets, sur un coin de table. Mon premier roman a été publié en juillet 2020, j'en suis encore ébahie. Mes mots sont voyageurs et se perdent au creux des courants marins. https://www.facebook.com/Fabienne-Savarit-Autrice-105753008006663

#40jours #01 | elle prendra le bus

Elle est debout devant la fenêtre de cuisine, la paume posée sur la poignée ovale. Sa robe parme éclaire son visage. Elle a les yeux bleus, les lèvres fines et mille taches de vieillesse sur le dos de la main. Sur le rebord extérieur les géraniums tremblent à la rosée du matin. Dans les parterres de fleurs, les dahlias enroulent Continuer la lecture#40jours #01 | elle prendra le bus

#40jours #prologue | goulée maritime

On n’y prête pas attention, il fait partie de la rue, scellé à son bitume, dôme de pierre grise à l’ouverture fermée par des barreaux de fer comme un blockhaus miniature, une cellule échappée de sa prison : au regard du chat qui dort se regroupaient les canalisations en terre cuite qui alimentaient les fontaines à partir des sources de Lafond, Continuer la lecture#40jours #prologue | goulée maritime

dialogue #05 | Aube

Camille jaillit dans le couloir. De la verrière du jardin, un oiseau qui chantait, s’échappe, affolé, par un carreau brisé. Elle s’immobilise. Au dehors, le jardin baigne dans la lumière pâle du jour naissant. Sur une chaise accotée au rosier blanc elle croit distinguer une silhouette Son sourire s’estompe pour faire place à une ombre à peine visible. La nuit Continuer la lecturedialogue #05 | Aube

dialogues #04 | au fil du temps

Vous me raconterez les jours et les nuits de ce jardin. Vous décrirez les boutons de rose, respirerez le jasmin, devinerez les hortensias derrière le timbre de pierre. Vous me parlerez. Vous craindrez d’oublier un détail.Racontez-moi tout ce dont vous vous souvenez.Vous bercerez la nuit de votre voix grêle comme un souffle de vent frôlerait les feuillages. Vous penserez que Continuer la lecturedialogues #04 | au fil du temps

dialogue #03 | en allant chercher les oeufs

Madeleine la dévisage. Son regard insiste sur la forme enfantine de son nez, la couleur de ses yeux, balaie sa silhouette du front jusqu’à ses pieds emprisonnés dans ses baskets puis relève la tête.— Comment tu t’appelles ?— Camille.— Camille comment ?Augustine s’étonne de ne pas lui avoir demandé. Peut-être l’avait-elle fait, elle ne s’en souvenait pas. Sans attendre sa réponse Madeleine Continuer la lecturedialogue #03 | en allant chercher les oeufs

dialogue #02 | un jour de juin

Les troupes sont entrées dans la ville fin juin. Un bourdonnement sourd les avait précédées. (Je suis allée les voir. Non, je n’ai pas pu m’en empêcher, je ne voulais pas me cacher derrière les persiennes. Je me suis dressée sur la pointe des pieds.) Les chars, les motos, les camions sont arrivés par l’avenue. Les soldats étaient vêtus de Continuer la lecturedialogue #02 | un jour de juin

Dialogue #1 – de l’autre côté du ruisseau

Camille et Augustine empruntent le pont le long duquel court une glycine. Sur les berges les herbes peinent sous l’amoncellement des gouttes de rosée, sur l’eau les lentilles se laissent emporter au gré d’un courant léger. Elles avancent avec lenteur sur le chemin perdu sous les herbes folles. Leurs regards se croisent, s’interpellent en silence. Au bras de la jeune Continuer la lectureDialogue #1 – de l’autre côté du ruisseau

Hors-série #impératif | Vibrons

sourions au jour qui se lève au flamboyant soleil sourions aux échevelés endormis bâillant dans le matin clair sourions au calme destin sourions cueillons le mimosa les nouvelles jonquilles buvons le bleu du ciel ses astres étonnants les illusions possibles dansons tenons la main pas à pas aux détonations d’espoir sourions à la rage docile aux voix discordantes aimons cueillons Continuer la lectureHors-série #impératif | Vibrons

vers un écrire/film #01 | onze heure trente

Le cri des écoliers s’échappe et résonne contre de hauts murs de béton. Joies invisibles cachées derrière une architecture moderne et froide. Disparus le parc boisé, l’école ouverte à tous les regards et les toilettes extérieures d’antan. Était-ce mieux avant ? A l’intérieur des jardins, les arbres sont nus, les grenades éclatent leurs écorces, l’asphalte courbe ses formes laissant la route Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | onze heure trente

autobiographies #15 | de l’autre côté du pont

Un filet de lumière se faufile entre les planches de bois qui condamnent la fenêtre. Une vieille table et une banquette défraichie sont poussées contre le mur opposé. Sur la table, une pile de vieilles bandes dessinées. Un cochon blanc, un cheval et un kangourou vert galopent à travers l’univers. Le jardin baigne dans une lumière pâle. Quelques feuilles sont Continuer la lectureautobiographies #15 | de l’autre côté du pont