A propos de Laurent Kiefer

Chemine en Normandie. Ailleurs.

#Arts de la fiction #05 | 19h43

Je suis au seuil |de l’éveil| d’une maison pavillonnaire. L’instant d’avant je n’y étais pas. Je suis vêtu d’un pull de coton mauve pâle à col échancré, porté à même la peau, et d’un short kaki. Je n’ai pas d’âge. L’entrée est vaste, plongée dans le noir. À ma gauche un escalier ajouré mène à l’étage, où par la porte Continuer la lecture#Arts de la fiction #05 | 19h43→

#Arts de la fiction #02 | départ du récit

Sensation persistante d’éblouissement. Des plaques luminescentes, mouvantes, habillent la nuit unidimensionnelle. J’ai ouvert les yeux en grand sur l’obscurité. Corps secoué dans un soubresaut, loin, très loin de l’immobilité du lit, du calme de la chambre. Le vacarme régulier de la rame sur la voie me berce, uniquement si je n’y prête aucune attention, si je m’efforce de ne pas Continuer la lecture#Arts de la fiction #02 | départ du récit→

#Arts de la fiction #01 | notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Je m’apprête à monter les marches d’une structure   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   . Continuer la lecture#Arts de la fiction #01 | notre besoin de consolation est impossible à rassasier→

#chroniques #08 | les délices de l’anthropophagie

.2 | Qui ne dit mot consent. Qui ne dit mot valide le désir de l’autre. Qui ne dit mot a toujours tort. Qui ne dit mot en prenant le temps de trouver le bon, le juste mot, se voit finalement privé de sa future réponse. Qui ne dit mot est une toile vierge. Qui ne dit mot n’amasse pas Continuer la lecture#chroniques #08 | les délices de l’anthropophagie→

#chroniques #07 | rareté

.1 | JE DIS RAREMENT ‘OUI’ AU MONDE. .3 | IUne poussière d’or couvre jusqu’aux feuilles raides et épaisses des arbres. Terre sèche de couleur sable. J’aime marcher en tongs sur le long chemin qui mène à la plage. J’aime que cette poussière m’enveloppe le pied, le poudre, le talque, s’agglomère entre les orteils, dans le pli des phalanges. J’aime Continuer la lecture#chroniques #07 | rareté→

#chroniques #06 | écrire objet être sujet

.2 | .1 | Impétuosité d’un tumulte inattenduSurprenante résistanceUn tumulte comme une coulée de lavePlus la terre s’assèchePlus me porte et m’emporteLa rage d’écrire .4 | (…) Le petit garçon mené patiemment par sa mère. Découvre, découvre. Traverse la mini-roseraie, pose la main sur la haie de buis à peine plus haute que lui, la haie bien droite qui forme Continuer la lecture#chroniques #06 | écrire objet être sujet→

#chroniques #05 | matérialismes

.4 | Je repense à la bille de mercure de Clarice Lispector. Cette bille échappée d’un thermomètre brisé et que, enfant intensément « concentrée » dit-elle, elle s’applique à vouloir ramasser, rassembler, maintenir entre ses doigts, réunir, maîtriser en somme. Cette insistance, cette obstination enfantine à vouloir réaliser quelque chose qu’on sait impossible, hors de portée, comme de sauter très haut pour Continuer la lecture#chroniques #05 | matérialismes→

#chroniques #04 | repli, déplis

.4 | mercredi 11h30 Cette semaine, les consignes bloquent mon écriture. Mercredi est arrivé, je n’ai traité qu’un point sur les cinq, le dernier. Et encore, je l’ai détourné. (…) C’est [dans l’écriture du réel] que je veux inscrire les semaines qui restent avant la reprise du grand merdier universel. Je suis revenu sur le Monet de Toussaint, cela ouvre Continuer la lecture#chroniques #04 | repli, déplis→

#chroniques #03 | de côté

.1 | ÉCOUTE LA NUIT LIBRE QUI VIT SANS NOUS .2 | traînée d’oreille … Eh oui, c’est nous … Martine est au bord de l’attaque, là … Orange, j’en ai par-dessus la tête … Le Jet Stream s’est séparé en deux, c’est pour ça … Allez, on respire bien avec les jambes … À Vannes ?! … Tu m’étonnes ben Continuer la lecture#chroniques #03 | de côté→

#chroniques #02 | aimer le prochain ?

.0 | [Je m’en tiens à 5.400 s. Tout est écrit. Le choix importe aussi.] .1 | COMMENT RENOUER AVEC L’HUMAIN SANS QUE CELA NE COÛTE(ne coûte à mort) .2 | paysage vu du cirque (sans éléphant) (ou bien est-il caché quelque part, ces animaux goûtant fort la discrétion) Le mur du chapiteau vibre à chaque à chaque bourrasque. Le Continuer la lecture#chroniques #02 | aimer le prochain ?→