A propos de Marie-Caroline Gallot

Navigue entre lettres et philosophie, lecture et écriture.

carnets individuels | Marie-Caroline Gallot

1- Rue en sens interdit de 17 à 18h, pas vue, l’heure. Tu crois que j’ai le temps de lire l’heure sous les sens interdits intermittents ? Espèce de connasse tu connais pas le code de la route. Il se prend pour qui avec son bus, lui ! Substitut de virilité, l’engin ? L’insulte fait effraction dans la coquille protectrice de l’habitacle. Une petite Continuer la lecturecarnets individuels | Marie-Caroline Gallot

#carnets #prologue | La dernière page.

Carnets traces de soi. Le carnet du mort, jamais retrouvé. Qui héritera des carnets-à-soi après la mort, notre mort? Lègue de carnets ? Cela ne se fait pas ! Tout brûler avant que ? On ne sait jamais où ranger les carnets, trop fins, engloutis par les tranches livres mastodontes. Les spirales résistent, mais leur uniformité les perd tout autant. C’est le grain Continuer la lecture#carnets #prologue | La dernière page.

#photofictions #01 | Avec ton ciel noir tu fais pitié!

Cette obsession des ciels est ridicule, surtout que, malgré les variations de couleurs, l’angle varie peu, depuis le coin. C’est que ce jour-là elle était maussade et cherchait une empathie. Tout trouvé le couvercle bas et lourd. Et puis c’est facile de lever les yeux, il est toujours là, lui. Photographier un ciel pour dire le mal être, rien d’original dans tes effusions de sentiments ma pauvre fille ! Surtout qu’à coup sûr la photo avec ce portable reconditionné ne rendra pas les nuances perçues par l’œil, encore moins celle de l’esprit. Il faudrait peut-être rajouter un commentaire en dessous-on passe son temps à faire des commentaires, c’est épuisant. Changer de portable, oui les derniers sont plus perspicaces pour capter l’onde à transmettre, mais il y a la courroie de distribution à changer sur la bagnole, ce n’est pas d’actualité. Changer de robe serait peut-être plus efficace pour se sentir en phase avec le malaise, tu vois par exemple une bien longue, bien sombre, parce qu’avec ton ciel noir, tu fais pitié !

#40jours #40 | capitale des ombres

Partie 1 : Les ombres familières Ombre du chat (avec cris) Ombre du passant lambda (inoffensif) Ombre du tilleul (odorant en floraison) Ombre lunaire (variables selon la lune) Ombre de la pute sur le trottoir d’en face Partie 2 : Les ombres intimes Ombre de son corps se déshabillant dans l’appartement vue depuis la rue à travers le rideau de la fenêtre Continuer la lecture#40jours #40 | capitale des ombres

#40 jours #39 La GS break et les éléphants roses

À la joie du départ venait dès les premiers kilomètres se superposer l’angoisse des virages, la nausée latente, présente du premier au dernier kilomètre. Il fallait fermer les yeux et imaginer des éléphants roses. Cette image accompagnait chaque trajet, elle était la seule à pouvoir faire diversion sur l’envie de dégueuler qui s’installait à chaque fois, surtout à l’époque de Continuer la lecture#40 jours #39 La GS break et les éléphants roses

#40jours #double | la boite de Pandore du Je

Creuser dans les sillons ouverts par le je est un autre. Un gouffre de possibles qui s’offre souterrainement sous l’identité stable et visible que l’on trimbale dans le monde. On le bâillonne trop souvent, sombre bête tapie dans l’obscurité de soi. Bien sûr on peut se payer une psychanalyse pour forcer un peu la maïeutique et donner naissance avec assistance à Continuer la lecture#40jours #double | la boite de Pandore du Je

#40jours #38 | le derby

Dans son bistrot, c’était un peu la zone blanche, l’armistice temporaire, le cessez-le-feu le temps d’un canon ou deux. Bar de la gare, ancien lieu de transition. Mais ce qui comptait surtout, c’était le sous-titre : Le Derby, car il y a belle lurette que la gare ne sert plus. Avec une enseigne pareille, on pouvait s’attendre à tous les Continuer la lecture#40jours #38 | le derby

#40jours #37 | le pèlerinage a posteriori et la voix du poêle.

Un pèlerinage à posteriori. Oui parce qu’en y allant elle ne savait pas encore. La visite se vécut en première instance comme une banale visite d’appartement à louer. Elle était pressée de trouver. Deux pièces cuisine, orienté Nord-Est, pas de balcon, pas de garage.  Bien situé, certes, métro à deux pas. Elle ne l’avait pas retenu, un peu trop vieillot, trop Continuer la lecture#40jours #37 | le pèlerinage a posteriori et la voix du poêle.

#40 jours #36 Les chrysanthèmes de chez Game Vert et la tombe de Lozère.

urquoi les morts sont-ils si souvent enterrés loin de chez eux, dans ce chez eux qui n’était plus le leur, selon l’inflexible loi du caveau familial. Retour aux racines, quelle connerie.  Alors, comme lui, ils reposent à des centaines de kilomètres de ce qui fut leur endroit de vie. Peut-être que c’est pas plus mal, au fond, de reléguer ses morts Continuer la lecture#40 jours #36 Les chrysanthèmes de chez Game Vert et la tombe de Lozère.

#40jours # 35 | le mur contre la patate chaude

Trop de souffrance, j’en suis arrivée là, le produit rentre dans ton mode de vie. Si tu les fais bien les mecs, tu les revois trois ou quatre fois par semaine, ça te laisse assez pour ta galette. Je travaille bien, vingt ou trente euros toutes les quinze minutes, parfois ça va même plus vite. Les plus généreux c’est ceux Continuer la lecture#40jours # 35 | le mur contre la patate chaude