A propos de Solange Vissac

Entre campagne et ville, entre deux livres où se perdre, entre des textes qui s'écrivent et des photos qui se capturent... toujours un peu cachée... me dévoilant un peu sur mon blog jardin d'ombres.

#40 jours #02 | éclair d’œil

Ce serait comme dans un rendez-vous passe-muraille pour tenir compagnie aux souvenirs. Toujours les deux mêmes fenêtres où lever les yeux. On le sait qu’elles ne s’ouvrent pas dans leur totalité, mais peuvent juste s’entrebâiller, pour laisser un filet d’air rafraîchir et le brouhaha de la vie qui se continue dans ce dehors pénétrer un peu, ce dehors où il Continuer la lecture#40 jours #02 | éclair d’œil

#40jours #01 | encore plus loin

Allongée dans le divan avec son dessus-de-lit jaune qui longeait un des murs de la salle à manger, tenant aussi lieu de chambre à coucher pour l’enfant qui soudain se réveille, la lumière filtrant au travers des vieux volets en bois mal joints et venant éclairer le revêtement de sol aux petits traits obliques jaunes et rouges, créant une sorte Continuer la lecture#40jours #01 | encore plus loin

#40 jours #prologue | fragments d’une ville

On reste planté devant la béance qui s’est faite, là en plein centre-ville, tout près de la place principale et de la mairie, on reste là à contempler ce qui n’est plus que lambeaux de motifs végétaux d’un papier peint, blocs de béton ou de pierre déstructurés, terre et gravats de toutes sortes au sol, et la pelle mécanique qui Continuer la lecture#40 jours #prologue | fragments d’une ville

Traversées

1/ Cela tourne autour d’un cafard qui n’en finit pas de mourir.au fond d’une pièce. Une femme scrute sa mort en devenir. Et les pensées s’enroulent et se déroulent autour de cette agonie. Du fond de cet appartement, des questions existentielle se déploient. 2/ Une dizaine de personnages qui se côtoient sans vraiment se voir, enfermés dans leur propre monde Continuer la lectureTraversées

vers un écrire/film #01 | de brume et de mots

Il trône, solitaire, sur la prairie d’un vert éteint par une couche de brouillard qui joue à recouvrir le paysage, ne laissant fleurir ça et là que quelques taches de pâleur. L’immobilité est entière, et laisserait à la limite de l’angoisse quiconque ne sait pas encore pourquoi il est là. Un léger tremblement de l’écharpe de brume, juste pour signifier Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | de brume et de mots

autobiographies #14 | cartographie

Tout n’est rien. sur une place un dimanche soir d’hiver, des marrons chauds dans un cornet de papier journal, la chaleur au bout des doigts le long couloir sombre au bas de l’immeuble de trois étages, le cœur qui bat trop vite, les escaliers montés quatre à quatre sous la table, Le club des cinq entre les mains, la vie Continuer la lectureautobiographies #14 | cartographie

autobiographies #12 | dislocation

Cela participe de la dislocation d’un être, des facettes qu’il reste de lui, qu’il a bien voulu laisser appréhender, ou de ce que je souhaite garder en souvenirs. Ce qui se détache en premier c’est le presse-papier , cette boule en verre, très lourde pour mes mains d’enfant, garnie de filaments de couleurs qui s’entremêlaient comme des routes, non des Continuer la lectureautobiographies #12 | dislocation

autobiographies #10 | dentelles de vies

Elle sait s’occuper d’une ferme et des animaux. Elle sait tenir une maison et s’occuper des enfants. Elle a huit frères et sœurs. Elle aura sept enfants, quatre filles et trois garçons. Elle n’a guère le temps de regarder les nuages ou les oiseaux. Elle a les yeux fixés sur les napperons de dentelle qu’elle doit vendre pour pas grand-chose. Continuer la lectureautobiographies #10 | dentelles de vies

autobiographies #08 | revenir toujours et encore

1/ comme un collier de portes et de pièces ; avec ses meubles dépareillés d’époque et de personnalités ; agrégat de souvenirs de différents occupants depuis la nuit des temps ; la cuisine par où se fait l’entrée ; une cuisine de vieille mouture ; ses placards encastrés dans ces gros murs de granit ; jaunes ; des placards désespérément jaunes ; chacun avec un mode d’ouverture différent, Continuer la lectureautobiographies #08 | revenir toujours et encore

autobiographies #07 | l’âme d’une porte

C’est la plus ancienne qui s’ouvre dans la mémoire : la porte de l’allée de la maison de trois étages – on n’employait jamais le mot immeuble – , cette vieille maison aux pierres grises qui attire toujours mes pas. La porte était haute et lourde à pousser, une grosse poignée ronde pour actionner l’ouverture, mais dans la journée elle était Continuer la lectureautobiographies #07 | l’âme d’une porte