autobiographies #12 | Une vie empaquetée

Il n’y a plus rien. Ce qui s’est empilé pendant 50 ans n’est plus. Distribué, gardé, jeté. Une vie empaquetée. Un corps en vie déplacé. Une maison relais ou l’on amasse les presque morts dont on ne sait pas quoi faire.Je n’ai pas participé à l’expulsion. La douleur n’existe pas si on n’y est pas. Il paraît. Tenir à distance Continuer la lectureautobiographies #12 | Une vie empaquetée

autobiographies #12 | entre posés/ex posés

Un lustre en osier en forme de fleur inversée avec des ourlets marron foncé. L’ampoule est encore dessus mais le filament rompu. Le pas de vis est à baïonnette. Deux couvre-lit orange vif à la surface grumeleuse pour des lits une place. Des franges sur les longueurs. Des paires de draps, blancs, à grosses fleurs roses aux feuilles vert tendre, Continuer la lectureautobiographies #12 | entre posés/ex posés

autobiographies #12 | ay, there’s the rub

Une quinzaine de cartons dans le garage. Le reste, dans le jardin. Le lit démonté. Des planches de bois. Dans les cartons, la vie triée. Les cartons pour la cuisine. Vaisselle, bouilloire, couverts, des pots de verre vides, pour contenir demain : haricots rouge, avoine, farine, lentilles corail, lentilles vertes, sucre. Une dizaine de pots d’épices. Des cartons plutôt sur le Continuer la lectureautobiographies #12 | ay, there’s the rub

autobiographies #12 | mémoire d’une cuisine

Le buffet deux-corps il est de style art déco il est décoré de grosses fleurs et de feuillages en reliefs qui ont été repeints de couleurs vives sur un fond blanc dans la partie du haut deux portes aux motifs symétriques séparées par un étroit panneau fixe à fines rayures multicolores du côté droit les verres à eau des verres Continuer la lectureautobiographies #12 | mémoire d’une cuisine

autobiographies #12 | 360°

Accrochés à la porte de la cuisine, un almanach des postes ouvert au mois d’avril, à la case du 21, une annotation indéchiffrable et un calendrier des marées de l’année passée. Des traits de crayon à papiers indiquent la taille des enfants avec la date notée en regard, les intervalles sont espacés de quelques centimètres d’années. Sur la tablette du Continuer la lectureautobiographies #12 | 360°

autobiographies #12 | ce qui reste…

Entrée par le grand portail en chêne, deux battants, deux serrures, à droite sur le mur une rangée de boutons de sonnettes, l’immeuble s’est modernisé, le couloir sent toujours la poussière, un peu le moisi, un peu le désinfectant, odeur familière jusqu’au premier étage par un escalier tournant, vingt-quatre marches qu’il s’est efforcé toute sa vie de grimper d’un pas Continuer la lectureautobiographies #12 | ce qui reste…

autobiographies #12 | la réserve

Il régnait un chaos ordonné dans la librairie ce matin, comme si le vent s’y était infiltré et avait déplacé ce qui était rangé sur les tables. La cafetière ronronnait dans l’arrière-boutique, emplissant l’espace de son odeur chaleureuse. Des piles de livres avaient disparues, d’autres attendaient par terre. Des livres, parfois abandonnés loin de leur lieu d’origine, erraient solitaires, on Continuer la lectureautobiographies #12 | la réserve

autobiographies #12 | ton tiroir, ma boîte, notre tente

J’ouvre le tiroir sous le lit, celui où tu ranges tes vêtements de travail : 1 Jean délavé démodé; 2 pantalons “bleu de travail” dont un avec une bande jaune sur le côté; 1 Tee-shirt à l’effigie du groupe Deep Purple que tu as dû acheter dans les années 80, au stand d’un concert ou dans un festival; 7 tee-shirts Continuer la lectureautobiographies #12 | ton tiroir, ma boîte, notre tente

autobiographies #12 | elle rentrait à présent

elle rentrait à présent aurait-on dit dans la petite pièce principale de l’appartement à côté de la mer et des marchands d’oranges, des aiguiseurs de couteaux, gli arrotini, assis par terre ou debout près de leurs établis ambulants tels que son grand-père en Sicile les lui avait toujours décrits ; elle voyait le vide presque happant de l’appartement, se revoyait petite, Continuer la lectureautobiographies #12 | elle rentrait à présent

autobiographies #12 | postiches

Nichée dans un parpaing cassé. Un vieil escabeau en bois et vieux fer rouillé. Un long bambou comme on s’en servait pour improviser une canne à pêche. Dans le trou une boite. Une boite en très mauvais état, attaquée par la rouille. Sous la loupe des caractères verts foncés sur un vert plus clair, peut-être un R et un I Continuer la lectureautobiographies #12 | postiches