carnets individuels | PV

15/12 routines
Les gestes, c’est selon. Si jour ou nuit, si éveil réel ou insomnie (courte à prolongée). Enlever le mode avion, scroller. Écouter, regarder, à la lumière bleue de l’écran. Lire les mails. Penser à celui non reçu. Une semaine me semble un mois. Peut-être allumer et lire ce roman ou ce recueil en cours. Attendre pour ne pas réveiller les autres. Penser. Parfois écrire. Écouter sur youtube (cette conférence à la cité des sciences). Prendre des notes, faire des captures. Plus tard, prendre un café. Toilette de chat, vêtements. Taxi-woman du matin. Revenir, répondre aux mails. Commenter. Modérer. Écrire. Cuisiner. Lire.

14/12 la panne
Le mot manquant (toujours au mauvais moment). Sur le bout de la langue, c’est là qu’il rue, qu’il se cabre et refuse de sortir. On le sait là, tout proche, mais sauvage. Ne se laisse pas capturer, se réfugie on ne sait où derrière une synapse molle, une cellule affaiblie du cortex, à l’extrême limite de la mémoire. Là où le mot se cache exprès. Des fois je me dis que c’est pure provocation du cerveau pour m’obliger à en trouver un autre. A tort ou à raison ?

13/12 une histoire pour…
Elle enfle sa baudruche tiède. Vivante dans son étuve. Élastique et douce. Grossit à son allure des plus grandes lenteurs. Son odeur fermentaire un peu aigre et chaude. Tournée retournée sa peau de pâte molle. Je la façonne à ma main, je la pétris. Je pense à celle qui aurait pu la toucher aussi, la caresser et la rompre, qui aurait pu l’écrire. Je pense à Colette en travaillant ma pâte à pain.


12/12 du vide
Stopper les machines en plein océan sans risquer l’avanie. C’est l’oubli de la vague. La suspendre, abandonner jusqu’à son frémissement. Gagner l’immobilité et c’est dans l’espacement que l’on voit mieux le vide, dans l’immensité. Laisser son cœur en bordure, l’apnée se trouve mieux en fermant les yeux en bouchant les oreilles. Fermer les écoutilles. S’abandonner sans radar, trouver e flux blanc, ce hors tout. Ralentir la respiration jusqu’à l’arrêt presque. L’arrêt complet des machines.

11/12 les morts
Il y a cette carte d’identité que j’ai gardée. Nom prime sur celle d’épouse, prénoms tremblent sur les lignes qui font des vagues bleues, entrelacées. Et cette signature, souvent contrefaite. Il y a la photo où tu souris (c’était encore autorisé sur les papiers officiels). Regard vif qui semble vouloir dire tant de choses. De celles que tu as tues (les dirais-tu aujourd’hui ?). La pudeur ferme mieux la bouche que la mort. Et il y a la date de validité, jamais atteinte.

10/12 désarroi, colère (podcast)
On ne peut taire l’intarissable. On ne peut enduire le réel, le cacher dans nos poches, l’enfouir pour ne plus le voir. On ne peut que colmater les brèches. L’œil reste ouvert et lucide. S’interdit de se refermer. Se scléroserait transi. S’effriterait sous l’assaut des images du monde. Il faut savoir accueillir jusqu’à l’immonde même si c’est dur. Les saccades, les guerres, les vérités quotidiennes. La peau se tanne, celle de la paupière, figée dans l’effroi jusqu’à trouver la voix pour crier.

9/12 fait divers
Exclu ce lycéen surdoué qui avait réussi à percer l’espace numérique de travail de son établissement. Identifié avec l’aide de l’informaticien et de la police, nous dit-on. Puis conseil de discipline et exclusion définitive. Quelle tristesse ce talent si mal employé. L’ennui avant le vice, l’âge des défis souvent stupides ou dangereux (pour que jeunesse se passe), l’ado désœuvré, que lui est-il passé par la tête ?

8/12 je n’aurais pas dû
Je n’aurais pas dû. Je n’aurais pas dû lui dire ça. Je n’aurais pas dû m’emporter, me laisser submerger par l’agacement. J’aurais dû me contenir. J’aurais dû garder ce flegme qui sauve, ou affecter cette froide indifférence qui empêche les mots de fuser, de vriller sans maîtrise. Ce qui explose laisse toujours des traces. Cette blessure que j’ai causée, soit elle s’agrandit dans la journée, soit elle se résorbe d’elle-même mais il en restera une petite cicatrice.

7/12 ruminer
Revient en boucle. Ressasse circulaire. Creuse toujours le même sillon, sec d’être retourné sans être humecté, pierreux, s’évide et se comble dans le même geste qui racle la même veine. Où se trouve le sang, la force, le sens. Fuseau horaire inchangé, la voix s’écorche de ne pas dire plus, ailleurs, de sertir sa part de vide, son inertie. Le sas s’ouvre et se referme avec une constance de névrose, la répétition saccadée de l’autiste.

6/12 pas moi, mon double
Victime ou bourreau. Ou rien qu’une absence au miroir, qui se regarde dans le vide. Creuse et poursuit dans la faille ce que je ne dis pas, ce dont je refuse de me parler. Ce qu’au mieux je dis tout bas. Je me tends un tort dont je ne sais quoi faire. Une culpabilité comme monnaie de ma pièce qui ne rachète rien. Je fais la sourde oreille. Je ne m’écoute pas. Je me renfonce toutes les fautes au fond de la gorge pour me faire taire. Aujourd’hui, je continue de m’ignorer.

5/12 net et flou
Brouillée la ligne d’horizon plongée dans une brume épaisse. Invisibles les barres d’immeuble, les panneaux d’affichage, les phares des voitures, les passants. Flou le son d’une tronçonneuse, le brouhaha de collégiens. Ce qui perce : la saignée vive des souches d’arbres décapités, l’objet rouge dans la gueule du lévrier au passage piéton, la mine brute de ce type à bonnet qui traverse la ville un document à la main (vu ici, revu là à plus de 3 km), les nuées d’oiseaux qui volent par grappes

(oublié la consigne “sans adjectif”)

4/12 corps
tendon froissé de vieil élastique – tiraillé se travaille en longueur surtout pas en force – s’exercer à la souplesse là où le muscle cesse – ne sait comment tout ça reprend sa forme initiale – comment se reconstitue le puzzle – comment parle le squelette – onomatopées ou rugissements – osselets se jouent de l’esprit – là où nerf tendus à l’extrême – où la douleur où le plaisir quand l’un chasse l’autre – si la morsure de la peau – la laisse lâche sur la chair – chiennerie le corps


3/12 attente
Voiture garée. Enfoncée dans mon attente comme dans l’étoffe froide du duffle-coat sur l’assise usée, froide aussi. Le silence gagne l’habitacle en nuées progressives, comme le froid. Je piste mes pensées dans leur flot discontinu. A un moment, je disparais dans le rien. L’éveil du néant est la porte qui s’ouvre. Si l’une des filles sort, si les volets roulants sont baissés c’est que l’attente se termine. L’homme qui passe en surplomb de la vitre me fixe. Désapprobation du moteur mis en marche. J’ai pensé que ça la ferait venir plus vite.

2/12 dénombrer
Je les ai comptées nues. Celles que j’ai manquées, non vues derrière les volants, rangées dans des gants ou des moufles, cachées sous vêtements amples, calfeutrées du froid. Au total de ces mains croisées, j’ai compté 33 d’adultes, vivaces, actives, tenant sac, béquille ou caddie, mangeant, tapant sur caisse enregistreuse ou pulvérisant parfum, se tenant amoureusement. Manucurées et lisses, ou sales jusqu’au poignet. Nombre impair quand une sur deux loge dans une poche.
Et 92 mains de tout jeunes enfants, errantes ou bien serrées dans celle du voisin.

(pas sûre d’avoir vraiment bien compris la consigne, mais j’ai compté)

1/12 apprendre à perdre
Chercher un nom peu connu et succomber à l’orgueil de faire découvrir quelque chose à quelqu’un. D’elle, j’ai plusieurs exemplaires, l’un que je pensais offrir. Et du coup, l’offrir à un inconnu. Le déposer à l’aveugle ? J’hésite entre la salle d’attente de la gare, d’un cabinet médical. Finalement, salle des profs d’un lycée. Je ne sais pas où elle se trouve, je fouine, je furète, je finis par demander et confier le livre au bon soin d’une responsable d’établissement curieuse mais sans doute aussi méfiante. J’aurais aimé me carapater, entièrement anonyme, le cœur battant d’un coup commis avec préméditation, et le secret espoir d’une réponse, d’un partage, d’un lien tissé.

Et c’est un peu tricher que de choisir le lieu où le livre a le plus de chance d’être lu, et peut-être avec plaisir.

30/11 faire bouger les choses
Petit matin, sous l’abribus, des bandes blanches genre polystyrène restées collées à la paroi vitrée. Emprunter un stylo bille dans la rue. Tracer les mots, l’encre noire dans le sillon que la mine a creusé, façon tatouage. Ne fonctionne pas, ne s’encre pas. Emprunter un feutre à la médiathèque (un stabilo bleu). Ecrire alors quelques vers d’un poème récent. Ne pas voir si celle qui attend assise sur le banc se retourne pour lire. Ne pas savoir si la poésie changera le réel.

29/11 scène muette
Pile l’ouverture. Sourire bref, escamoté quand je tends mes enveloppes. Je dois utiliser la machine à affranchir. Elle me montre comment imprimer trois fois la même étiquette, touche +. Pour trois enveloppes identiques. C’est cher. Je croyais qu’il y avait un tarif spécial « livres », pas osé demander, me regardait d’un air revêche. J’insère ma carte bleue. Un client m’indique un dernier message sur l’écran. Quel indice de satisfaction ? L’émoticône vert content sera pour la machine seule.

28/11 service
Salut mutique de remerciement à travers le pare-brise. Se laisser passer les uns, les autres quand la rue pluvieuse est engorgée de véhicule. Comme un lundi matin à cette heure-ci, tu te dis. On se remercie mais c’est sans certitude que l’autre nous ait vu à travers ce rideau de pluie. Rien à voir avec cet autre qui a fait une queue de poisson pour se trouver freiné quelques mètres plus loin. Pour lui l’invective ne serait pas loin si elle n’était insonorisée.

27/11 recopier c’est facile
480 signes, la loi des chiffres 4, 8, 80, sur étagère fraîchement montée et fraîchement remplie de livres qui commençaient à s’entasser. Mettons 4ème étagère en partant du haut, 8ème livre en partant de la droite, page 80, 8ème ligne. Nous y voici. Couverture grise, angle de la 4ème de couverture un peu corné. Contrairement à ce passage choisi de façon aléatoire, ce n’est pas un livre érotique (ceux-là sont rangés ailleurs, invisibles).
Il remet son masque pour cacher les grimaces humides qui déforment son visage. La lumière d’une ampoule dessine des ombres mouvantes sur son corps nu. Il se branle de plus en plus vite, le regard vague, déjà suppliant. Puis il éjacule dans le cendrier, sur son pétard éteint. Je coupe la webcam et j’allume la musique. Le prélude en do dièse de Rachmaninov couvre le bruit du moteur qui gronde entre mes cuisses. Le masque m’étouffe. Sur le mur face à moi, deux fantômes me sourient en noir et blanc.

26/11 embellissements
Supprimer les éclairages publics et enseignes lumineuses quelques heures la nuit, pas tant pour les économies d’énergie mais pour qu’enfin nous puissions tous voir les constellations.
Diffuser dans la ville musique zen, bruits de la nature ou son asmr pour adoucir les mœurs. Empêcher toute tentative de crêpage de chignon ou de castagne préventivement par une substance rendue licite pour l’occasion. Interrompre toute invective ou insulte d’une friandise dans les bouches pour les clore.

25/11 florilège vestimentaire
Veste matelassée noire, jean slim, tennis dorées à lacets blancs. Parka vieux rose pour vieille dame, ses souliers noirs comme des pantoufles, à pas vifs. Pull côtelé écru d’où émerge le col montant volanté d’un chemisier vernis rouge dahlia pour attirer le regard. Vert amande les manches de pull en laine dépassant de la blouse blanche à croix verte dans le dos. Deux pantalons noirs, deux hauts beiges (blouson & polaire) se tiennent par la main, tirant aussi une valise à roulettes. Pull bariolé à col boule, sac sur l’épaule, imperméable à la main, chignon haut flou et œil très charbonneux (un raton laveur). Deux bleus de travail, un tee-shirt à manche courte orange sous une pluie drue, un cycliste noir et sweat bleu manches retroussées aux coudes, queue de cheval haute. Trench noir, pantalon noir évasé en bas, bottines vernies (noires aussi) où brillent les gouttes de pluie.

24/11 cut-up
tu me l’as déjà dit | dans l’oreille | souffle ! | c’est vert | attends | le feu | ça va m’handicaper | je le mérite | c’est la vie | ce truc qui flotte | c’est moche | il dit qu’il est heureux | il tire sur sa laisse | je veux l’embrasser et l’étrangler en même temps |

23/11 en une seconde
En une seconde, je le vois avancer vers moi. Je vois son œil pirate qui transperce la grisaille de son pansement blanc tandis que l’autre est aveuglé par le soleil mais me sourit quand même.

22/11 arrêter le monde (transmission tardive)
Le son avant l’image. Coups de klaxon répétés. Dans le rétro gauche, image figée de phares aveuglants. A peine visible, le pare-choc. Le monde comme coupé en deux dans le champ de vision. Le vide se creuse et le coeur s’accélère. Mais le regard reste dans une étrange fixité, revenu sur l’horizon clairsemé de voitures devant moi. Un blanc se prolonge d’hébétude, d’absence, avant que j’entende à nouveau le klaxon, sur ma droite cette fois-ci. Avant que je n’aie le temps de m’offusquer, que la colère ne monte. La voiture a mangé trois voies d’un coup ayant failli me heurter.

21/11 les dessous
Les dessous, chics ou non, c’est se dévoiler le moins possible (au début). La couche est épaisse mais molle, meuble. Il ne faut pas racler longtemps pour faire sortir les monstres, pour ouvrir les vannes. Il ne faut pas trop gratter et ça gicle à mots vifs, ça fuse, ça fourmille dans la matière brute. Pluie d’or ou de sang, quel minerai pour quel façonnage, quels cris de bêtes à apprivoiser, ça crève mes plafonds d’où tombe je ne sais quel fracas de souvenirs pour nourrir mes béances.

Gratter les grisailles pour trouver la lumière

20/11 Lire et écrire
Etait-ce déjà lire en CP ? En tout cas faire le lien entre lire et écrire. Jusqu’au CM2, les premières glorieuses rédactions. Là vient l’idée de raconter une histoire. Je disais avec emphase que j’écrivais un roman (jamais terminé). Une comtesse, un jardin fleuri, un orphelin adopté, sous influence de la Ségur, de contes, de chansons : il y avait ce lit creusé d’une rivière où les cheveux s’abreuvaient. Ce qui était dégoûtant et fascinant à la fois. L’ambiguïté de l’écriture.

19/11 Pendant que
Pendant que les bruits extérieurs crèvent le silence d’un petit matin assourdi, mon cerveau bouche exprès mes oreilles | Pendant que je me tais, les mots tentent une sortie (en force) | Pendant que je brouillonne, les mots m’appellent, ils s’imposent et composent sans moi. Ils prennent leur indépendance | Pendant qu’elles s’obligent, je goûte ma liberté | Pendant que la vie mijote (sans couvercle dessus), quelque chose quelque part brûle | Pendant qu’une ombre disparaît, le soleil en profite pour en faire naître une autre.

18/11 Ne pas s’attarder
Non je ne vais pas soulever les dessous des mots. Je ne vais pas détacher le pansement des anciennes blessures, des rancœurs. Non je ne vais pas retirer la couche mince et ignorer le suintement, la suée féroce, les mauvais desseins. Surtout ne pas s’attarder sur les mots qui grattent, qui iront au sang (ou à la rouille). Plutôt plâtrer d’empathie la fausse indifférence mais avec ce sursaut des lendemains. Plutôt garder lisse la peau des non-dits, ce blanc neutre qui ne dit rien. Au moins pour aujourd’hui.

17/11 Noms
Frédéric Mistral Alexis Gruss Jocelyn Quivrin Rudolf Steiner Millie Duyé Bastien Loukia Jean-Louis Trintignant Jean Moulin Andrée Michaud Dorothée Volut Giampietro Campana Gaspard Noé
(et les autres)

16/11 Visages
de loin visage collé au smartphone, coupé en deux haut fixe sans regard presque, bas mobile la bouche est une porte battante par grand vent | face lunaire teint brouillé brumeux renfrogné le regard par en-dessous et cette chevelure grise décoiffée brouillonne sale | bienveillance de l’enfance souriante et serviable (premier stage ?) l’œil vif rieur toute l’énergie réside ici je ne sais rien du reste. 

15/11 Personne d’autre que moi n’aurait remarqué que
Personne d’autre que moi n’aurait remarqué ce regard qui se décale, ce visage qui se perd dans l’ombre (même sans ombre). Personne n’aurait identifié ce fin liseré sous l’œil ni ce vide dans la pupille (qui ne dit rien sinon le vide). Personne n’aurait compris que quelque chose s’était immiscé quelque part sous la boîte crânienne qui cherchait à s’évader par la fente mince, étroite de la paupière. Quelque chose comme un désarroi, l’impression d’une fuite, d’une fonte de l’être.

14/11 Ciel
sans agitation les nuages ne montrent aucun signe d’animosité
sont d’immobiles argiles souples légères d’une clarté ambiguë
flottent en nappes déshabitées dans ce premier bain du jour
d’un gris de poussière pâli et confus comme brouillé
rien ne suinte rien ne perle ne déteint dans le silence
rien ne menace la contention du ciel en suspens

13/11 Phrase
La nuit, sa texture de latex liquide.

12/11 Il aurait fallu
A surgi dans l’angle, ombre aux contours flous, visible à peine dans la nuit noire. J’ai aperçu la silhouette d’un homme à travers la vitre, côté passager. Marchait sur le bas-côté de la nationale. N’avait pas de gilet jaune, de vêtement fluorescent, de lampe frontale. Aucune phosphorescence permettant d’être vraiment vu. Dangereux, je me suis dit. Peut-être était-il en panne, peut-être aurais-je du m’arrêter, porter secours. Mais j’ai poursuivi ma route, en direction opposée.

11/11 Si loin
La voix m’échappe. Je me rappelle les mots, la bouche qui les dit. Mais c’est comme s’il y avait un décalage entre le son et l’image. Je reconnais les modulations pourtant et la fréquence : du cœur. L’inflexion est juste mais la tonalité inexacte. La tessiture vibre dans une autre octave, inconnue et familière à la fois puisque retranscrite par mon cerveau. Je visualise les lèvres, le sourire mais la voix, elle, me fuit.

10/11 Imprévus
Laisser votre voiture peut vous sauver la vie. Il a fallu s’approcher pour comprendre. C’est en cas d’inondations et c’est étrange car le gars sur l’affiche sirote tranquillement son café. Peut-être que le message c’est de garder son calme ? Peut-être qu’il n’y a rien à faire d’autre que regarder les voitures flotter, qu’attendre que ça passe. Ne pas prendre la voiture, oui, ne rien faire, pas moyen quand on est envahi, mais évacuer, écoper, essorer.

A propos de Perle Vallens

Au cœur d’une Provence d’adoption, Perle Vallens écrit et photographie (https://perlevallens.photo). La poésie se tisse de mots et d’images, les uns nourrissant les autres. Ecrire c’est explorer l’intime et le monde, porter sa voix pour toucher. Publie récits, nouvelles et poésie en revues littéraires et ouvrages collectifs. Lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (au diable vauvert) et autrice d'un livre de photographie sur l'enfance, Que jeunesse se passe (éd J.Flament), d'un recueil de prose poétique aux éditions Tarmac, ceux qui m'aiment. Touche à tout, pratique encore le caviardage, le cut up (image et/ou son), met en voix (sur soundcloud Perle Vallens ou podcasts poétiques), crée des vidéo-poèmes et montages photo-vidéo (chaîne youtube Perle Vallens)...

30 commentaires à propos de “carnets individuels | PV”

  1. J’aime : l’ambiguïté de l’écriture ( j’ai lu d’abord l’ambiguïté de la lecture), la chevelure qui s’abreuve ( Mélisande Ophélie), les mots qui tentent une sortie en force, Rudolph Steiner qui croise Alexis Gruss, la texture de latex liquide ( nuit).. Merci Perle

  2. Squelette os douleur, vocabulaire qui parle
    et je retiens les nuées d’oiseaux, ai envie que tu te donnes un peu plus de douceur plutôt que de t’accabler (je suis sûre que tu ne mérites pas autant de dureté)
    enfin te retrouver, t’accompagner dans ton sillon de sang et de solitude…
    merci Perle

  3. Une jolie balade dominicale dans votre carnet Perle. J’ai pris plaisir particulier aux mains de “dénombrer”, au “corps” et sa photo, le “ne pas s’attarder” qui dit en langage infirmier la puissance des maux des mots.
    Merci

    • Pourrait lever Pagnol, Giono ou Zola par exemple.
      Je ne connais pas vos goûts mais pour Colette j’ai classiquement commencé il y a longtemps pas les Claudine.
      Mais entre journal et écriture journalistique il y a le Fanal bleu ou Paris de ma fenêtre, par exemple. Pour rejoindre les plaisirs de la chère, Les vrilles de la vigne. Plus intime, sa mère, Sido, et le livre éponyme.
      Désolée pour cette réponse tardive mais la période est dense (notamment peu propice à l’écriture)

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