#40jours #03 | amnésie

Il n’en reste qu’une. Toutes les autres ont été rebaptisées. Pour que tout soit bien clair (pas de ce tyran chez nous)  la ville même de Stalingrad est devenue Volvograd en 1961, Stalinogród Katowice en 56 et la Stalinallee la Karl-Marx allee… La place du même nom à Paris a été changée en, nuance et point sur le i, place de Continuer la lecture#40jours #03 | amnésie

#40jours #03 | Jacques Prévert

Ai tapé Jacques Prévert Hauts de France, plusieurs résultats – Collège d’enseignement supérieur – D94E2 – 62 Houdain – Hauts de France 2018 – Une maison grise, en pierres, quatre volets bordeaux fermés avec deux barres sur l’un d’eux pour fermer, une barre sur un autre (le deuxième est cassée), et pas de barres sur les volets du haut. Une Continuer la lecture#40jours #03 | Jacques Prévert

#40 jours #03 | Présences de Josip Broz

On ne peut pas faire le procès de toutes nos mélancolies. Voici : je pense à ce nom qui collectait les artères par centaines, ce nom magique, signifiant, important, et le corps qui le portait, avec ses uniformes blancs, ses lunettes en écaille, ses dinettes avec Sophia Loren, Liz Taylor, Richard Burton, ses parties de chasse, sa gloire de libérateur, sa Continuer la lecture#40 jours #03 | Présences de Josip Broz

#40jours #03 | trois fois Jankélévitch.

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Les fenêtre des Hôtels Ibis sont toutes les mêmes. Elles criblent de carrés réguliers, rapprochés, resserrés,  les façades blanches et muettes. Rien ne se raconte. Ou presque rien. Le camion de poubelle du bout de la rue emporte sûrement le contenu des déchets de chacune de ces chambres-cellules . Y a- t-il la même uniformité dans les sacs à détritus que sur la façade lisse qui jamais ne dira rien du lieu où vous êtes, où que vous soyez ? Pouvoir ouvrir un sac poubelle du camion pour y voir dégouliner un peu de vie ? N’est-ce pas partout pareil ? Mouchoirs en papier, tickets de caisse, capotes usées et disques à démaquiller ? Penser  à ce que l’on dirait si un autre ouvrait- par mégarde ou intentionnellement-nos sacs poubelles. Peut-être est-ce là, ce charme évoqué par le philosophe, ce parfum qui flotte autour de l’être ? Pourquoi pas une mauvaise odeur, plus unique que ces fenêtres trop bien rangées, dans une de ces rues de derrière- la pensée de derrière du janséniste clermontois eut plus de succès niveau toponymie. Le camion du bout de la rue Jankélévitch à Bourges emporte ses secrets. La façade standardisée ne dira jamais rien. Seules les fenêtres entrouvertes et les sacs poubelles crevés semblent encore capables de faire vivre cette rue dortoir. Une rue de je-ne-sais-quoi -et  de -presque-rien. 

A l’image de sa voix en mode mineure- que l’on peut encore entendre dans quelques archives radiophoniques ou télévisuelles- il y a ces lieux mineurs. Quelles sont les raisons d’aller à Emerainville- 77184 ? Double D Import- Nestlé Homecare- Liberty Auto MLV- Trois suggestions d’activités pour la rue Jankélévitch d’Emerainville. Avant même de voir, malaise de la dysharmonie toponymique. On a flanqué le philosophe dans une zone commerciale de voiture importées et d’appareillages médicaux- je ne savais pas que Nestlé fabriquait des appareillages pour Ameli-Sécurité sociale. L’image du cacao s’écroule d’un coup, au coin de la rue Jankélévitch d’Emerainville. Tellement insignifiante qu’elle ne se voit que depuis le cul de sac de la rue d’à côté, sur Google Earth. Les blocs de pierre et les détritus ne sont pas sans rappeler les fenêtres carrées et le camion poubelle de Bourges. Curieuse harmonie des rues insignifiantes aux noms de philosophes trop compliqués et incompréhensibles.

La troisième ne dispose pas d’image, ni même du titre de rue. Allée Jankélévitch- Le port- La Réunion. Pourquoi ? Lien obscure, Google ne trouve pas non plus. Flou du zoom. Données indisponibles, Imaginer. Cette allée du bout du monde conservera son presque rien indescriptible. Mais qu’elle se trouve dans un port eut, pour elle, un sens. 

#40 jours #03 | calme, douceur ou doute

Trois noms de rue en France ( Saint-Étienne, La Roche-sur-Yon, Digne-les-bains) portent le nom de Cécile Sauvage, poétesse d’un autre temps, et dont je découvre une biographie, moins édulcorée que l’officielle, avec tendresse. Jeu d’ombre et de lumière, de reflet sur des murs, et ces éclaboussures de rouge au bord de la photo. La rue semble filer loin, alors qu’elle Continuer la lecture#40 jours #03 | calme, douceur ou doute

#40jours #04 | là où et comment à Providence il marchait

Il marche vingt kilomètres par jour : c’est bien plus que le diamètre de la ville. Il marche parfois à l’écart de la ville : prenant un autobus pour n’importe où qui soit à la campagne, mais avec des repères, église, grange, hameau, et de là revenant à pied, arrivant au soir. Il marche le plus souvent la nuit : ou bien plutôt, Continuer la lecture#40jours #04 | là où et comment à Providence il marchait

#40 jours #03 | rue des poiriers

Si vous voulez absolument habiter rue des poiriers, vous aurez le choix entre les collines autrefois en vergers au-dessus de la Saône ou du Rhône (Lissieu, Limonest, Chaponost, Saint-Symphorien d’ancelles ), la région de Montpellier (Montpellier, Balaruc-les-bains, Prades-le-lez) ou les Antilles françaises au choix, Guadeloupe (Baie-Mahault, Les Abymes, Sainte-Anne) ou Martinique (Le Robert, Ducos, Schœlcher). Bien sûr sous les tropiques Continuer la lecture#40 jours #03 | rue des poiriers

#40jours #03 | Bijou Bijou

C’est un grand terrain de nulle part avec de belles poignées d’argent… Non pas de poignées d’argent ici et on n’est pas nulle part ! C’est un espace vert en longueur, tendu entre deux rues d’environ 200 mètres, bordé par des jardins partagés d’un coté et des immeubles. Ses files de pins donnent de l’ombre à qui veut passer un moment Continuer la lecture#40jours #03 | Bijou Bijou

#40 jours #01 | renaissance

De la cavité étroite sort le premier cri. Le désir d’être au monde commence toujours par un cri. Et la face de la nouvelle vivante est rouge de colère. Elle cherche le sein de sa mère qui lui offre sans tendresse, allongée dans le lit conjugal où toutes les épreuves se rassemblent trop souvent. Elle compte : c’est déjà la troisième Continuer la lecture#40 jours #01 | renaissance

#40jours #02 | damier

Lundi 22 avril 1963 à dix heures, rue V. Hirtuelle au 42, un immeuble bourgeois du début du XXème siècle sur trois niveaux, six appartements répartis de part et d’autre d’un escalier monumental qui n’apparait pas en façade. De ce côté de l’immeuble, aucune cuisine, aucune salle de bains, aucune toilette. En D3 le facteur distribue le courrier dans les Continuer la lecture#40jours #02 | damier