#40jours #01 | derniers instants

Un carré rose ou plutôt beige crème avec, si on est attentif, tout un réseau de lignes qui forme des petites parcelles toutes uniques, de forme irrégulière et quelques points noirs au centre de ces espaces. Zoom arrière. Un tissu blanc en haut dans l’angle, le réseau n’est plus visible mais les points noirs forment une ombre recouvrant la partie Continuer la lecture#40jours #01 | derniers instants

#40jours #02 | élection

C’est le dix mai mille neuf cent quatre-vingt-un  mai 1981 au soixante-dix-neuf de la rue du Dôme à Boulogne Billancourt et il est presque sept heures du soir. Adrienne Paquet s’apprête à nourrir son chat. Elle emplit une soucoupe de boulettes rougeâtres et collantes qu’elle dispose sur le rebord de la fenêtre. Elle habite avec son chat Alphonse (c‘est le Continuer la lecture#40jours #02 | élection

#40jours #02 | des chats sur le toit

Se sentir comme une verrue à en faire des insomnies dans ce quartier haussmanien désormais dévolue à la vie de bureau. Se lever à la nuit lui piquer une cigarette et se planter derrière la verrière face à des tableaux de Hopper où l’on aurait glissé des écrans 24 pouces et repeint les murs en blanc. Piles de dossiers au Continuer la lecture#40jours #02 | des chats sur le toit

#40jours #02 | Sept femmes et un homme

Il est bientôt vingt-deux-heures. Dans sa chambre d’hôtel Anna se masse les pieds en pleurant un peu. Elle essaie de comprendre ce qui s’est passé aujourd’hui mais toujours quelque chose lui échappe. C’est un de ces moments déchirants où le réel du travail perfore le gros cœur que vous aviez lentement construit en vous pour soutenir ce que vous pensiez Continuer la lecture#40jours #02 | Sept femmes et un homme

# 40 jours #01 | espace intérieur

On croit savoir où on est Olivia Scélo 120 rue de Pessac face à la rue de Strasbourg derrière la rue Saint Genès Bordeaux France Europe Monde Univers Espace chambre : porte, armoire, commode, chaise, porte, comtoise à livres, porte, radiateur, tablette en marbre, table de nuit, lit, table de nuit, piles de livres, armoire, bureau, chaise, bibliothèque, commode, porte, secrétaire, Continuer la lecture# 40 jours #01 | espace intérieur

#40jours #02 | tombent les nuits

Au long des années 80, le motif se répète, lancinant, je me revois tracer quatre lignes sur la page horizontale pour séparer les étages d’un immeuble à la façade invisible. C’est (toujours) Noël car j’aime dessiner les sapins, les cadeaux, les boules du sapin, la famille toute entière réunie. C’est (toujours) le soir. J’habite alors dans une cité à Sarcelles, Continuer la lecture#40jours #02 | tombent les nuits

#40jours #prologue | mobilier urbain

Des livres organisés en rangées, à la verticale, du bois, une porte vitrée, du familier à portée de main des livres mis à disposition de tous des livres abandonnés ? des livres inutiles ? des livres déjà lus ? des livres pas à lire ? des livres au rebut ? des livres partagés ? des livres donnés ? des livres échangés ? des livres connus ? des livres inconnus ? Continuer la lecture#40jours #prologue | mobilier urbain

#40jours #02 | instantané

A Marseille, dans certains quartiers, les immeubles construits à la fin du XIXème siècle abritent des appartements qui possèdent tous le même agencement. À quelques différences près comme la hauteur des plafonds ou la largeur de la cage d’escalier. Au 107 du boulevard Baille, dans le cinquième arrondissement, les trois appartements situés l’un en-dessus de l’autre possèdent le même plan Continuer la lecture#40jours #02 | instantané

#40jours #01 | en se dépliant

en se dépliant son fémur claque son bassin ouvert amorce une rotation externe son nombril profond à peine enveloppé de duvet tourne son pubis ordonne l’immobilité à ses cuisses larges mais le genoux dirige le pied qui rythme le carrelage blanc sous un mollet tendu car l’autre pulse avec les seins qui dansent sous les bras les mamelons regardent à Continuer la lecture#40jours #01 | en se dépliant

#40jours #02 | 1941/1999

Dans la chaleur de l’après-midi les doigts sur la table, le rythme d’une chanson perdue, les voilages lourds en l’absence de vent, la soif. Un camion fumant de noir gasoil descend la rue. Vente de pastèques à l’écorce couverte de glaise, chair rouge sang, juteuses, pas chères. Dans la chaleur de l’après-midi les doigts sur la table, le rythme d’une Continuer la lecture#40jours #02 | 1941/1999