#anthologie #02 | Salon

On entrerait par une marche au nez de bois donnant sur sol de ciment gris dans l’attente d’un parquet, donc des temps meilleurs avec deniers, beurre et vin rosé, en face une femme aux cheveux dénoués, de dos, debout devant un piano ouvert, se frotterait les mains vigoureusement pour les réchauffer, à droite immédiatement une banquette recouverte d’un mandala de Continuer la lecture#anthologie #02 | Salon

#anthologie #prologue | Dénaître

Naître ce n’était pas fait pour moi. Pas que je ne voulais pas, mais ça n’était pas prévu. Il fallait avoir un cœur plein. Faute de moyen, j’ai fini par naître. En morceaux. Je suis née cyanosée. Bleue comme dans Yoko Tsuno, bleu-oscar de la dame en rose. Je suis née en palpitant sur une table ensanglantée comme un gibier Continuer la lecture#anthologie #prologue | Dénaître

#anthologie #02 | au 7e étage

A gauche de la porte lourde à la peinture vert bouteille, un miroir vertical serait accroché au mur peint en jaune par des attaches rondes en plastique noir. Un peu plus à gauche, un radiateur à bulles blanc crème au premier plan, derrière lequel on verrait un panneau en bois puis, plus à gauche, un réfrigérateur bas blanc au rebord Continuer la lecture#anthologie #02 | au 7e étage

#anthologie #02 | devant la porte

Je me vois me voyant. Je serais dos à la porte fenêtre qui ouvre sur le petit balcon où se prennent les déjeûners d’été. Ma main quitte la poignée métallique de la porte d’accès de la cuisine. Je me détourne vers l’intérieur. Chauffe eau elm Leblanc, réfrigérateur, four électrique encastré entre les placards de bois bruns, trois plaques avec brûleurs Continuer la lecture#anthologie #02 | devant la porte

#anthologie #01 | Invisible

Descendre l’escalier en bois. Deux étages. Poser doucement le pied sur la marche par égard pour les voisins. Au rez-de-chaussée, ouvrir la porte donnant sur un jardin bétonné. Sur la gauche, une glycine crie sa colère, lançant de tout côté des lianes couvertes de feuilles elles-mêmes divisées en une quinzaine de folioles braillant tels des nouveau-nés. Au-dessus d’un festonnage de Continuer la lecture#anthologie #01 | Invisible

#anthologie #02 | l’été

21 juin 9h22, le rayon de soleil taperait pile dans l’oeil miroité du cheval de l’estampe de Leticia Tarrago. qui le renverrait sur la bouilloire dorée d’où il irait réchauffer le bout de la queue du chat de Pierre de Berroeta qui remuerait et déclencherait L’été l’été de Fontaine et Areski pendant qu’il se léverait d’une nuit doucement rêveuse. Eh Continuer la lecture#anthologie #02 | l’été

#anthologie #02 | Une chambre à moi

Un jour de juin, temps maussade, lumière  fumeuse du petit matin. Il pleut. J avale un café. J’ ai lu la proposition avant de me coucher. Je prends mon  samsung. Mode vidéo. J y vais . je film. J’ouvre la porte. Elle  gonfle la nuit. Le matin , elle gueule : –  Je craque … elle me dit. – Ouvre-toi , laisse-moi Continuer la lecture#anthologie #02 | Une chambre à moi

#nouvelles | CMT Boucle 3 Edouard Martel

Midi, les véhicules passaient, stoppaient au feu rouge. Le Cours était large, trois files de voitures, de camions, de bus, que le feu allongeait et rétrécissait à sa manière, un roulis même à l’arrêt. Les gens de la maison jaune se faisaient plus bruyants, mais ce n’était pas encore l’été, où tous vivraient fenêtres grandes ouvertes. Non, c’était le printemps Continuer la lecture#nouvelles | CMT Boucle 3 Edouard Martel

#anthologie#01 | Visite

Ouverture automatique de la porte. Entrer sans s’arrêter sans ralentir. Passer devant la table-guéridon sur laquelle sont posés du gel désinfectant pour les mains, un cahier de doléances ouvert, un stylo attaché par une petite ficelle. Décider de ne rien écrire et de ne pas se désinfecter les mains. Deux pas jusqu’au comptoir. Un comptoir comme un comptoir de bar. Continuer la lecture#anthologie#01 | Visite

#anthologie #01 | Consulat

Monter l’escalier roulant du métro, station Haliç. Allonger le pas sur le pont aérien au-dessus d’une mer émeraude sous un ciel bleu sans nuages. Tenir fort la bride de mon sac. M’interdire de m’approcher comme je m’interdirai d’approcher du bord d’une falaise de peur que le vide me happe. Être partagée entre l’envie de m’approcher de la rambarde pour prendre Continuer la lecture#anthologie #01 | Consulat