#rectoverso #PS | Le dit des maux

 […].« N’en déplaise aux théologiens, la femelle n’est pas un mâle auquel on aurait retranché quoi que ce soit. C’est même le contraire »*. Le cerveau primordial est le cerveau femelle. Le mâle en devenir doit sa destinée sexuée à la préexistence de la femelle. Décliner, comme une conjugaison au passé, présent, futur, et même imparfait, tout ce que le petit homme Continuer la lecture#rectoverso #PS | Le dit des maux

#rectoverso #PS | Fissures

Un claquement sec. Le psychiatre a refermé mon dossier. « Vous devriez sortir davantage ». Il retire ses lunettes. « Marcher. Observer. Vous reconnecter au monde. » Je hoche la tête sans conviction.Dehors, la lumière est crue. Devant la porte du Centre Médico Psychologique, quelque chose cède en moi. Bruit sec, encore. Mes jambes se mettent en mouvement d’elles-mêmes. Je marche sans savoir où. Continuer la lecture#rectoverso #PS | Fissures

# rectoverso # PS | Un salon nébuleux

Je connais les brins de nuages qui survolent les grands déserts en douce. Je connais les abris pourfendus sans possibilité aucune de rejoindre une réalité. Enfouis ces refuges sous l’épaisse et gluante couche de l’oubli. Je connais des dents modelées pour la mastication des soupirs persistants. Et je croise, de longue, les vents épars qui froissent les cheveux et moutonnent Continuer la lecture# rectoverso # PS | Un salon nébuleux

#rectoverso # ps | une deuxième chance en désespoir sans cause

Je pris la direction du poème, traversai le couloir entravée des chevilles aux poignets : Tu devras lui faire la voix, m’avait dit le geôlier. Le poème avait jeté ses vers sur la table à quelques centimètres du bord en grand désordre ; sans queue ni tête ils oscillaient comme des oxyures, ils pouvaient à tout moment basculer et s’abimer dans Continuer la lecture#rectoverso # ps | une deuxième chance en désespoir sans cause

#recto verso #15bis | avec ou sans suite

1 C’est la première fois qu’on entre. La maison respire le fermé. La dame qui a ouvert la porte a des cheveux noirs 1bis peut-on encore respirer si tout est fermé2 noir n’est pas une couleur, d’après lui 3 Ici se trouve le salon de jardin. Quatre chaises, une table pliantes, dans un placard. Le placard respire la poussière. Une Continuer la lecture#recto verso #15bis | avec ou sans suite

#rectoverso #13 | morts tues morts tués

RECTOElle stella      d’ormââââche            maaarchelettre d’or                       contre la marchela machette       oublieLa mort tueMort mortune seconde fois                 encoreToujours des mortsmorts deux foisMorts morts                 oubliéslettre d’or Continuer la lecture#rectoverso #13 | morts tues morts tués

#rectoverso # 15 | un tout

C’est une sorte de petit tout éclectique, imprévu, soulevé par les invitations au voyage Impossible de dénombrer, de chiffrer. De compter abattis, affleurements, impasses, ouvertures Le défi brûle ailleurs Rendre lisible le tout ? Ce serait comme s’ouvrir les veines pour voir comment le sang circule. Ce serait comme se vider de son sang Pourtant c’est ce qui a lieu, Continuer la lecture#rectoverso # 15 | un tout

#rectoverso #12 | dans les Archives des Indes

RECTOElle dit qu’elle travaille à Séville aux Archives des Indes, marque une pause et ajoute espiègle « occidentales », devant le regard perplexe, elle explique qu’il s’agit en fait de l’Amérique latine, puisque Christophe Colomb l’avait nommée ainsi.Elle cherche un manuscrit, ou plutôt un journal de bord, de voyage. Elle cherche, à longueur de journée, elle cherche, arrive tôt le matin, dès 8 h Continuer la lecture#rectoverso #12 | dans les Archives des Indes

#rectoverso #15 | pages / #11 | prolongation

J’aimerais savoir déterminer si le livre que j’écris est proportionné à son projet.
Je bats les pages comme des cartes.
Je n’abats aucun personnage.
Je cherche le moyen de faire abattre ses cartes à chaque personnage.
Je lis dans les pages l’avenir du texte.
Elle lit dans les nuages de vieilles légendes celtiques.
Il existe des ciels sans nuages. Continuer la lecture#rectoverso #15 | pages / #11 | prolongation

#rectoverso #14 | Un champ de ruines ?

C’est en décrivant cet homme au moment de sa mort les pieds sur terre la tête dans les étoiles, il avait été empêché, le mot empêché m’a saisie. Et puis avec Gertrude Stein, bafouiller pour écrire autrement « Un lit, un café, une chambre » et trouver ces mots, les miens, qui me surprennent « Il existe un accord sans en parler jamais ». Continuer la lecture#rectoverso #14 | Un champ de ruines ?