#rectoverso #05 | Enfants voici les bœufs qui passent *

RECTO Je suis un enfant. J’ai dix ans, peut-être, puisque je fréquente encore l’école du village. C’est l’été. Le jour filtre sous le volet de ma chambre. Le bruit des bidons qui s’entrechoquent sous l’auvent de la ferme me sort de mes rêves, je saute dans mon short. La traite est finie ! Vite, vite ! La porte de la grange-étable est Continuer la lecture#rectoverso #05 | Enfants voici les bœufs qui passent *

#Recto-verso #05 l Pas de regrets.

Recto Je suis retournée sur tous les lieux de mon enfance. J’y ai retrouvé les murs, les toits, les jardins, la brièveté de mes souvenirs. Verso Je suis retournée sur tous les lieux de mon enfance. J’y ai retrouvé les murs, les toits, les jardins, la brièveté de mes souvenirs. Mais pas une émotion, pas un chagrin nostalgique, pas de Continuer la lecture#Recto-verso #05 l Pas de regrets.

#rectoverso #04 | Le mot véritable.

La parole peut être emprise. Emprisonnée, du berceau au premier appartement. Et pourtant, n’étaient-ce pas les fées qui devaient s’y pencher ? Quels ont été ces murmures, ces chuchotements ? N’y a t-il pas eu des bras pour attraper et susurrer à l’oreille des mots doux ? Nous ne sommes que des pions sur un grand échiquier. Tu es une Continuer la lecture#rectoverso #04 | Le mot véritable.

#rectoverso #01 | Le souffle dans les tubas

La route en goudron ne permet le passage que d’une seule voiture en montant ou en descendant. Au bout il y a la mer derrière de gros rochers qui protègent l’Anse Dupuy de la violence du ressac par temps d’ouragans. Ils garent les voitures sur le parking. Le tracé se devine à peine. Etienne attendait déjà quand je suis arrivée. Continuer la lecture#rectoverso #01 | Le souffle dans les tubas

#rectoverso #05bis | La paix en marche*

14 juillet matinée radieuse d’un siècle chancelant RECTO 10 heures et vingt minutes. Un lac, des arbres, deux cygnes et leurs petits. Autour, des marathoniens transpirent. Des enfants bruyants, des amoureux enlacés dans l’herbe écrasée par le désir. Tout est calme, reposant. En paix. 10 heures et vingt cinq minutes. Affolement sur l’eau. Les canards, les oies, le héron, les Continuer la lecture#rectoverso #05bis | La paix en marche*

#rectoverso #04 | Carnets d’yeux

RECTO J’ai rouvert les yeux sur mes murs, je les revois chaque année au même moment selon la même lumière et j’attends la nuit pour revoir Vénus aux côtés de cette lune qui m’arrive en pleine face. * Lorsque je fermais le velux automatique au point limite qu’un plan de lumière oblique traversait ma chambre, mes mansardes prenaient une couleur Continuer la lecture#rectoverso #04 | Carnets d’yeux

#rectoverso #05 | rue petit

RECTOPierre n’était jamais revenu par là. Dans les années 80, il habitait à cette adresse, un immeuble —poteaux de bois, torchis, deux ou trois étages, style faubourg du 19ème siècle — qui appartenait à un milliardaire provincial qui avait eu des soucis avec Jacques Mesrine. Il y est arrivé un jour de septembre, s’est débrouillé pour être le premier visiteur, Continuer la lecture#rectoverso #05 | rue petit

#04 Recto Verso# Le silence baroque

Memoire. Positionner un temps révolu, loin derrière les lignes de l’absence.Raconter le quotidien des souvenirs oubliés. Il y a des trous par endroits.L’oubli pour tout départ ? Tu pars d’où, et où ? Raconte moi ta vie, tes rencontres littéraires, artistiques, musicales ; tes émois, tes explosions, tes sidérations, tes indignations. Parle moi du mouvement des couleurs, du bouillonnement de Continuer la lecture#04 Recto Verso# Le silence baroque

#rectoverso #04 | Mémoire vive

Une voix, votre voix, elle était restée lovée au creux de mon oreille, je ne le pensais pas et pourtant, attablée à la terrasse d’un café, j’ai entendu votre voix. Les graves, cette lente diction, ce temps arrêté, cette douceur et à la fois cette détermination. Oui, c’était votre voix. Je me suis retournée,  qui pouvait bien avoir votre voix ? Continuer la lecture#rectoverso #04 | Mémoire vive

#rectoverso #04|Mariane Alphant, maintenant

Le présent s’impose comme une injonction silencieuse. Non pas le présent des horloges, des cadrans ou des mises à jour, mais celui qui colle au corps, cette pellicule d’instant qui ne cesse de se régénérer, de nous happer. Il faudrait être là, tout de suite, parfaitement là. Être présent à soi, au monde, à la conversation, au visage de l’enfant, Continuer la lecture#rectoverso #04|Mariane Alphant, maintenant