#rectoverso #05 | «rue laurendeau»

« Rue Laurendeau » /  Josette Choquet                Ce bâtiment ils le nommaient  « rue Laurendeau », ce n’était pas la rue Laurendeau,  On allait « rue Laurendeau ». On a toujours appelé ça « rue Laurendeau ».  Tu ne décidais pas d’aller «rue Laurendeau ». On t’y mettait.  On ne savait pas, il est dans la rue Millevoye.                 Rue Laurendeau, c’est peut-être dû au nom de cet Continuer la lecture#rectoverso #05 | «rue laurendeau»

# rectoverso #06 | Décompte

Quand on est caissière, faut savoir compter. Jamais su compter et quand même caissière. La caisse c’est une petite boite en fer avec tout le fourbis, billets, monnaie et tickets d’entrée rassemblé dans une boite 15X11cm. La caisse, c’est une table de camping, ouverte par tous les bouts, on peut reluquer mes jambes, zieuter dans la boite, passer derrière ou Continuer la lecture# rectoverso #06 | Décompte

#rectoverso #05 | la rue de l’école

RECTO C’était le quartier familier, la rue de l’évidence, la rue de l’école, toujours de l’école même s’il y en avait trois, une pour chaque temps de l’existence, de l’éternité. La maternelle, les deux primaires. La rue reliait les maisons des grands-mères, dans lesquelles vivaient les grands-pères, mais c’était celles des grands-mères, elles qui accueillaient, préparaient le goûter, le déjeuner, Continuer la lecture#rectoverso #05 | la rue de l’école

#rectoverso #06 | Message reçu aujourd’hui à 8h11

You could have been moreThan a name on the doorOn the thirty-third floor in the air Joni Mitchell The Arrangement RECTO C’est l’automne. Le tramway peine dans la grande montée entre Porte de Bagnolet et Porte des Lilas. Des agglomérats des feuilles mortes encombrent les voies. Arrêt Adrienne-Bolland Trois Vigipirate arpentent le boulevard, Famas contre le ventre. Cinq, dix, quinze Continuer la lecture#rectoverso #06 | Message reçu aujourd’hui à 8h11

#rectoverso #06| un quotidien

Quand on est une mère au foyer avec cinq enfants, on pourrait dire aussi bonne à tout faire, on arrive à douter de sa propre existence. Je ne suis sûre de rien me concernant. Ma journée du lundi est comme celle du mardi. Le mercredi est pire que le mardi. Entre jeudi et vendredi je ne vois pas de différence. Continuer la lecture#rectoverso #06| un quotidien

#rectoverso #06 | les flûtistes

On ne sait jamais où ils se trouvent dans l’orchestre. Certains disent « tout au bout », cachés dans l’ombre des joueuses de basson, le corps tendu rebelle des joueuses de basson, ces chercheuses de poux dans la profondeur des chairs, leur chaos interne et la débâcle des grands rires frais, casseroles d’eau froide sur la tête quand trop de torts se Continuer la lecture#rectoverso #06 | les flûtistes

#rectoverso #05 | ce qui manque

Avant, il ne nous manquait rien, si ce n’est à la fin le temps pour que ça continue. Il y avait la rivière en miroir du ciel, les journées entières au bord de l’eau à guetter les formes sombres du monde d’en-dessous. Les vieux racontaient les légendes d’autrefois le soir, après le dîner, et on courait sur les chemins dans Continuer la lecture#rectoverso #05 | ce qui manque

#rectoverso #06 | Il faudrait tout oublier

RECTO Quand on est gardien d’immeuble on fait partie des meubles. On appartient au bâtiment, à la cour, au parking, aux caves, aux poubelles. Il parait que je suis de la famille, c’est eux qui me l’ont dit. Les gens de la résidence comme ils l’appellent. Ils ont beaucoup besoin de moi et parfois ils me rendent la pareille. Depuis Continuer la lecture#rectoverso #06 | Il faudrait tout oublier

#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

Quand on est personnage de roman, on respire l’air des autres. On n’existe que par les autres. À cause des autres.  On naît quelque part dans l’imagination d’un écrivain, entre deux pensées vagabondes, puis on grandit dans une forêt d’idées, à l’ombre des plus grandes. On est nourri par tout ce qui parcourt un esprit humain. Une impression, une sensation, Continuer la lecture#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly, le personnage & ses morts

Ce matin, je sors de chez moi et je ferme la porte avec la clef de la maison que je met dans ma poche pour ne pas la perdre. Je marche vers l’arrêt de bus sur le trottoir. Il y a le gros bac de fleur devant moi. Je le contourne et je longe le muret avec le grillage jusqu’à Continuer la lecture#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly, le personnage & ses morts