#rectoverso #06 | faire la lumière, épaissir la vie

recto | faire la lumière C’est le bus 10 qui m’emmène chez M. V. Une jeune femme est assise sur le banc de l’abri bus. Je m’assois à côté d’elle. Sur ses genoux un petit garçon, son seau et sa pelle. A leur côté sur le banc, une dame âgée dans sa robe fleurie et une autre plus jeune. Elles Continuer la lecture#rectoverso #06 | faire la lumière, épaissir la vie

#rectoverso #06 | Fleurs sauvages, cailloux, trois fois rien

Recto | C’est comme ça J’enchaîne les petits boulots via une agence d’interim mais le bouche à oreille, dans le village et ses environs, fonctionne plutôt bien. En ce moment, je bosse à la cave coopérative. C’est la période des vendanges. Des tonnes de raisins déferlent. Il faut activer les fouloirs, les pompes, les pressoirs, veiller à la répartition des Continuer la lecture#rectoverso #06 | Fleurs sauvages, cailloux, trois fois rien

#rectoverso #06 | Danseuse aux canaux

Quand on est retraité et que l’on vous demande : et vous que faites-vous dans la vie ? Vous répondez retraité, en précisant au bord de l’asphyxie : jeune retraité. C’est ce qu’il faut répondre. Est-ce qu’au chômage vous répondez chômeur ? Les questions créent de la gêne intérieure, les réponses aussi.Vous n’êtes plus ce que vous avez été, mais pourtant Continuer la lecture#rectoverso #06 | Danseuse aux canaux

#rectoverso #06 | un spectre ou un fantôme

Ce qui reste assez compliqué, mais c’est dans l’idée même de cette création – mais est-ce bien une création ? toute la question est peut-être là – assez compliqué de s’y retrouver : j’ai souvent pensé à Cary Grant alias Roger O. Thornhill inscrit sur la pochette d’allumette (produit dérivé, Roger est publiciste – « vous avez du feu ? » demande Lauren à Continuer la lecture#rectoverso #06 | un spectre ou un fantôme

#rectoverso #06 | Rien à dire

En tout premier quand je me lève, je tartine. Une demi-baguette, du beurre et de la confiture. Ensuite, je me fais un café bien serré. J’allume la radio et je mange en silence. Puis je prépare le plateau pour ma femme et doucement, je vais la réveiller avec son p’tit déj. C’est comme ça tous les jours depuis des lustres. Continuer la lecture#rectoverso #06 | Rien à dire

#rectoverso #06 | la blogueuse orpheline

Ça me fatigue de toujours devoir trouver un pieu. Là, ça va. Je suis tranquille pour quinze jours. Je vais pouvoir écrire. Mais il fait chaud dans cet appart. Check tes emails hija de la Pachamama, il faut que tu répondes aussi, faut pas trop que ça traine, après tu ne peux plus écrire. Et quand j’ai fini les emails, Continuer la lecture#rectoverso #06 | la blogueuse orpheline

#rectoverso #06 | Copie carbone

Échos de Recto / Verso Dans l’écoulement régulier de sa vie, il y avait cette sonnerie brève comme un cri. Toujours avant dix-sept heures. Rapide coup d’œil dans le judas. Un tour de clé. J’entrouvre la porte sur le couloir éteint en réajustant le talon de mon chausson avec l’index. Qu’est-ce que ça sent ? La petite se faufile derrière moi Continuer la lecture#rectoverso #06 | Copie carbone

#rectoverso #06 | quelle triste affaire

RECTO Sur le devant de la façade du 17 rue du temps qui passe, une pancarte « À vendre ». Ma montre affiche 10 heures 08. J’attends. J’attends un couple de trentenaires en retard au rendez-vous fixé la veille. Des mots me reviennent à la mémoire, envie de se fixer, stabilité de vie, télétravail, adopter un chien, vie sédentaire, sécurité, etc. Je ne rêve que d’ailleurs. Partir… Partir Continuer la lecture#rectoverso #06 | quelle triste affaire

#rectoverso #06 | Motus et bouches cousues

Je lave les morts. Les miens et ceux des autres. Je les embaume ils sont beaux. Certains m’arrivent abîmés d’autres semblent dormir. En général ils ont déjà les yeux fermés sauf si un coup fait que l’œil ne ferme plus et reste ouvert. Je n’aime pas dès lors le regard qu’il me lance. Ce n’est pas moi qui t’ai frappé Continuer la lecture#rectoverso #06 | Motus et bouches cousues