Le mur d’en face

Recouvert d’une teinte tirant vers le jaune, couleur ordinaire, communale, l’impersonnel de sa peau ne heurte aucun regard. L’œil la parcourt sans intention aucune, machinalement, s’il n’avait décidé de s’y arrêter le temps d’une observation plus précise. Le mur d’en face comme rencontre entre éloignement et séparation. Essayer de le dire, c’est accepter de se heurter au barrage qu’il impose Continuer la lectureLe mur d’en face

marge étroite entre deux murs

Ce trouble qui envahit à emprunter le sentier, ce vague sentiment d’insécurité à se retrouver corps soudain contenu dans une marge étroite définie par deux murs suffisamment élevés pour dominer le marcheur et abondamment couronnés de lianes et autres plantes envahissantes au point de procurer une impression de jungle – fouillis adhérant ou griffu retombant en de nombreux points le long Continuer la lecturemarge étroite entre deux murs

Solitude extrême (suite 4 de l’aventure)

Lundi, elle retrouva la passagère du vendredi, celle du 9 h 27 (qui passait le lundi à 9 h 25 et le samedi à 9 h 39), toujours au téléphone, avec sa maman. La passagère tatouée accepta de bon cœur d’être prise en photo et confia qu’elle travaillait à la préfecture, mais la conversation n’alla pas plus loin. Elle l’aurait crue serveuse dans un restaurant Continuer la lectureSolitude extrême (suite 4 de l’aventure)

#4 – TROIS MARQUES

Trois marques. Trois marques au plafond qu’on n’aperçoit qu’allongé sur le lit grinçant. Trois marques sur le plafond parcouru de fissures (la plus longue serpente et se divise en delta de quatre bras). Trois marques au plafond qui s’écaille, trois marques rouges. La première est une parenthèse fermante – la marque qu’un pouce a dessiné d’un trait ferme, sans repentir. Continuer la lecture#4 – TROIS MARQUES

oreiller- été2019#03/ cinq fois sur le métier

1 Moche, mou, informe pour accueillir la forme. Creux de l’oreille, nid de l’oreille, travailleur de l’oreille, comme l’horloger. Heures qui défilent sans qu’on y prête l’oreille. Pour pleurer, pour aimer, pour baiser et baisser les armes. Nid de l’oreille, refuge ultime dans un passage inaudible. Bruits étouffés, tout sauf un coquillage de mer-plongée dans l’infini. Ici, plongée dans le Continuer la lectureoreiller- été2019#03/ cinq fois sur le métier

Rêveries de Granito

Le sol lisse de la petite pièce était fait de pierres concassées, agglutinées en une sorte de mosaïque de granit, de marbre et même d’éclats métalliques, dont les motifs ocres, noirs ou blancs, de tailles et formes diverses et uniques, formaient des constellations que l’esprit de l’enfant explorait, lorsque, seule les après-midi d’été alors que le soleil écrasait d’une chape Continuer la lectureRêveries de Granito

POUSSER LA LANGUE #4 (Fil Berger) AFFINITÉ Version 1

Quand il m’arrive de passer un seuil, par exemple celui de ma porte d’entrée, je me trouve désemparé dans la présence et dans l’inconfort du dehors. C’est fort rare, de sortir, et difficile, et dur, et je me cogne à l’intérieur, même si dehors est le plus souvent d’une apparence douce là où je réside. Je ne vais pas m’amuser Continuer la lecturePOUSSER LA LANGUE #4 (Fil Berger) AFFINITÉ Version 1

Stylo Waterman plume rétractable 1908 – 5

Ça, c’est la boîte, le stylo que tu veux est dedans.La boîte est posée sur le bureau, au centre.Le stylo y repose sur une feuille pliée tachée d’encre bleue.L’encre est depuis longtemps sèche sur la feuille dans la boîte, tachée et repliée avec soin pour y recevoir le styloUne poire est posée à côté du stylo, une poire de caoutchouc Continuer la lectureStylo Waterman plume rétractable 1908 – 5

5 FOIS SUR LE MÉTIER

1. Déchet. On te retrouve dans la cellule et dans l’atome. Pas un caillou pas une pierre. Nu.  Aplati. Comme des yeux  qui regardent, des yeux ovales.  Toujours au centre. Récupérable et recyclable. 2. Cailloux ou galets, de taille moyenne. La tasse de verre en est pleine et n’entend pas les lâcher à l’enfant qui la fixe, telle un bocal Continuer la lecture5 FOIS SUR LE MÉTIER