A propos de Fil Berger

Fil Berger, je, donc, compose les textes qu’il écrit avec des artefacts sonores et graphiques et ses pièces musicales avec des artefacts d’écriture et graphiques. Le tout cherche, donc, une manière d’alchimie modeste située entre ces disciplines. Il a publié des livres d’artiste avec le plasticien Joël Leick chez Æncrages et Dumerchez. Quelques revues comme Paysages écrits, Traction Brabant ont retenu des textes. Il a travaillé et composé des pièces musicales documentées sur CD. Il a partagé pendant plus de vingt ans des moments de création avec des chorégraphes, des plasticiens, des auteurs, des improvisateurs et des compositeurs. Il a animé des ateliers d’écriture et de partitions graphiques avec des personnes de toutes sortes. Fil Berger, je, donc, est un improvisateur qui compose et performe en forgeant ses propres outils, ses champs lexicaux, ses instruments, sa présence au monde en les mettant sans cesse en variation continue. Son travail est la recherche de convergences multiples entre... l’idée et la pratique du « baroque » et... la pratique et l’idée de l’insurrection « œuvrière » autonome.

#40jours #19 | manqué

Être là. Dans ce périmètre. Zoner. Place du Jourdain. Quatre bouches. Métro. Dans l’attente. Rendez-vous. Déjà. Dix minutes. Passe vite. Patience. Rester. Près. Bouche. Pas de bouche. Principale. Toutes égales. N’importe. Laquelle. Choisir. Ne pas savoir. Alterner. Peut-être. Ne pas le rater. Rester. À la périphérie. Tourner. Rester. Statique. Pas bouger. Rester. Calme. Regarder les voitures. Politesses de conducteurs. Ridicule. Continuer la lecture#40jours #19 | manqué

#40jours #18 |  I’m goin’ home.

I’m goin’ home. Tous les soirs. Antienne. Du blues. Retrouver. La maison perdue. Sortir du boulot. Parking. Souterrain. Emplacement vélos. Défaire le cadenas. Enfourcher. Rampe. Petite vitesse. Très raide. Porte basculante. Se lève. Doucement. Passer. Se baisser. La rue. Frais. Vent. De Gramont. Quelques mètres. Trottoir. La rue du Quatre-Septembre. Piste cyclable. Couloir de bus. Flux. Autos. Plus beaucoup. À Continuer la lecture#40jours #18 |  I’m goin’ home.

#40 jours #17 | elles du quartier

Elle grimpe. Petits pas. La rampe vers la cour. Collège public Françoise-Dolto. Sa robe et son voile. Gris-beige. Elle souffle. Rauque. L’homme. De service. L’attend. Pas de bonjour. Madame. Pas de bonjour. Fadila. Bougonnement. Elle répond. Bonjour. Pas bonjour Monsieur. Elle sort de sa poche. Gros trousseau. Connaît la clé. Toutes les clés. Ouvre. S’efface. Le chef. Pas de merci. Continuer la lecture#40 jours #17 | elles du quartier

#40jours #16 | écrire debout

Rester. Plusieurs mois. Écrire dans la rue. Debout. Trottoir. Appuyé. Chaque jour ouvré. Plateau. Grande fenêtre. Juste la bonne hauteur. Immeuble. Bureaux. Dix-neuvième siècle. Rue de Choiseul. Descendre fumer. Descendre. Carnet. Stylo. Écrire dix minutes. Descendre du travail. Du bureau. Du cassetin. Pause. Trois quarts d’heure. Parfois étirée. Rester. Là. Avec les fumeurs. Qui bavardent. Petite nuisance. Vagues de bruits. Continuer la lecture#40jours #16 | écrire debout

#40jours #15 | se méfier de quoi

c’est quoi ce fait se fait là s’est fait là ça a été fait et c’est là ici placé ça s’est placé ici on l’a placé mis ici c’est un fait ça fait un fait on a pu le faire on n’a pas pu y échapper à ce fait on n’y échappera pas ce fait est là on n’y échappera Continuer la lecture#40jours #15 | se méfier de quoi

#40jours #14bis | rumeur

« Je ne suis pas tranquille. Assis. Sur la partie haute. Du terrain vague. Au-dessus de Paris. L’escalier de la rue Vilin. À ma droite. À ma droite. Aussi. Le grand toboggan. À trois pentes. Successives. Assis. Par terre. Sur la terre. Battue. Du terrain vague. En pente. Accentuée. Forte. Descente. Assis. Plongé. La rumeur. Persistante. De tout Paris. Je ne Continuer la lecture#40jours #14bis | rumeur

# 40 jours # 14 / En vrac

Deux bis passage Plantin. Hauts de Belleville. Pavillon trois pièces. Jardinet. Remise. Il y a deux trousseaux de clés. Le principal. Toujours sur la porte d’entrée. Les deux identiques. Porte d’entrée. Et boîte aux lettres. Le deuxième. Sur le tableau de l’ancienne cheminée de la cuisine. Avec les clés de la remise. Un seul trousseau. Au même endroit une clé Continuer la lecture# 40 jours # 14 / En vrac

# 40 jours # 13 / Tôles terrain vague

Gonds soudés roux. Bordent. Cloques érubescentes. Crevasses forées de vermeil. Vrilles. Ondulées. Rongées de pustules carmin. Lames de sels gris rosâtre. Et rutilantes à côté. biffant le rouge passant. Dentelles mordues. Réveillant un doux incarnat. Rugueux. Pourtant. Dans les fêlures. Rouille. Ruine. Affleure. Consume. Mange. Congestionnée. Attaque des amas. Piqués d’orange. Piqués de noires formations. Rage dévore. Griffe. Nécrose. Rouillure Continuer la lecture# 40 jours # 13 / Tôles terrain vague

#40jours #12 | envierges

Flâner. L’enseigne du tabac. Rouge sang. Le Voltigeur. Petite terrasse. Café d’à-côté. Aux Balcons. Chaises. Bois. Guéridons. Trois. Bois et fonte. Olives. Vertes. Soucoupe. Restes d’apéro. Carafe. Trois verres vides. Cendrier plein. Envie de boire. Envie de fumer. Laisser l’escalier de pierre. Dans le dos. Carrefour. Envierges. Mare. Couronnes. Levert. Cascades. Cinq rues. Carrefour minuscule. Évoquer. Sources de Belleville. Serpillère. Continuer la lecture#40jours #12 | envierges

# 40 jours # 11 / Rendez-vous

Automne. Rendez-vous. Soixante-deux rue Rebéval. Six heures du soir. Sortir métro Belleville. Prendre à gauche. Non. À droite. Non. À gauche. Non. C’est ça. À droite. Ce grand bar-brasserie. Là. Il va pleuvoir. Bientôt la nuit. Ciel. Noir. D’encre. Le boulevard. Première. Non. Deuxième à gauche. Non. Pas ça. Alors troisième. Oui. Troisième. Plus de panneau. Marcher. Tête courbée. Vent. Continuer la lecture# 40 jours # 11 / Rendez-vous