le livre comme fiction | #01, le livre comme description
C’est un livre court et épais dans ma paume d’enfant de 12 ans, qui tombe comme un gros pavé mou dans la main.
Il est en forme de rectangle.
La couverture, lisse, brille lorsqu’on passe le doigt dessus. Elle n’est pas très belle. Deux bande verticales s’étirent côte à côte, l’une noire, l’autre rouge. Sur le noir à gauche est écrit en rouge Le rouge, et légèrement en dessous sur le rouge à droite est écrit en noir Le noir. En décalé et en lettres d’imprimerie. La première lettre des deux couleurs est en majuscule : Rouge / Noir. Et la première lettre de l’article aussi : Le. Entre les deux, à la lisière des deux bandes de couleur, la minuscule conjonction de coordination « et » se tient, immobile : « e » rouge dans le noir, « t » noir dans le rouge. Ca donne :
Le Rouge
e/t
Le Noir
planté à cheval sur les deux bandes de couleur brute, au milieu de la couverture. Tout en haut justifié à droite, en lettres d’imprimerie, plus petites, majuscules épaisses un peu écrasées : Stendhal. Rien d’autre. Juste : STENDHAL. En rouge dans le noir.
Tout en bas de la couverture et au centre, en lettres plus fines, plus jolies même, c’est écrit : Livre de Poche. Majuscule à Livre et majuscule à Poche.
La tranche est craquelée en son milieu sur toute la hauteur.
Le livre contient beaucoup de pages. 848 exactement. Un gros paquet de feuilles un peu sèches, dans mon souvenir crèmes, toute neuves toutes propres toutes lisses.
Le livre a une odeur de livre pour grands. Le grain de page est fin. Il n’a pas d’images à l’intérieur. Seulement des mots noirs. Sur blanc.
Son format : 11 x 3.5 x 17.8 cm.