# rectoverso #07| un bout de corde

RECTO Le fait qu’il y ait toujours une porte qui s’ouvre ou se ferme, la plupart du temps sans vraiment de délicatesse, faisait qu’il était impossible de savoir qui se trouvait réellement dans la maison. Je me tenais le plus souvent au rez-de-chaussée, en train de préparer les repas, recoudre un ourlet ou un bouton, faire la vaisselle, balayer, laver Continuer la lecture# rectoverso #07| un bout de corde

#rectoverso #06 | Vitesse

Recto C’est un garçon ! La joie d’enfin se conformer aux attentes de l’entour, on a un héritier, les héritières déjà née ne comptent plus.C’est un garçon ! Les filles vont jouer avec le nouveau né comme avec une poupée, et puis, insidieusement, ne vont plus jouer, mais s’en occuper, comme des mamans de substitution, parce que, un garçon, c’est précieux, fragile, Continuer la lecture#rectoverso #06 | Vitesse

#rectoverso #05 | Lieu mémoire – Rue Couche, Paris 14è

Recto Elle n’a jamais été propriétaire, jamais vraiment eu de maison à elle, de ces maisons qui suscitent disputes d’héritages, pleurs après la foudre, un incendie ou une inondation, évoquent enfance et amitiés, familles entières puis déchirées ou dispersées, réunions organisées où tous se retrouvent dans un jardin, sous un tilleul ou un lilas très vieux, et constatent que la Continuer la lecture#rectoverso #05 | Lieu mémoire – Rue Couche, Paris 14è

#rectoverso #06 | Quand on est éclusier

Quand on est éclusier on passe sa vie à attendre. Ça ne me gêne pas d’attendre. J’attends sur les bords de la Seine. J’aime la Seine. Enfant j’ai grandi en aval de l’écluse, je faisais partie d’un club d’aviron. Quand on est éclusier, on entretient l’écluse, c’est mon job, un bon job. J’habite la maison éclusière, elle n’est pas grande, ça Continuer la lecture#rectoverso #06 | Quand on est éclusier

#rectoverso #04 | Histoire ? Mémoire ?

Je relis ce texte écrit jadis. Ça parle de ces escaliers, c’est très personnel. Ces escaliers montés et descendus des milliers de fois, vite souvent. Et puis je retrouve la photo de l’immeuble que j’ai faite récemment, en retournant là bas. Bel immeuble. Pas du tout ce dont je me souvenais. La pierre est dorée, la brique est rose, bien Continuer la lecture#rectoverso #04 | Histoire ? Mémoire ?

#rectoverso #07 | le fait est que le verso reste à écrire

Le fait que les cousins s’en vont, le fait qu’elle les raccompagne, le fait qu’elle n’aime pas s’éloigner, le fait qu’ils habitent à l’étage, le fait qu’il est resté là-haut, le fait qu’il faut le temps de descendre, de les raccompagner, le fait qu’elle n’aime pas ça, qu’elle a toujours cette angoisse, le fait qu’elle ne le lui dit pas, Continuer la lecture#rectoverso #07 | le fait est que le verso reste à écrire

#rectoverso #07 | After all

After all, Il fait nuit noire à partir de 18h00 Le portail de Sainte Marguerite est fermé Les poubelles ne passent que le lundi Il est trop tard pour dire juste « merci » Lui tourne autour de sa solitude Lui a voulu fuir la dictature After all,lui n’est plus obligé d’applaudir Lui peut manger et dormir quand il veut Il peut Continuer la lecture#rectoverso #07 | After all

#rectoverso #07 | Le fait est que l’intime est difficile à dire

rectoLe fait qu’ils ne lui ont rien donné contre la douleur, ils l’ont laissée seule dans une pièce sans la soulager, sans lui expliquer ce qu’il se passait. On lui lançait des regards insultants. Sur un ton indifférent, une infirmière lui a demandé trois prénoms au cas où se serait une fille et trois autres au cas où se serait Continuer la lecture#rectoverso #07 | Le fait est que l’intime est difficile à dire

#rectoverso #07 | « quand on tombe amoureux on se relève attaché » B. Cyrulnik

Recto Le fait que c’était un mardi ou un jeudi je ne sais plus mais du fait que le ciel avait cette teinte précise de gris poudreux et que le trottoir était encore mouillé de la veille, que je marchais trop vite ou trop lentement, le fait que je l’ai vu, lui, du fait que j’avais rêvé de ma grand-mère Continuer la lecture#rectoverso #07 | « quand on tombe amoureux on se relève attaché » B. Cyrulnik

#rectoverso #07 | Marianne

Le fait que chaque matin, mon téléphone portable sonne pour me rappeler à mes obligations laborieuses, le fait que je ne sois pas un prolétaire m’oblige à me lever comme les autres, comme tout le monde, à heure fixe, pas une minute de plus, pas une minute de moins. Le fait d’adhérer ou pas à l’heure de Greenwich m’incite à Continuer la lecture#rectoverso #07 | Marianne