#rectoverso #05 | ce qui manque

Avant, il ne nous manquait rien, si ce n’est à la fin le temps pour que ça continue. Il y avait la rivière en miroir du ciel, les journées entières au bord de l’eau à guetter les formes sombres du monde d’en-dessous. Les vieux racontaient les légendes d’autrefois le soir, après le dîner, et on courait sur les chemins dans Continuer la lecture#rectoverso #05 | ce qui manque

#rectoverso #06 | Il faudrait tout oublier

RECTO Quand on est gardien d’immeuble on fait partie des meubles. On appartient au bâtiment, à la cour, au parking, aux caves, aux poubelles. Il parait que je suis de la famille, c’est eux qui me l’ont dit. Les gens de la résidence comme ils l’appellent. Ils ont beaucoup besoin de moi et parfois ils me rendent la pareille. Depuis Continuer la lecture#rectoverso #06 | Il faudrait tout oublier

#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

Quand on est personnage de roman, on respire l’air des autres. On n’existe que par les autres. À cause des autres.  On naît quelque part dans l’imagination d’un écrivain, entre deux pensées vagabondes, puis on grandit dans une forêt d’idées, à l’ombre des plus grandes. On est nourri par tout ce qui parcourt un esprit humain. Une impression, une sensation, Continuer la lecture#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly, le personnage & ses morts

Ce matin, je sors de chez moi et je ferme la porte avec la clef de la maison que je met dans ma poche pour ne pas la perdre. Je marche vers l’arrêt de bus sur le trottoir. Il y a le gros bac de fleur devant moi. Je le contourne et je longe le muret avec le grillage jusqu’à Continuer la lecture#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly, le personnage & ses morts

#rectoverso #06 | une journée ordinaire

On dirait en me regardant de prime abord, que je suis une personne simple, sans histoire, menant une vie terne et probablement ennuyeuse voire mortelle pour ceux qui préfèrent l’action à la contemplation. Ma vie est routinière, c’est vrai comme tout le monde. Ma vie est réglée au cordeau entre mes obligations d’épouse, de mère et d’employée. Mon mari travaille Continuer la lecture#rectoverso #06 | une journée ordinaire

#rectoverso #01 | Lieu-dit

(Recto) On y accède en suivant une ruelle étroite et étouffante. Déjà on aperçoit le palier du premier étage qui surplombe le parc du lieu qu’ils appelaient entre eux le château. Des branches s’étendant comme des bras lui fouettent le visage, griffent ses joues, écorchent ses oreilles. Les fenêtres très hautes s’ouvrent sur les arbres. Au loin, derrière le mur Continuer la lecture#rectoverso #01 | Lieu-dit

#06 rectoverso | petite pieuvre

Je traverse la place après une dernière dizaine de minutes tranquilles avant le travail, un café bu à une table dehors, j’ai adouci la boisson d’une goutte de lait, j’ai même ajouté un peu de sucre. La morte à la mise en plis me regarde et sourit, elle aime me regarder boire lentement en sachant qu’elle est là et elle Continuer la lecture#06 rectoverso | petite pieuvre

#rectoverso #04 | Marianne Alphant | Verso | Quel cadeau !

Les derniers rayons du soleil couchant filtrent à travers les rideaux de lin. L’odeur persistante du dîner flotte encore dans l’air, un mélange de rôti et d’épices du dîner. — Cette année, elle a fait fort ta mère. Elle veut toujours offrir le meilleur cadeau, dit-il en lui tendant les assiettes sales qu’elle place dans le lave-vaisselle. Debout entre la cuisine Continuer la lecture#rectoverso #04 | Marianne Alphant | Verso | Quel cadeau !

#rectoverso #04 | Marianne Alphant | recto | Pensées

Lorsque son aînée, encore toute petite, prononça un semblant de mot ressemblant à maman pour la première fois, elle se demanda si l’autre avait pu lui aussi dire ce mot ? Qui appelait-il en tendant ses petites mains dans le vide ? Quand l’avait-il dit ? Où l’avait-il dit ? À qui ? Quand sa fille fit ses premiers pas ? Elle pensa à Continuer la lecture#rectoverso #04 | Marianne Alphant | recto | Pensées

Pelharòt traînant des dépouilles et des songes / #rectoverso #06

Clamer ce qu’on cherche, avancer comme ça en clamant, jusqu’à en claquer quand on est pelharòt. Faut le faire ! Avancer en zig-zag comme ça, le trottoir d’un côté, le trottoir de l’autre côté. Tu ne t’arrêtes que lorsqu’ils ont à t’en donner, des chiffons, des tissus, des peaux de lapin. C’est qu’ils en ont, des peaux de lapin, dans ce Continuer la lecturePelharòt traînant des dépouilles et des songes / #rectoverso #06