#écopoétique #06 | Que tombent les pluies

Ô pluies de printemps et d’été, surprenez encore ce vieux front buté,abattez-vous sur cette vieille carne obstinée qui, d’un pas lourd et têtu,s’en va toujours vers l’école, le lycée, l’usine, l’église et le cimetière.Glissez sur ses épaules fatiguées, mais n’arrêtez pas sa marche.Laissez vos averses laver la poussière des chemins,emportez avec vous les rêves morts, les espoirs brisés sous vos Continuer la lecture#écopoétique #06 | Que tombent les pluies

# écopoétique # 06| va-et-vient

Entrons par les portes de la pluie dans le miroitement du feuillage, les soubresauts de la terre, dans la langue secrète entrons dans l’aquarelle d’incertitudes et la fascination de la flaque où tout recommence laissons-nous happer par le brouillard des yeux qui s’harmonise au dehors en un va-et-vient auquel on ne peut rien dans les recoins des flaques noie les Continuer la lecture# écopoétique # 06| va-et-vient

# éco-poétique #6 | retour

Un jour comme tous les autres de cette quinzaine-là, la piscine est derrière la macu, tous les matins une cinquantaine de longueurs – pas si lentement en crawl (la première fois que je nageai dans cette eau-là – piscinière – le prof de gymnastique m’avait demandé si je savais vraiment nager – huit ans – en fait non, pas dans Continuer la lecture# éco-poétique #6 | retour

les mardis #03 | L’enfant

L’enfant boit un chocolat chaud dans un bol de porcelaine bleue sur laquelle il est écrit son prénomL’enfant met ses vêtements, il se presse, attrape son cartable et sort de chez luiL’enfant marche vite dans la rueL’enfant arrive à l’école quand la sonnerie de la fin de la récréation retentitL’enfant monte les escaliers, Untel pousse l’enfant sans raisonL’enfant ne répond Continuer la lectureles mardis #03 | L’enfant

#ecopoetique #05 | Ermitage

Entre deux trous une maison rouge. Juillet 2015 elle avait des fleurs et des rideaux. Septembre 2024 à l’angle de la rue du général Leclerc et de la rue de l’Ermitage un volet pend. Croissance démographique post confinement: on abat. Trous sur trous la ville monte en parpaings. Plus de trous – comme dans un gruyère-, plus de propriétaires. Appartements Continuer la lecture#ecopoetique #05 | Ermitage

#écopoétique #03 | Moune en tablier

Œillets de poète, pivoines, dahlias, et roses. Lilas. Terrasse décatie, lézarde de murs. Un escalier de ciment floqué de mousse – je m’y asseyais, je l’observais . La pente du chemin de pierre court vers la route où vont mourir les chats. Le pommier a fleuri ; elle se redresse ciseaux en main: ciboulette et menthe, le jasmin dort encore. Le Continuer la lecture#écopoétique #03 | Moune en tablier

#mardis #03 | Argence

Le moment où elle s’éveille. Chez elle.
Le moment où elle s’éveille. Ici. 
Le moment où elle ne sait comment la porter, la journée
Le moment où l’on frappe, entre, Bonjour, pose café, biscottes. Part.
Le moment où il faut se lever, se hisser, se traîner
Le moment où il faut traverser la chambre, arriver jusqu’à la cuisine. Du studio.
Le moment où il est trop tôt pour téléphoner
Le moment où l’assaillent les idées
Le moment où entre la voisine. 
Le moment où seule avec cette folle Continuer la lecture#mardis #03 | Argence

#mardi#01 | lieux

Les lieux où j’ai dormi
Les lieux où je n’ai pas dormi, pas réussi à m’endormir
Les chambres où j’ai dormi lumière allumée ou lumière éteinte
Seule ou avec quelqu’un dans le lit
Selon le livre lu avant de m’endormir (roman du XIX ou pas, livre trouvé sur place ou amené, livre emprunté à quelqu’un ou à soi, un Maigret ou pas)
Selon que j’ai écrit ou pas avant de m’endormir (sur un carnet ou un clavier)
Là où j’ai dormi dehors (plage ou crique, ou place, ou pré, ou vigne)
Les campings (chambre sous tente ou dans caravane)
(Des brindilles d’électricité, les poils qui se hérissent, comme arrachés)
Les différentes chambres de la maison, quel livre au pied du lit
Blottie contre quel enfant
Les chambres choisies ou celles qui restent (tabouret coca cola, drapeau anglais dans un manoir du Périgord noir, parce qu’on était les plus jeunes. Tu parles!)
Les chambres remarquables (l’hôtel de la Luna à Luca, le palazzo à Vintimille, qui l’eût cru?)
Les suites parentales ou les petites chambres, il suffit qu’on y dorme à quatre
Les banquettes de voiture, les banquettes de train, les couchettes de train
Les chaises et fauteuils
Selon qui dort tandis quand je veille
Là où j’ai lutté contre le sommeil
Les lieux associés à une seule nuit ( un orage, un chantier, un livre)
Les chambres louées, les chambres prêtées
Celles d’où une nuit résiste, revient, obsédante ( lente chute silencieuse et pavés qui s’entrouvrent sans bruit) (chambre métamorphosée, sentiment d’irréalité, une fenêtre nouvelle apparue) Continuer la lecture#mardi#01 | lieux

les mardis | #02 | La porte et le strapontin

Il était presque cinq heures, le ciel était tourmenté, passant du gris foncé au rose, au bleu triste, à peine quelques nuages s’étiraient bien haut. Il s’était installé sur le strapontin juste à côté de la porte. Les vitres sales donnaient au paysage un air de tableau dont le vernis s’effritait, et les couleurs étaient passées. Une vue de la Continuer la lectureles mardis | #02 | La porte et le strapontin