les mardis | #02 | La porte et le strapontin

Il était presque cinq heures, le ciel était tourmenté, passant du gris foncé au rose, au bleu triste, à peine quelques nuages s’étiraient bien haut. Il s’était installé sur le strapontin juste à côté de la porte. Les vitres sales donnaient au paysage un air de tableau dont le vernis s’effritait, et les couleurs étaient passées. Une vue de la Continuer la lectureles mardis | #02 | La porte et le strapontin

les mardis | #01 | La voiture couchette

L’odeur du skai se mêlait à celle de la cendre des cendriers argentés ouverts, de la cendre froide. Au froid des vitres, des courants d’air et des rebords métalliques des strapontins, répondait la tiédeur du revêtement de formica des parois beiges. L’insomnie fiévreuse des nuits du départ combattait le répétitif rouleau sur les rails. Les vitres étaient ouvertes pour que Continuer la lectureles mardis | #01 | La voiture couchette

les mardis | #02 | Portes

porte St Martin/ porte coulissante/ porte battante/ porte de l’enfer/ porte accordéon/ porte de service/ porte vitrée/ porte en bois/ porte les Lilas/ porte blindée/ porte des toilettes/ porte de jardin/ porte rouge/ portière/ porte de Champeret/ porte de sortie/ portail/ porte palière/ porte de secours/ porte de bureau/ porte de Gentilly/ pas de porte/ porte de garage/ porte pivotante/ porte Continuer la lectureles mardis | #02 | Portes

#écopoétique #04 | la bombe ma voisine

Il n’y a pas de vent aujourd’hui. Il a plu toute la nuit, les éclairs ont enluminé mes réveils nocturnes et le tonnerre a fait vibrer la maison pendant que je ne dormais plus. On dirait que la nature se repose, qu’elle fait la sieste après s’être déchainée. Je me demande parfois ce que ma maison deviendrait si elle était Continuer la lecture#écopoétique #04 | la bombe ma voisine

#écopoétique #06 | Hard Rain

Tiens, la pluie, je profite de t’avoir à portée de clavier : la prochaine fois qu’un hôtel sordide brûlera, essaie d’être là à temps pour éteindre l’incendie. Elle et son fils s’en sont sortis salement amochés, sa fille est morte. La pluie, please, ready ?Fais des claquettes, la pluie ! danse sur mes souvenirs. La pluie de Madagascar, tous les Continuer la lecture#écopoétique #06 | Hard Rain

# écopoétique # 06 | variations pluies

Froides diagonales métalliques, ne barrez pas le passage, l’enfant malgré tout se risquera et traversera pieds nus sans parapluie sans paradis. Le monde habite les flaques. Laisse-là, ne la gonfle pas avec tous tes ruissellements, tes fuites en avant, tes fontes des neiges qui la débordent. Arrête-toi, laisse couler la rivière, tranquille comme elle l’est dans nos rives, dans nos Continuer la lecture# écopoétique # 06 | variations pluies

#écopoétique #05 | Maquignons et Egalité

Si on passe par là maintenant, on ne peut pas savoir. C’est au niveau de l’angle droit formé par la rue de l’Egalité — autrefois, rue du Cimetière, mais ça mettait mal à l’aise les élus alors l’Egalité, ça renvoie à Citoyenneté, il fallait y penser — et la rue des Maquignons — on peut se dire qu’il y avait Continuer la lecture#écopoétique #05 | Maquignons et Egalité

#écopoétique #04 | fissures

Revenir à pied : de la gare en bas, monter jusqu’ au plateau. Chaque fois, tu te dis que c’est la dernière. En haut, la ferme, en cours d’écroulement. Prise dans des filets, un piège. Ils font   semblant de maintenir les murs des granges en train de s’ébouler, Pareil pour le toit bâché, change donné, misère cachée. On s’occupe d’elle, ça Continuer la lecture#écopoétique #04 | fissures

#écopoétique # 3 | jardin fantôme

En longeant le fleuve pas encore traité à prix d’or pour accueillir les nageurs olympiques, on pouvait capter présences, reflets, silhouettes, comme toujours. Le grand chambardement était annoncé mais il n’atteindrait ni la cathédrale en cours de rétablissement, ni les ponts, ni les pavés des quais ni la petite histoire, ni le peuple des bords. C’est ce que je pensais Continuer la lecture#écopoétique # 3 | jardin fantôme

Vers une éco-poétique éthique # 06 | La chasse au « Ô ».. oh…oh… oh !

[…] Les pluies nomades venues de l’Est, tinteront encore au tambourin tzigane ; et les belles averses d’été, descendues de haute mer en toilettes de soirée, promèneront encore sur terre leur bas de jupe pailletées. SAINT-JOHN PERSE, Sécheresse, Vents Ici cette pluie n’a pas d’ombre ! On ne sait d’où elle vient Ce poète ancien l’encombre : exclamations béates, emphase désuète, arguties soporifiques. Continuer la lectureVers une éco-poétique éthique # 06 | La chasse au « Ô ».. oh…oh… oh !