#été2024 #34 | La route de Castelfidardo, le restaurant

Le cuisinier faisait le service.  Il portait un tablier blanc. Il nous salua d’un bonjour laconique et sobre. Il était affairé. Il me paraissait très grand, une quarantaine d’années. Il nous installa dans l’arrière salle. Nous étions seuls tous les trois. C’est la première fois que j’entrais dans un restaurant. La nappe à carreaux rouges et blancs était la seule Continuer la lecture#été2024 #34 | La route de Castelfidardo, le restaurant

#anthologie #34 | Compter les moutons dans le noir

T’as lu l’article qu’elle a placardé sur le mur des toilettes l’article qui dit il sera désormais plus simple de les compter pour s’endormir. Un groupe de chercheurs uruguayens a annoncé la naissance de moutons phosphorescents. Ces animaux transgéniques ont reçu un gène de méduse dans leur ADN, les rendant fluorescents sous une lumière ultra violette. Les verres se remplissent Continuer la lecture#anthologie #34 | Compter les moutons dans le noir

#anthologie # 34 | ça suffit

(anthologie # 16) Ce n’est plus qu’un filet rauque, une difficulté en soi, monotone, comme si les aspérités de la gorge après les heures de tension empêchaient son passage, ternissaient la voix. Ce qui sort par à-coups d’un accent monocorde, une voix qui finit par s’effondrer. Elle s’est redressée dans le lit, elle soupire souvent ce qui lui reste d’énergie, Continuer la lecture#anthologie # 34 | ça suffit

#anthologie #34 | Coupez

Et alors ? Maintenant ? Il chiffonne le papier, jette la boule dans la corbeille, la manque ; il se lève, ramasse, déplie la feuille sur la table, relit Il porte toujours une moustache ? Je leur ai dit qu’il était de dos, que je ne pouvais pas voir, qu’hier soir il l’avait encore, mais Roger m’a demandé de faire le tour par Continuer la lecture#anthologie #34 | Coupez

#anthologie #34 | Circulez il n’y a rien à voir

Il avait quitté le salon en marmonnant c’est du grand n’importe quoi elle n’avait pas entendu ou avait fait semblant comme souvent quand ils n’étaient pas d’accord que ce soit sur qu’est qu’on mange ce soir comme pour qui voter ou pourquoi on reste ensemble de toute façon c’est pas la peine de discuter on n’est d’accord sur rien. Il Continuer la lecture#anthologie #34 | Circulez il n’y a rien à voir

#anthologie #33 | monde gronde claque explose.

Instants blancs de bombes instants de nuit blanche trop de bombes jetées. Nuit de trous reliefs d’autres couleurs éclairs acier. Ciel envahi ciel comme mer feu et cendre. Averses de bruits d’étoiles foudre sèche. La voiture tangue lâche penche la terre comme mer et furie. Terre molle étouffée. De quoi j’ai peur bombes mort bruit des reproches de ma mère Continuer la lecture#anthologie #33 | monde gronde claque explose.

#anthologie #33 | nuit

Nuit pas rien nuit presque couleurs presque noir nuit violine bandes horizontales comme d’un pinceau passé sur l’horizon pas rien nuit Souffle air dense de la nuit pas rien air la nuit engloutit le néant dans la nuit passe souffle pas rien la densité du sombre comme boire du noir Nuit noir horizon pas rien violet horizon un peu brun Continuer la lecture#anthologie #33 | nuit

#anthologie #34 | en cheminant 

Leur couple marchait sur le sentier tendu entre deux routes dans la verdure desséchée d’une fin d’un anormalement fort été en Lozère elle les mains soutenant ses reins front baissé pour regarder où elle posait ses pieds ou dans son attention pour lui, lui mains croisées dans le dos et tête pensive également, nous les suivions à distance, respectueux de Continuer la lecture#anthologie #34 | en cheminant 

#anthologie #34 | Tragédie

Oh, René, ça fait un bail. Comment tu vas, mon vieux ? (grande accolade). Pas mal, et toi ? Ma foi, je ne pourrais aller mieux (rire joyeux), tu vois, plus je vieillis, mieux je me porte, c’est à n’y rien comprendre (éclat de rire sonore). Mais dis donc René, il me semble t’avoir vu boiter tout à l’heure, il t’est arrivé Continuer la lecture#anthologie #34 | Tragédie