#P4 — Rire comme une baleine et finir en queue de poisson pour devenir chèvre à force de crier au loup comme donner sa langue au chat pour lui mettre la puce à l’oreille? Faudrait pas chercher à lever un lièvre quand on a d’autres chats à fouetter

— En réalité… Et je ne peux le dire qu’à toi, j’ai plus ou moins… aimé. Plutôt moins que plus… Avoue que toi aussi… Non ?  C’est au démarrage que ça m’a semblé un peu à côté… Trop lent. Enfin… plus ou moins… (Quoique ?) En tout cas c’est incomparablement plus juste que la première fois… si tu vois ce que je veux dire.
— Carrément.
— Du coup… c’est en progression constante, on peut même dire que ça avance. Avoue que dans un tel contexte… C’est un exploit.
— Indiscutablement.
Elle a tout donné, ça c’est beau. Fallait des nerfs. Et, si tu me passes l’expression… Des couilles.
— Ah…
—T’imagines même pas…
— Tu t’y es déjà collé ?
— Plus ou moins j’avoue.
—Vraiment ?
Enfin… c’était il y a très longtemps. C’était quand même, un sacré défi pour l’époque et vu de la situation actuelle, ça ne le ferait pas…. les temps changent….
— Tu as raison : comme ça passe!… Même pas le temps de…
— … se retourner…
— C’est pas qu’on soit de Mathusalem tout de même…  mais à l’époque… on ne connaissait pas ça… (la crise) On y allait à fond et à visage découvert.
— Sans accessoires tu veux dire.
— Oui ! Tout de go… sans chichi… C’était sûrement maladroit j’avoue que ça ne faisait pas dans le détail… mais ça avait le mérite d’y aller. Et comme qui dirait… (qui déjà)… on y allait… mal peut-être… mais vite… on ne sortait pas la grande artillerie. Maintenant c’est : principes en tous genres. Assignation à… et tout ce qui s’en suit… cellule de sur cellule de… en plus ça peut nous péter à la figure à tout moment, ils le disent… tu l’as entendu aussi, Non?… il est possible que j’exagère… et… dans le fond, Dieu seul sait… Bon… sans vouloir à tout prix refaire le monde j’ajouterai qu’on va dans le mur et que c’était prévisible… au niveau de tout… comme à propos de rien… C’est vrai. Tu ne crois pas ? … Du grand n’importe quoi… Non? en plus ils ont trouvé le moyen de se tirer dans les pattes; du coup… si on réfléchit deux secondes — et aujourd’hui c’est devenu rare— ce qu’elle a mis en œuvre est incroyable… inouï même… cette intuition de ralentir… cette lenteur à l’allumage… c’est du travail de pro… elle a mis les freins… discrètement… c’est là que réside le vrai message… Quel talent!… pas besoin d’être grand clair pour comprendre. C’est une provocation qui ne paye pas de mine, une guerre des nerfs… (en sourdine)… Une guerre larvée si tu veux.

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A propos de Nathalie Holt

Rêve de peinture. Pose et dessine à la Grande Chaumière. Entre aux beaux arts avec un dossier fait la nuit. Rôde à la Sorbonne : trois ans de philosophie. 1981 premier décor de théâtre. Se prend au jeu. S'appuie sur la mémoire des studios et plateaux de l'enfance. Vue rétrospective et oblique. Enfant de la balle. Apprend son métier sur le tas. Ne peint plus que des maquettes ou des murs plus hauts qu'elle. 30 ans de théâtre. Se promène avec un appareil photo, argentique puis numérique, tout en manuel, sans technique.

12 commentaires à propos de “#P4 — Rire comme une baleine et finir en queue de poisson pour devenir chèvre à force de crier au loup comme donner sa langue au chat pour lui mettre la puce à l’oreille? Faudrait pas chercher à lever un lièvre quand on a d’autres chats à fouetter”

  1. Merci, Nathalie, vraiment, Merci pour “Vraiment !”. J’dis ça, j’dis rien. et puis l’élision du “a” dans “quand on d’autres chats à fouetter” me rappelle Perec à moins que Mallarmé, l’absente de tout bouquet. Et puis cette chanson, Z’avez pas vu Mirza ? Franchement. Chapeau. Alors là. MDR = Mort.e de rir.e.s. Où est donc passé ce chien ?
    Bon.n.e. aprè.s-midi

  2. rien que le titre mérite une récompense 😉 quel enchaînement, quel rythme ! je trouve que t’aurais pu continuer en fait sans donner aucun sujet, juste l’enchaînement des formules toutes faites sans qu’on sache jamais vraiment de quoi tu parles 😉

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