Je suis allé une seule fois à l’inauguration du Salon du livre de Paris. C’est infiniment triste, aéropages en manque de reconnaissance, vieillissants intellectuels en cheveux fraternisant avec encravatés menton lisse dévalant du mousseux tiède dans des gobelets en carton pour s’attester réciproquement de leur importance. Et ces masses de livres neufs qui invariablement, 5 jours plus tard, seront balancés aux ordures. Une fois j’ai aussi assisté à la toute fin du même Salon, le repliement (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
-
vitrine des éditions de Minuit
15 mars 2012, par François Bon -
habiter
10 mars 2012, par François BonQuand le TGV part vers Paris et commence à prendre de la vitesse, il traverse dans La-Ville-Aux-Dames une curieuse zone d’habitats en voie de sédentarisation, mêlant caravanes et mi-solide. Régulièrement, je photographie ce point exact. D’une photographie à une autre, peu qui change, pas de silhouettes. Mais je vais pouvoir au moins voir pousser le jardin.
-
promo Keith et carrefour Mick
8 mars 2012, par François BonChoc quand même. C’est Universal qui détient les « droits dérivés » des Rolling Stones, et donc cette déclinaison de la langue logo, avec probablement le droit de la louer à qui veut. Mais sir Mick est trop près des affaires courantes pour ne pas avoir à valider une décision de cette ordre, même si jamais il ne prendra le métro ou le RER. Ce n’est pas la première fois pour les Stones : lors de la 1ère tournée américaine, en 1964, pour combler le déficit, ils enregistrent une pub de 45" pour (…)
-
cinq semaines en ballon
6 mars 2012, par François BonSi c’était dans ce ballon-là que se faisait le voyage de Jules Verne, il traverserait ces étranges zones où, dans l’emprise encore de la mégalopole, elle se défait, devient une vieille ferme à l’abandon, mais les signes urbains qui guettent partout, prêts à bondir pour assurer le nouveau développement de la ville. Être là, ces ronds-points, ces bâtiments fonctionnels et discrets, surveillés, au moment même où se prépare le bond. Ce sera un chantier régulier à partir d’avril. Cet après-midi, (…)
-
2012.03.04 | solitude du chien
4 mars 2012, par François BonNon non, je n’étais pas seul à l’instant où j’ai photographié cet étrange objet, en traversant comme on pouvait (c’était samedi midi) la place du Jeu de Balle, et donc plutôt le discret et intense rendez-vous intérieur acceptant la façon lacunaire dont l’autre vous informe précisément parce qu’il s’agit d’une gestation qui certainement en partie le dépossède, et donc ne peut surgir qu’à distance de votre relation, tout en vous rapprochant par cela même. C’est clair ? Alors autre version : (…)
-
puzzle
29 février 2012, par François BonJe n’ai jamais aimé les puzzles, sauf dans La vie mode d’emploi de Perec, mais parce qu’il s’agit plus de théorie du puzzle. Et de la construction de sa difficulté graduée. Sur cette belle vieille place de Bruxelles que je me retrouve à traverser, les morceaux renversés d’un puzzle. Pour qu’on l’affronte, il faut être sûr qu’ils soient tous rassemblés : a priori, là, c’est impossible. On ne recomposerait que des fragments éclatés, des parcelles de réalité. J’ai pris la photo comme ça, en (…)
-
bricolage
27 février 2012, par François BonRien de triste comme ces accumulations d’images numériques bas de gamme que j’ai multipliées de 2005 à 2008. A la fois je suis incapable de m’y retrouver, je dois rouvrir une version d’Outlook qui ne me sert plus et chercher par date, mais on n’y voit littéralement rien. Reprise de possession des jours. Trop de choses faites à la fois, mais est-ce que j’avais le choix. Maintenant j’en fais moins. En même temps, souvenir très précis que cette fin août 2006 les copains du Centre dramatique (…)
-
2012.02.25 | innocence
25 février 2012, par François BonLa fac de Poitiers a beau être une fac toute petite, le hall est une agora vivante – on dirait qu’à la cafétéria se trament plus de choses que dans nos cours (ce n’est pas vrai – la preuve par ce texte : Innocence, à partir des équilibres narratifs d’Enfance de Nathalie Sarraute). Donc il y a toujours à voir, dans le hall, des tables, des stands, des signatures, des affiches. Là, aujourd’hui, bancs en long. On les voit toujours regroupés par deux ou trois, ou au moins posés contre le mur. Je (…)
-
si parfois on voit le ciel
20 février 2012, par François BonBizarre sensation, avec cette traduction toute ces dernières semaines vécue très densément, dans une sorte de défi à garder le rythme – Hemingway avance par un séquençage très précis, dans lequel les éléments sont chacun extrêmement compacts, tournant autour d’un vocabulaire resserré. Donc c’est comme si on vous la déchirait devant vous et la foutait au panier. Mais je suis pas de taille à tenir ce genre de combat, j’ai retiré ma mise en ligne et basta. Après tout, j’ai dans mon ordi des (…)
-
tellement c’est triste sur la fin du film
18 février 2012, par François BonAujourd’hui pas de "petit journal", mais cette magnifique photo qui apparaît sur le site frère desordre.net.