— Quelle est la langue qu’on parle au Canada, demande l’institutrice ? — English, répondent les enfants tous en choeur. Après les dinosaures, on les amène à la galerie européenne, une reproduction d’une chambre anglaise à lit à baldaquin : ceci est l’explication de la langue, mais n’est même pas un nom, à peine une carte -– si loin. Le lieu n’est qu’une figure abstraite et hors temps d’une origine de la langue, mais l’origine ici importe si peu : les visages des enfants de Toronto sont une (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
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2010.03.02 | Toronto, in english
2 mars 2010, par François Bon -
2010.03.01 | Toronto , cri de la foule-voiture
1er mars 2010, par François BonToronto : quand c’est la voiture qui bâtit les usages de la ville, par elle aussi que passe l’expression collective ? une peur.
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2010.02.27 | Karl, l’étiquette et la ficelle
27 février 2010, par François BonEncore à propos de la journée d’hier, les discussions parfois fascinantes sur les transitions entre le monde physique et le monde virtuel, l’Internet des objets ou la part symbolique qui se greffe sur la possession matérielle du livre. Dans cet espace où la technologie était si parfaitement partagée que tout semblait naturel, Kindle, iPhone, MacBook ou NetBook traînant sur les tables et le miracle que chacun ait repris les siens à la fin, à l’arrivée (d’accord, la contribution pour le repas (…)
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2010.02.23 | oiseaux
23 février 2010, par François Bonles oiseaux ne parlent pas
les uns chantent
les autres dévorent
et il se trouve que les dévorés sont toujours ceux qui chantent
l’homme n’a ni bec ni griffes
il parle écrit marche et fait la guerre
Recopié de Roland Giguère, poète typographe, exposé à la bibliothèque nationale du Québec, mais on n’a pas le droit d’y faire des photos : pourtant, pas l’envie qui manque, les postures, les écrans, les hauteurs, les livres, les circulations – tant pis, on gardera ça pour soi. Au fait, ce (…) -
championne
21 février 2010, par François BonJ’EN AI PARLÉ TOUTE LA NUIT AVEC MA SOEUR ANNIE CHAMPIONNE REPRÉSENTANTE TUPPERWARE SUZIE VILLENEUVE J’ABANDONNE MA CARRIÈRE
À l’attente aux caisses du supermarché, l’envie irrépressible, régulière mais contenue, d’acheter ces hebdomadaires avec programme télé pour savoir comment ils peuvent battre les nôtres. Méchant coup pour Tupperware en tout cas. -
2010.02.18 | grosse Rover bleu nuit sans âge
18 février 2010, par François BonGéographies transatlantiques, suite, pour une question en débat avec Jean-Bernard Vray (Saint-Etienne) et Dominique Viart (Lille), n’ayant pas le livre à Québec (pas un des miens, non, ce sera à vous de reconnaître), je m’en réfère nuitamment à Montréal via Benoît Mélançon, sachant bien sûr qu’obligatoirement ce livre de cet auteur sera à proximité de son bureau. Et voilà ce que j’en reçois, moins d’une heure après, plus scans d’accompagnement : Des taxis sans marque « une automobile (…)
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non dehors
15 février 2010, par François BonPourtant j’ai eu l’autobus, et constat que les jours rallongent : pas au point de pouvoir vraiment photographier ces suites symétriques du bord droit. Puis le Second Cup BerriUqam pile entre métro et gare, parce qu’il faut bien un café à l’arrivée et que la connexion est gratuite. La joie en plus d’échange mail imprévu avec Claude Ponti et Vincent Segal, comme s’ils s’étaient donné le mot, les frères – plus proposition boulot imprévue pour le retour, mais la route longue encore, y compris (…)
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rumine
12 février 2010, par François BonRuminer, dans Littré : « Fig. et familièrement. Penser et repenser à une chose. » Sauf que ce jour off, ce n’est même pas une chose particulièrement, plutôt l’ensemble des choses, les grinçantes, les usantes, ce qu’il y aurait à faire et qu’on n’a pas fait, des rêves accumulés ces dernières nuits aussi, avec comme éléments qui surnagent des détails qu’on n’ose même pas noter. La façon dont on s’incarne au dehors pour le travail, la parole, le faire, et qu’en revenant on dirait être aspiré en (…)
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c’est rien
10 février 2010, par François BonMême rien du tout : la semaine prochaine, l’enseignant en année sabbatique (1 année sur 6, quel luxe ça peut sembler à nous, européens) repasse par la fac et donc va reprendre son bureau pourtant vide – il n’avait laissé que ses trombones et même pas le mot de passe admin du vieux Mac en service loyal (j’ai une session "invité" pour les tirages imprimante, mais l’horloge invariablement fixe sur 1999). Depuis septembre, si, un changement : j’ai mis le bureau en diagonale, au milieu de la (…)
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2010.02.10 | Montréal porte ouverte
10 février 2010, par François BonPas quitté Kafka tous ces jours, mais bizarre le voisiner depuis si longtemps (première lecture 1967) et se retrouver tout d’un coup à marcher dans une compréhension complètement retournée, au point que ça m’a valu lundi, dans premier cours Montréal, une sorte de trou blanc comme je n’avais jamais connu, plus possible retrouver une seule piste, elles s’emmêlaient toutes et chaque fois j’étais à côté. L’étonnant c’est que ce très chouette groupe, mais en début de session et qui aurait pu (…)